Signa tamen apostolatus mei facta
zianze, saint Jérôme, saint Augu&tiii et d'autres nombreux auteurs, il aurait ainsi désigné une maladie chronique, qui lui occasionnait de vives souffrances. Peut-être cette solution de la difficulté est - elle la meilleure de celles qui ont été proposées, car le mal en question (on a même essayé parfois d'en préciser la nature : la goutte, la migraine, l'épilepsie, etc.) était vraiment une épine dans la chair de l'apôtre, et comme un envoyé de Satan qui contrariait souvent l'exercice de son ministère. L'opinion d'après laquelle saint Paul aurait voulu dépeindre ainsi à mots couverts de violentes tentations de la chair, qui l'auraient assailli d'une manière prolongée, n'cjt adoptée dans l'antiquité que par saint Grégoire le Grand ( Moral., viii, 29). Dans les temps modernes et de nos jours elle a trouvé d'assez nombreux partisans (Estius, Cornélius a Lapide ,. Noël Alexandre , etc.) ; mais le texte ne la favorise en aucune façon, puisqu'il parle de douleurs ressenties dans la chair, et il est d'ailleurs peu vraisemblable que saint Paul, dans ce qu'il nomme sa « gloriatio » , ait pu songer à faire l'aveu de tentations délicates, aveu dont ses adversaires n'auraient pas manqué d'abuser contre lui. — Propter quod... (vers. 8). L'épreuve était si péuible, qu'à trois reprises (ter doit être pris à la lettre) l'apôtre conjura Notre - Seigneur Jésus- Christ de l'en délivrer. — Dixit mihi (vers. 9). Paul reçut sans doute cette consolante réponse dans une de ses extases. En apparence, pourtant, c'est un refus qu'elle lui apportait (Sufficit tibi gratia...) ; mais en réalité sa prière fut exaucée, pulque le Christ prometta4t à l'apôtre le secours de sa grâce, et lui indiquait en môme temps un très heureux résultat de ses souffrances : Virtus in infirmitate... Paradoxe remarquable, qui met en contraste la force communiquée par Dieu et la faiblesse humaine, et qui affirme que celle-là n'apparaît jamais plus grande que lorsqu'elle agit en des hommes humbles, qui se défient d'eux-mêmes. Cf. xv, 7. — Saint Paul, récon-
forté par cette promesse, conclut joyeusement ; Libenter igitur (très fortement dans le grec : « libentissime igitur potius ») gloriabor... Plutôt que de demander encore sa délivrance , il mettra sa gloire à souffrir. Comp. le vers. 5 et xi, 30.
— Ut inhabitet... « Sa faiblesse lui apparaît comme un gage de la continuation de la grâce de Dieu et du Christ, qui aime à se servir des faibles pour accomplir sa grande œuvre. » Aussi s'écrie -t- il sur le ton du triomphe : Propter quod placeo... (vers, 10). L'accumulation des expressions qui désignent les divers genres de souffrances d'un apôtre, in infirmitatibus..., in.,., in,.., est très éloquente après les réflexions qui précèdent. — Cum enim..., tune... Cela résultait de la réponse du Sauveur. Cf. vers. 9.
5° Conclusion de la partie polémique. XII, 11-18.
11-12. Paul reconnaît qu'il a parlé à la manière d'un insensé; mais ce n'est pas sa faute.
— Factus... insipiens. Jetant un regard en arrière, et appréciant sa conduite d'après ses paroles antérieures (cf. xi, 1, 16, 21, 23), il répète ironiquement qu'au point de vue chrétien il a commis une sorte de folie. — Vos me coegistis. Voilà son excuse. Il n'aurait pas été contraint de se vanter lui-même, si les Corinthiens avaient eu soin de faire valoir ?es droits et ses qualités en face de ses détracteurs : ego enim a vobis... — Il méritait cette attention , ajoute-t-il, toujours sur le ton de l'ironie, car il était au moins l'égal des faux docteurs : nihil enim minus... Litote manifeste, puisqu'il a démontré à quel degré il leur était supérieur. — Les mots supra modum apostoli ont le même sens que plus haut, xi, 5 (voyez les notes). — Tametsi nihil... Restriction pleine de modestie. — Signa tamen... (vers. 12). Preuve que Paul vaut pour le moins autant que ses ennemis. Il nomme signes de son apostolat (dans le grec : signes de l'apôtre, c.-à-d. du véritable apôtre) les marques extérieures qui l'accréditaient devant les hommes. Elles étaient de deux sortes : de sa propre part,
II Cor. XII, 13-18.
sunt super vos, in omni patientia, in signis, et prodigiis, et virtutibus.
13. Quid est enim quod minus liabuistis praî ceteris ecclesiis, nisi quod ego ipse non gravavi vos ? Donate mihi hanc injuriam.
14. Ecce tertio hoc paratus sum venire ad vos, et non ero gravis vobis. Non enim quaero quae vestra sunt , sed vos ; nec enim debent filii parentibus thesaurizare, sed parentes iiliis.
15. Ego autem libentissime impendam, et superimpendar ipse pro animabus vestris , licet plus vos diligens , minus diligar.
16. Sed esto, ego vos non gravavi; eed cum essem as tutus, dolo vos cepi.
17. Numquid per aliquem eorum quos misi ad vos , circumveni vos ?