‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 33 sur 873 · Ideo ex fide, ut secundum gratiam · texte numérisé non relu

Ideo ex fide, ut secundum gratiam

Abraham. — Ut sit ( £'.ç xô eîvat, de manière à être)... Du double fait qu'il vient de signaler, h savoir, la foi d'Abraham et sa circoncision antérieure à son acte de foi, saint Paul tire une belle et grave conclusion : le saint patriarche est ainsi devenu, conformément au plan divin, le père de tous ceux qui croient, chez les Gentils comme chez les Juifs; d'où il résulte, comme l'apôtre l'a dit plus haut, que le genre humain tout entier, sans distinction de nationalité, doit être sauvé par la foi. Dans un ancien écrit rabbinique, 11 est dit qu'Abraham devint le père de rations nombreuses, « parce qu'il leur apprit à croire. » — Credentium per prseputium. C.-à-d., les païens devenus croyants. — Pater circumcisionis (vers. 12). Encore l'abstrait pour le concret. Le père des circoncis, des Juifs. — Nun iis tantum qui... ex... Il ne suffit pas d'avoir été circoncis pour être vraiment fils d'Abraham et justifié comme lui ; il Kiut encore imiter sa foi : iis qui sectantur... Belle expression figurée. — Quse... in prseputio... C.-à-d., la foi que manifesta Abraham avant de recevoir le signe de la circoncision.

30 Abraham n'a pas été justifié non plus par les œuvres de la loi. IV, 13-17.

L'apôtre a encore recours, pour cette démonstration, à sa méthode favorite, qui consistait à faire ressortir les graves Inconvénients de la doctrine opposée à la sienne.

13-15. Le côté négatif de la thèse. — Non... per..., sed per... Le vers. 13 contient la proposition qui fait l'objet de cet alinéa. Elle est étroitement unie à la précédente par la particule enim : Abraham est aussi bien le père des Gentil!, que des .Juifs. — Per legem : par le système de la loi mosaïque. — Promissio. La promesse messianique qui, à cette époque, préoccupait Israël à un si haut degré. — Aut se- 'tnini ejus. Mots importants : dans ses points

essentiels, la promesse n'était pas moins pour la postérité que pour le père. — Ut hercs... mundi... Plusieurs concepts sont réunis dans cette expression, de même que dans les promesses faites à Abraham. Le patriarche devait avoir un fils, et, par ce fils, une nombreuse postérité naturelle; dans l'un de ses descendants^ le Messie, le monde entier devait être béni; grâce au Messie, la possession du monde eivttcr était assurée à la vraie race d'Abrahau. — Justitiam fidei : la ju ,tification que procure la foi. Cf. vers. Il», etc. — Si enim... (vers. 14). La locution qui ex lege (ol ev. vô[;,ou, ceux qui dépendent de la loi) désigne les Juifs. Si eux seuls, dit l'apôtre, étaient les héritiers de ces promesses grandioses faites à Abraham, dans ce cas la foi, à laquelle l'Écriture sainte attribue formellement la justification du patriarche, perdrait toute son efficacité {exinanita est; xeyJvwxai, elle est devenue vide), et la promesse elle-même deviendrait inutile (abolita est), puisque ce qui a été promis par la grâce serait de fait accordé par la loi. — Lex enim... (vers. 15). Preuve qu'il en serait vraiment ainsi dans l'hypothèse indiquée. La loi et la promesse ne peuvent pas exister ensemble, tant il y a d'opposition entre les effets qu'elles produisent. — Iram operatur. C.-à-d., provoque la colère divine. La loi excite l'homme à pécher, le rend prévaricateur en fait ; ce qui irrite par là mCiue Dieu contre lui. Saint Paul reviendra encore plusieurs fois sur « ce résultat dé.-astreux "». Cf. HT, 20; y, 13, 20; vir, 7 et ss., etc. — Prssvaricatio. Le grec Tiapâêaai; a plutôt le sens de transgression. L'expression est fort bien choisie : comme le dit saint Augustin, « sans loi, on peut être pécheur, mais non transgresseur. » En violant la loi, on franchit une limite fixée par cl'e.

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