ÉPILOGUE. XII, 19 -XIII
Il renferme quelques avertissements de l'apôLre au sujet de sa prochaine visite, puis les salutations et les bénédictions accoutumées.
10 Quelques graves avertissements. XII, 19- XIII, 10.
19-21. En parlant comme 11 l'a fait, Paul n'a pas du tout songé h prendre les Corinthiens pour juges de sa conduite apostolique; il a eu en vue leur utilité spirituelle. — Olim a le sens de « dudum », depuis longtemps; c.à-d., depuis le début de cette lettre (Théodoret). La leçon 7râ)>ai, suivie par la Vulgate, au lieu de JiàXiv, de nouveau, est celle des plus anciens manuscrits grecs. Il serait mieux de supprimer le point d'interrogation qu'on lit dans notre version latine à la fin de la phrase , et de regarder celle-ci comme simplement affirmative. — Quod excusemus... D'après le grec : Que noue fassions notre apiilogie devant vous. — Coram voMs. Comme si vous étiez un jury officiellement chargé de m'acquitter ou de me condamner. — Dieu est le seul juge agréé par saint Paul; aussi est-ce uniquement "pour Dieu et devant Dieu qu'il a parlé : Coram Deo... loquimur. Quelques commentateurs ont regardé à tort ces mots comme une formule de serment, par laquelle l'apôtre attesterait la sincérité de ses assertions. — In Christo. En demeurant étroitement uni à Jésus- Christ, et en restant animé de son esprit. — Omnia autem... propter... Paul avoue cependant qu'en présentant sa défense personnelle, il s'est
aussi préoccupé du bien spirituel de pes lecteurs.
— Suit une petite leçon paternelle, vers. 20-21, destinée à justifier les mots « propter aedificationem vestram » : l'apôtre a dû s'expliquer une bonne fois avec les Corinthiens, afin de faire disparaître toute trace de leurs imperfections passées, et de préparer par là même sa visite.
— Timeo enim... Sa crainte est double. En premier lieu : non quales volo inveniam... Il désirerait les trouver parfaits , et peut - être ( les deux forte sont empreints d'une grande délicate? se) ne le sont -ils pas suffisamment. En second lieu : et ego... qualem non... S'ils n'y prennent garde, ils auront en lui un juge sévère (cf. xiii, 1 et ss.).
— Ne forte... La première crainte de saint Paul est exposée plus en détail jusqu'à la fin du verset 21. Elle portait sur deux points particuliers : les défauts contraires à la charité, provenant de l'esprit de faction qui n'avait que trop régné dans l'Église de Corinthe (cf. I Cor. i , 12 et ss.), et les vices de la chair. — Contentiones, semulationes... Cette longue énumération est destinée à faire ressortir les funestes résultats des coteries religieuses qui s'étaient formées à Corinthe. Les deux premiers substantifs sont ceux-là mêmes dont l'apôtre s'était tout d'abord servi pour désigner le schisme. Cf. I Cor. i, 11 et m, 3. — Sur l'expression inflationes, voyez aussi I Cor. IV, 6, 18. — Les mots sint inter vos ne sont pas dans le grec; ils complètent bien la phrase,
— Ne... (vers. 21). L'apôtre passe au second objet de sa crainte. Cette fois, le langage n'est plus hypothétique, mais strictement affirmatif ; l'inquiétude de Paul était donc plus grande sur ce point. — Iterum : de nouveau , comme durant mon second séjour parmi vous. On peut cependant aussi rattacher cet adverbe à venero : lorsque je viendrai de nouveau à Corinthe. — Humiliet me... Une des plus profondes humiliations d'un ministre de Jésus -Christ consiste, en effet, à voir ses efforts demeurer stériles, et à constater que ceux qu'il avait ramenés à Dieu sont tombés dans le péché, surtout dans les vices de la chair. — Deus. Dans le grec r
II Cor. XIII, 1-4.
me Deus apud vos , et lugeam multos ex ils qui an te peccaverunt, et non egerunt pœnitentiam super immunditia, et fornicatione, et impudicitia quam gesserunt.
Dieu ne m'humilie, et que je ne sois dans le deuil au sujet d'un grand nombre de ceux qui, ayant péché précédemment, n'ont pas fait pénitence de l'impureté, de la fornication et des dérèglements qu'ils ont commis.