‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 274 sur 873 · quoniam raptus est in paradisum · texte numérisé non relu

quoniam raptus est in paradisum

lait s'emparer de Paul et le mettre à mort. — Dimissus sum. Il faudrait « demissus sum », comme on lit dans quelques anciens documents. — L'adverbe sic manque dans le grec.

4° Troisième partie de l'éloge : faveurs spéciales que Paul avait reçues de Dieu. XII, 1-10.

Chap. XII. — 1-6. Ses visions et ses révélations. Après les avoir d'abord mentionnées en termes généraux , vers. 1 , il raconte en quelques mots une vision particulièrement remarquable, vers. 2-4; mais il se hâte de redire qu'il se complaît davantage dans ses faiblesses, versets 5-6, — Si gloriari oportet... Y oyez xi, 30». Paul est contraint de se glorifier publiquement, afin de réduire ses ennemis au silence. — Non expedit... Nouvelle réserve, car se louer soimêcne est une chose périlleuse; en le faisant, on risque de perdre tous ses mérites. — Ad visiones et... La vision surnaturelle a lieu le plus souvent en esprit, dans un état d'extase (voyez les vers. 2 et 3). En soi, elle peut être distincte de la révélation proprement dite, c.-à-d. de la manifestation par laquelle Dieu fait connaître miraculeusement certaines vérités , certains événements. Pour saint Paul, dans le cas raconté, les deux choses paraissent avoir été simultanées, de sorte que les termes «■ visiones » et « revelationes » sont à peu près synonymes en cet endroit. Comp. le vers. 7, où il n'emploie que le second. Sur les visions de l'apôtre , voyez Act. ix, 1 et ss.; XXII, 17 et ss.; I Cor. ix, 1 et xv, 18; Gai. I, 12 et H, 2, etc. — Scio hominem... Paul redouble d'humilité dans ce récit (vers. 2-4), ne parlant de lui qu'à la troisième personne , «. comme s'il s'agissait d'un étranger. » Il n'y a pas de doute, en effet, qu'il ne soit vraiment le héros de cet épisode. — Hominem in Christo : un homme étroitement uni au Christ par la foi et le baptême; par conséquent, un chrétien. — Ante annos.'.. Le date est indiquée, comme garantie de la vérité des faits. Cette épître ayant été composée en 57 ^Introd., p. 217), îa vision

remonterait donc à l'année 43. — Sive in corpore, sive... Par cette parenthèse, répétée au vers. 3, le narrateur avoue l'impuissance où il était de préciser rigoureusement certains détails de sa vision. Avait-il été ravi jusqu'au ciel en corps et en âme, ou seulement en âme, son corps demeurant Inanimé sur la terre, pendant la durée de la vision ? Il était incapable de l'affirmer avec certitude; Dieu seul le savait. La vision fut donc purement intellecturlle: les sens n'eurent aucun rôle à y jouer. — Raptum (àoTtaysvxa) rend fort bien le caractère soudain et irrésistible du phénomène. Cf. Act. vra, 39; I Thess. iv, 17; Apoc. XII, 5, etc. — Hujusmodi : tov toioOtov, « hune talem », l'homme en question. Comp. xi, 13*. — Usque ad tertium... Il n'est pas possible de déterminer au juste ce que l'apôtre entendait par cette expression. On peut dire cependant que la Bible signale trois cieux distincts : l'atmosphère (le « cœlum aereum », comme le nommaient les anciens), où se jouent les oiseaux et les nuages (« aves caeli, nubes caeli »); le ciel étoile (« caelum sidereum » ; comp. la locution a stellae caeli ») ; enfin le ciel empyrée ( (( caelum empyreum »), séjour bienheureux où Dieu se manifeste aux élus. 11 suivrait de là que saint Paul auiait été admis à contempler le Seign. ur lui-même, comme l'admettent divers auteurs anciens et contemporains. Il n'y a cependant rien de certain sur ce point. Voyez Cornely, h. l. — Et scio... (vers. 3-4). Ici encore, les meilleurs interprètes hésitent et se rangent à des opinions diverses. On a parfois supposé, bien à tort, que saint Paul raconterait dans ces versets un événement tout à fait distinct de celui du vers. 2. La date unique et l'emploi de la même formule d'introduction suf,fiscnt pour montrer qu'il s'agit d'un fait identique, sur lequel l'écrivain sacré revient pour ajouter quelqites détails. Il est plus difficile de dire si les mots in j^aradisum sont synonymes de « usque ad tertium caelum », ou s'ils repré-

II Cor. XII, 5-7.

et audivit arcana verba, quae non licet homini loqui.

5. Pro hujusmodi gloriabor ; pro me autem nihil gloriabor, nisi in infîrmitatibus meis.

6. Nam, et si voluero gloriari, non ero insipiens , veritatem enim dicam ; parco autem, ne quis me existimet supra id quod videt in me, aut aliquid audit ex me.

7. Et ne magnitudo revelationum extollat me, datus est mihi stimulus Garnis mese, angélus Satanse, qui me colaphizet.

tendit des paroles m3^stérieuses , qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer.

5. Pour un tel homme je me glorifierai ; mais pour moi, je ne me glorifierai de rien, si ce n'est de mes infirmités.

6. Si je voulais me glorifier, je ne serais pas insensé, car je dirais la vérité ; mais je m'en abstiens, de peur que quelqu'un ne m'estime au -dessus de ce qu'il voit en moi, ou de ce qu'il entend dire de moi.

7. Et de peur que la grandeur de ces révélations ne m'enorgueillît, il m'a été donné un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan, pour me souffleter.

sentent une partie du ciel encore plus élevée (Clément d'Alex., Origène, etc.). Dans cette dernière hypothèse, le vers. 4 décrirait comme un second acte et un degré supérieur de la vision ; mais le premier sentiment nous paraît plus probable. Sur le mot « paradis » , servant à désigner le ciel, voyez Luc. xxiir, 43 et le commentaire. — Arcana verba. Plus fortement dans le grec : des paroles ineffables (appy)Ta). — Quse non licet... Ces mots complètent ceux qui précèdent. Dieu s'était réservé la manifestation de ces vérités, de sorte que l'apôtre aurait cru violer le secret du ciel en les communiquant lui-même. Les conjectures de la littérature apocryphe (notamment de 1' 'Avaêaxixov HaûXo'j et de r« Apocalypsis Pauli » ; voyez saint Epiphane, Hser., xxxviii, 2; saint Augustin, in Joan. Tract., xcxviri , 8 ; 0. Bardenbew^er, Gesch. der altkirchlich. Literatur, Fribourg-en-Brisgau, 1902, t. I, p. 476 ec ss.), et même de plusieurs graves auteurs modernes (entre autres, Estius et Cornélius a Lap.), à propos de ces « paroles ineffables », ont donc eu lieu à pure perte. — Pro hujusmodi , ÛTiàp toO toioÛtou : au sujet de cet homme (vers. 5). — Pro me autem.... Après avoir parlé de lui à la troisième personne, Paul revient à la forme ordinaire du langage, maintenant qu'il va cesser de raconter ses glorieux privilèges, et il répète la pensée tout apostolique du chap. xi, vers. 30. Il préfère mettre sa gloire dans sa faiblesse, c.-à-d. dans les travaux et les souffrances qu'il doit endurer pour le Christ : in infirmitatibus... — Il maintient toutefois avec vigueur son droit de se glorifier des privilèges immenses que Dieu lui avait octroyés : Nam, et si voluero... (vers. 6). — Non ero insipiens. Et pourtant, il n'a pas cessé de dire que c'était une folie de se vanter (cf. xi, 16, 17, 21 , etc.) ; mais on l'avait mis dans cette nécessité, et d'ailleurs, il pouvait se gloriflor sans aller en rien contre la vérité (veritatem enim...). — Parco autem (scil. « gloriari »)... Motif pour lequel 11 met fin brusquement à son éloge personnel : ne guis me. . . Il déaire qu'on l'apprécie d'après sa conduite, visible ù. tous les yeux iid quod videt...)y et d'après son enseigne-

ment, que tous peuvent entendre (aut... audit...), non point d'après des grâces dont la gloire revenait à Dieu seul.

7-10. Moyen par lequel le Seigneur lui-même l'avait maintenu dans l'humilité. — Ne magnitudo (y; inzegëoï.'f] , la grandeur extraordinaire)... Il y a dans le texte original une inversion hardie, qui accentue la pensée : Et par la grandeur des révélations de peur que je ne sois enorgueilli. — Datus est mihi : par Dieu , évidemment. — Stimulus cnrnis mese. Dans le grec : (TxôXov}/ ttj o-apxi. Le substantif crxoXo'j/ désigne en général un objet pointu , comme un pieu , un piquet, une épine, jamais un aiguillon proprement dit. Les LXX l'emploient toujours dans le sens d'épine, qui convient fort bien ici. Une épine pour la chair, ou enfoncée dans la chair, c'est l'image d'une douleur vive et prolongée. — Angélus Satanse. Métaphore non moins expressive que la précédente, qu'elle complète. De même que les vents et les tempêtes sont appelés les anges ou les messagers de Dieu, parce qu'ils vont là où le Seigneur les envoie (cf. Ps. cm, 4), un ange de Satan est de même un émissaire du prince des démons. L'épreuve subie par l'apôlre est ainsi nommée, parce que Dieu avait permis à Satan de la lui infliger. — Qui me colaphizet. A la lettre : pour qu'il me frappe à coups de poings. Cf. Matth. xxvi, 67, etc» — Ces deux images, l'épine pour la chair et l'ange de Satan, représentent une seule et même affliction, par laquelle le Seigneur rappelait sans cesse à Paul sa faiblesse, et lui enlevait toute velléité de s'enorgueillir. En quoi consistait cette épreuve mystérieuse? Les Corinthiens le savaient sans doute, et pouvaient comprendre l'allusion. Mais l'obscurité s'est faite sur ce point dès les premiers siècles du christianisme, car les plus anciens Interprètes étaient déjà dans le même embarras que les commentateurs les plus récents. D'après saint Jean Chrysostome, Théodorct et plusieurs autres exégètes grecs et latins, saint Paul avait en vue, en employant ce langage figuré, ses afflictions extérieures, du les persécutions que lui suscitaient ses ennemis. Selon saint Basile le Grand, saint Grégoire de Na-

II Cor. XII, 8-12.

8. C'est pourquoi trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi ;

9. et il m'a dit : Ma grâce te suffit ; car la force s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc volontiers de mes faiblesses, afin que la force du Christ habite en moi.

10. C'est pourquoi je me complais dans mes faiblesses, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions , dans les angoisses pour le Christ ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.

11. J'ai été insensé, vous m'y avez contraint. Car c'était à vous de me recommander, puisque je n'ai été en rien inférieur à ces incomparables apôtres, quoique je ne sois rien.

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