Providens autem Scriptura quia ex
tuels progrès. C'est le contraire qui s'est passé pour la masse des chrétiens de Galatie. Comme il vient d'être dit, Ils avalent débuté par l'Esprit-Saint, auteur de leur régénération complète, et ils cherchaient leur perfectionnement dans la chair {carne consummemirn), c. -à-d., dans les observances légales, tout extérieures, dont un grand nombre ( par exemple : la circoncision, les ablutions et les purifications) concernaient directement le corps. Commencer par le christianisme et finir par le judaïsme, quelle folie manifeste ! Il y a un contraste très frappant entre les verbes « cœperitis » et « con- Bummemini », de même qu'entre les substantifs C( spirltu » et « carne ». — Tanta passi... (vers. 4). Suivant quelques commentateurs modernes, ces mots se rapporteraient encore aux grâces répandues sur les Galates depuis leur conversion , grâces qu'ils allaient perdre entièrement par leur apostasie ; ou bien , aux inconvénients multiples et absolument inutiles d'une vie conforme à la loi juive. Ces interprétations sont loin de valoir celle qui est communément admise depuis les temps anciens, et qui résulte du sens littéral des expressions : Est-ce en vain (sine causa, etxr)) que vous avez tant souffert ? On voit par les Actes des apôtres que les néophytes avaient à endurer de leurs compatriotes, de leurs familles, etc., la contradiction et la persécution. Les Gralates n'avaient pas échappé à ces souffrances après leur conversion ; et voici qu'ils en allaient perdre tout le fruit, en abandonnant le Christ. L'ai ôtre espère toutefois qu'ils reviendront à résipiscence, et que le mérite de leurs bonnes oeuvres ne leur sera pas enlevé ; c'est pourquoi il adoucit sa pensée , en ajoutant : si tamen sine... — Qui ergo... (vers. 5). Après la petite digression dans laquelle il a rais en relief le caractère insensé de la conduite des Galates, saint Paul réitère, en la modifiant légèrement, sa question du vers. 2. Là, il leur avait demandé de quelle manière Us s'étaient disposés à recevoir l'Esprit -Saint et ses dons; ici, faisant toujours appel à leur sens intime, il désire apprendre d'eux par quels moyens ils continuent d'obtenir de Dieu l'effusion de ce même Esprit et de ses faveurs merveilleuses.
Le A-^ers. 2 concernait donc le passé; celui-ci se rapporte au temps présent (tribuit, operatur). Car, comme nous l'avons vu, l'apostasie des Galates était loin d'être un fait accompli pour la majorité d'entre eux.
2« « Discussion exégétique destinée à prouver que l'Ancien Testament lui-même attache le salut à la foi et non aux oeuvres. i> III, 6-14.
Comparez l'argumentation semblable de Rom.iv.
6-9. Abraham a été justifié par la fol, et il en est de même de ses vrais fils. — A sa double question, l'apôtre suppose que les Galates ont répondu : « Ex auditu fldel, » et il se met à démontrer par la sainte Écriture qu'il en est réellement ainsi : Sicut scriptum... Le verbe Y^YpaTTrat est omis par d'importants manuscrits ; mais la pensée n'est pas modifiée s'il disparaît du texte. — Le premier passage cité, Abraham credidit... (cf. Gen. xv, 6), a déjà été expliqué à propos de Rom. iv, 3. — Cognoscite ergo... (vers. 7). L'écrivain sacré tire une conséquence de l'exemple d'Abraham. Il adopte ici l'argument présenté autrefois par Jésus luimême à ses compatriotes :
Si vous êtes les fils d'Abraham, accomplissez les œuvres d'Abraham (Joan.
VIII, 39). Les vrais fils n'ont pas une nature différente de celle de leur père, et ils s'efforcent de lui ressembler dans les points essentiels. Si Abraham a été justifié par sa
foi, ceux-là seuls sont réellement i-es fils (ii sunt...; le pronom est accentué), qui Imitent sa foi et qui vivent comme lui de la fol. — La locution qui ex fide... (o\ ex Tctarecaç ), opposée à « qui... ex operibus legis sunt » (cf. vers. 10), ou à « qui ex lege » (cf. Rom. iv, 14 : oVèy. v6[i.ov), désigne ceux qui sont pour ainsi dire nés de la foi et qui ont été engendrés par elle. — Providens autem... (vers. 8). L'Écriture sainte est personnifiée; ou plutôt, son nom représente ici celui de son auteur. Dieu lui-même, et c'est pour cela que son autorité est alléguée comme irréfragable. —
Sacrifice d'Abraham sur un antifj,ue sceau chrétien.
• Gal. Iir, 9-11.
fide justificat gentes Deus, prsenuntiavit Abrahœ : Quia benedicentur in te omnes gentes,
9. Igitur qui ex fide sunt, benedicentur eu m fideli Abraham.
10. Quicumque enira ex operibus legis sunt, sub màledicto sunt. Scriptum est enim : Maledictus omnis qui non permanserit in omnibus quae scripta sunt in libro legis , ut f aciat ea.
11. Quoniam autem in lege nemo justificatur apud Deura, manifestura est, quia : Justus ex fide vivit.
c'est par la foi que Dieu justifierait les nations, l'a annoncé d'avance h Abraham : JToutes les nations seront bénies en toi.
9. Ceux donc qui s'appuient sur la foi seront bénis avec le fidèle Abraham.
10. Car tous ceux qui s'appuient sur les oeuvres de la loi, sont sous la malédiction. En effet, il est écrit : Maudit est quiconque ne persévère pas dans tout ce qui est écrit au livre de la loi.
11. Et il est évident que nul n'est justifié devant Dieu par la loi, puisque : Le juste vit de la foi.
Quia ex flâe iuHificat...lj'emplo\ du temps présent est à remarquer. Avant même d'Instituer la loi mosaïque , Dieu avait décidé que la fol serait la base et la source de la jus^tiflcation. — Gentes. Les Juifs aussi, assurément ; mais il est fait une mention spéciale des païens, parce que c'était d'eux surtout qu'il était question dans la controverse avec les judaïsants. — Prsenuntiavit. Dans le grec : TipoeuY^YT-^'^*'^^» * aiitea evangelizavit ». C'était, en effet, une bonne nouvelle qui était donnée d'avance à Abraham pour les Gentils dans cet oracle très bref, mais très expressif, benedicentur... omnes.., puisqu'il renferme en abr«^gé toutes les bénédictions apportées par le Messie. Il est cité librement d'après G-en. XII. 3; comp. Gen. xviii, 18. — In te: dans la personne même d'Abraham, en vertu de sa paternité. Mais, comme les païens ne descendaient pas du saint patriarche selon la chair, c'est en imitant sa foi qu'ils devenaient ses fils et qu'ils étaient justifiés comme lui. C'est pourquoi l'aitôtre conclut en disant : Igitur qui ex fide... (vers. 9).
10-1 1. Le Christ nous a délivrés de la malédiction de la loi. — Quicumque enim... Preuve que les seuls croj-ants seront bénis en Abraham, c.-à-d., justifiés devant Dieu. Si la bénédiction promise par le Seigneur ne leur était pas exclusivement destinée, il faudrait dire qu'elle concernait les observateurs de la loi (qui... ex operibus...), la postérité charnelle du patriarche, les Juifs; or cela est impossible , puisque ceux-ci sont placés sous le coup d'une perpétuelle malédiction (sub màledicto...), ce qui est tout à fait l'opposé de la bénédiction céleste. — Scriptum est... Au Deutéronome, xxvii, 26. La citation est faite librement d'après les LXX. Les mots permanserit in omnibus... ut /aciat ea portent l'idée principale ; en efifet, il était impossible d'accomplir toujours et intégralement les prescriptions de la loi mosaïque, qui savait commander et commander encore, sans toutefois fournir les secours nécessaires pour obéir sans cesse. Cf. Act. XV, 10; Rom. m, 20; iv, 16, etc. — Quoniam autem... (vers. 11). L'argumentation redevient positive. L'Écriture sainte, après avoir dit .négativement : Maudit soit celui qui ne fait Das..., et montré ainsi que la loi est Incapable
de justifier, afiBrme en termes très explicites par le prophète : Justus ex fide... Cf. Hab. ii , 4. Sur ce texte, voyea Rom. i, 17 et le commentaire ; il est également cité Hebr. x, 27. Il forme ici la majeure d'un syllogisme dont la mineure se trouve au vers. 12 ; la conclusion anticipée forme la première moitié du vers. 11. — Les mots apud Deum précisent la nature de la justification que la loi ne saurait procurer : c'est la justification intérieure et proprement dite, celle par laquelle l'homme plaît h Dieu. — Lex... non ex fide (vers. 12). La loi ne se base pas sur la foi et ne s'inquiète point par elle-même des dispositions intérieures; elle demande des actes, l'obéissance. — Sed : Qui fecerit... Saint Paul donne de nouveau la parole à la Bible, pour exprimer plus fortement sa pensée. Il cite cette fois (encore sans aucune (formule d'introduction, parce qu'il suppose le passage connu de ses lecteurs) un texte du Lévitique, xviii, 5. Comp. Rom. x, 5. Le mot principal est fecerit. Les pronoms ea et illis se rapportent aux commandements divins. — Christus... (vers. 13). Faisant un pas de plus dans son raisonnement, saint Paul indique par quel prodige du divin amour tous les hommes, Juifs et Gentils, ont été délivrés de la malédiction prononcée par la loi, afin d'avoir part h la vraie justification. Les Juifs sont représentés par les mots nos redemit de..., qui supposent des hommes placés directement sous le joug et la malédiction de la loi ; il est nommément question des païens au vers. 14. — Redemit. Le prix de ce rachat a été le sang de r Homme-Dieu. Cf. I Petr. i. 18-19; Apoc. v, 9, etc. C'est ce que dit saint Paul en termes parliculièrement énergiques : factus... maledictum (l'abstrait a plus de force que le concret « male- <lictus »). Le Christ s'est substitué à nous (pro ti.obis ' pour porter la malédiction su.>pendue sur los têtes. — Un autre texte biblique, Dent, xxi, 23, cité librement d'après les LXX, démontre la vérité de cette assertion. Dans le passage auquel il est emprunté, l'ordre est donné d'attacher à une potence le cadavre de tout Israélite condamné à périr par le glaive ou la lapidation ; mais on devait enlever le corps avant la nuit, pane que sa présence prolongée aurait souillé la terre sainte : maledictus omnis qui. . . Jésus-
Gal. III, 12-16.
12. Or la loi ne s'appuie pas sur la foi ; raais : Celui qui observera les commandements, aura la vie par eux.
13. Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous ; car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois ;
14. afin que la bénédiction d'Abraham fût communiquée aux gentils par le Christ Jésus, et que nous reçussions par la foi l'Esprit qui avait été promis.
15. Mes frères (je parle ù, la manière des hommes), quand le testament d'un homme est en bonne forme, personne ne peut l'annuler ou n'y ajoute quoi que ce soit.