Etes -vous tellement insensés qu'a
SECONDE PARTIE, POLÉMIQUE Z.a loi et l'évangile. III, 1-IV, 31.
En rappelant avec tant de force, dans son discours à saint Pierre (u, 14^-21), que le salut ne dépend pas de la loi, mais uniquement de la foi en Jésus-Christ, Paul a introduit la thèse qu'il va développer sous une forme polémique dans cette seconde partie, qui est la plus importante des ti'ois. n établit un contraste perpétuel entre la loi mosaïque et l'évangile, afin de mieux prouver l'Inutilité de celle-là pour les chrétiens.
§ I. — La loi produisait la malédiclion , on est béai grâce à la foi. III, 1-14.
10 Les Galates savent bien que c'est par l'Intermédiaii-e de la foi, et non en vertu de la loi, qu'ils ont reçu l'Esprit -Saint et ses dons merveiUeux. III, 1-5.
Chap. m. — 1. Douloureux étonnement de l'apôtre. — Il se manifeste d'abord par l'apostrophe indignée, 0 insensati....' Après avoir si bien démontré à quel point il serait absurde de mélanger le judaïsme et le christianisme, et quelles conséquences pernicieuses en résulteraient, il se souvient que les Galates se sont laissé partiellement entraîner à opérer ce mélange, Insensé autant que criminel. De là ce cri de détresse qui s'échappe de son cœur. — La suite du verset n'est pas moins éloquente : Quis vos fascinavit...? Tout allait bien jusque-là chez les chrétiens de Galatie ; pour qu'un changement si grave et si soudain s'opérât parmi eux, il fallait qu'on se fût servi d'un charme pour les séduire, qu'on les eût fascinés comme le serpent fascine l'oiseau. — Les mots non obedire veritati ( pour : « ut non obediretis... » ) manquent dans les meilleurs manuscrits grecs, et saint Jérôme les regardait comme une glose insérée dans le texte. — Ante quorum oculos... Trait dramatique, qui fortifie singulièrement la pensée. Le verbe Tzpozypift] (Vulg., prsescriptus est) a le sens de <i palam deplnctus est». Il fait allusion à la prédication de Paul, qui avait été
si claire et si précise, qu'elle avait pour ainsi dire placé le Christ lui - même sous les yeux des auditeurs, comme un tableau vivant ; or, comme elle avait pour objet principal la mort du Sauveur, celui-ci avait été de cette manière crucifié de nouveau devant les Galates ( in vobis ei-itcijî.xus ; les mots ev ûfiîv sont omis par d'anciens manuscrits). Telle est l'interprétation des Pères grecs et de la plupart des exégètes modernes. Celle de saint Jérôme, qui traduit Tiposypaçr, par «■ antea scriptus est » et applique ce verbe r.ux oracles mesî'ianiques de l'Ancien Testament, communiqués par Paul aux Galates, et celle de divers auteurs latins, qui lisent « proscriptus » (dépouillé, condamné), sont difficiles à défendre ici.
2-5. Appel à l'expérience des Galates, pour mieux faire ressortir encore la folie de leur conduite. L'apôtre multiplie les questions coup sur coup, empoi'té par sa vive émotion. — Hoe sohim a vobif... Au lieu de recourir à une longue démonstration pour leur pi-otrver l'inanité des pratiques légales, il veut attirer leur attention sur un point seulement : Ex operibus... an ex...f Ils avaient reçu l'Esprit -Saint en devenant chrétiens, et ce divin Esprit, comme c'était la coutume aux premiers temps du christianisme (cf. Act. x, 46; XI, 15; xv, 8-9; I Cor. xii- XIV, etc.), avait manifesté sa présence par tontes sortes de faveurs et de prodiges, dont ils avaient été les objet s ou les témoins ( voyez le vers. 6 ). A qui devaient-Ils cet immense bienfait? Pas à la pratique de la loi, puisqu'ils étaient païens au moment de leur conversion ; mais à la fol seule. L'expression ex auditu fidei peut signifier : par la prédication qui produit la fol ; ou bien : par l'obéissance à la foi. Cette seconde signification est préférable (cf. Rom. i, 15; XVI, 26, etc.). — Sic stulti (àvdr,TOt, « Insensati », comme au vers. 1)... Paul constate de nouveau (vers. 3), et non pas sans une mordante ironie, le manque de sens dont font preuve les Galates en se laissant si aisément séduire. Il est dans l'ordre que, dans la vie morale, on aille du moins parfait au plus parfait, par de perpé-.
Gal, m, 4-8.