‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 357 sur 873 · Car vous étiez autrefois ténèbres · texte numérisé non relu

Car vous étiez autrefois ténèbres

convenance suprême pour des chrétiens ( sanctos) d'être purs et désintéressés. — Aut... aut,.. (vers. 4). La triste énumération continue. Par turpitudo, on doit entendre encore le vice impur, envisagé dans sa turpitude morale ; par stultiloquium, des discours portant sur des sujets délicats et en traitant sans pudeur, à la manière des insensés; par scurrilitas (sÙTpaTieXca en mauvaise part), des plaisanteries grossières sur les mêmes sujets. La littérature ancienne montie combien les païens se gênaient peu sous ce rapport. — Quae ad rem non... Au pluriel dans le grec, car cette réflexion incidente porte sur les trois t^ubstàntifs qui précèdent : Lesquelles (choses) ne sont pas convenables. Cette formule équivaut donc à « Sicut decet... » du vers. S*».

— Sed magis... Sous- entendu : « sit », ou « nominetur ». A l'abus que les hommes impudiques ou légers faisaient de la parole, saint Paul oppose le saint usage que les chrétiens en doivent faire par l'action de grâces, qui est une des plus belles formes de la prière. Comp. le vers. 20. — Hoc enim... (vers. 6). L'apôtre motive plus complètement son exhortation. — Scitote intelligentes. La Vulgate a suivi la meilleure leçon du texte grec : to-xe ytvwcxovTe; (au lieu de ëffre..., vous êtes connaissant). On peut traduire aussi par le présent de l'indicatif : Vous savez d'une parfaite connaissance. — Quod omnis... Nous retrouvons, mais au concret, les trois noms du vers. 3. — Quod est idolorum... D'après la variante 0 cCTTiv elèuyXoXazpeia de quelques rares manuscrits grec. On lit ailleurs : o ettiv etSo)- XoXàrpyjÇ, c quod est Idolorum cultor. » Dans ces deux cas, le pronom « quod » se rapporte aux trois substantifs qui précèdent. Si l'on admet la leçon oç èariv elôwXoXàxp-rjç, « qui est Idolorum cultor, » le pronom ne retombera que sur le dernier substantif : L'avare, qui est un idolâtre. Cf. Col. III, 5. — Non habet hereditatem... Souvent la possession du ciel est présentée au chrétien comme un héritage auquel il a droit (voyez I, 18); mais ce droit cesse évidemment pour ceux qui violent & tout instant ici - bas les lois les plus essentielles du royaume messianique.

— Christi et Dei. Il n'y a dans le grec qu'un seul

article pour ces deux mots : toO Xpiaxoû xat ôeoO. Plusieurs commentateurs pensent que, pour cette raison, 11 faut traduire : (Dans le royaume) du Christ, qui est Dieu en môme temps ; ou : de celui qui est Christ et Dieu tout ensembe. Mais cette opinion n'est pas certaine, car le mot Oeo; n'exige pas nécessairement un article. Voyez Rom. XV, 8; I Cor. vi, 9, 10 et xv, 50 ; Gai. v, 21, etc. — Nemo vos seducat... (vers. 6). D'après le contexte, l'apôtre fait probablement allusion à des chrétiens corrompus d'Éphèse (comme II y en avait aussi à Corinthe; cf. I Cor. vi, 12), qui avaient affirmé que toutes ces choses n'étaient pas aussi graves, ni aussi offensantes pour Dieu , que le prétendait saint Paul. N'ajoutez pas foi à leurs vaines paroles (inanibtis, vides), reprend ce dernier, car c'est en réalité de tels vices qui feront éclater la colère de Dieu (propter hsec... venit...; ce verbe est au présent) au jour du jugement. — Filios diffidentiae. Voyez II, 2 et le commentaire. — Grave avertissement pour conclure : Nolite... participes... (vers. 7). Si l'on prend part à leur désobéissance, on participera aussi à leur terrible châtiment.

8-14. Continuation de la même pensée que dans les vers. 3 et ss., comme le mont^-ent, d'un côté, la particule enim, qui unit ce passage au précédent, et de l'autre, les mots « nolite coraraunicare... » du vers. 11, qui reprennent l'exhortation du vers. 7. Seulement, l'apôtre va plus loin dans sa recommandation actueile, puisqu'il ordonne aux É^ihésiens de prendre une position ouvertement offensive contre le vice. Voyez le vers. 11*". — Eratis aliquando... Sous une allégorie très expressive, celle des ténèbres et de la lumière, saint Paul oppose de nouveau dans leur ensemble la vie païenne de ses lecteurs à leur vie chrétienne, pour tirer de là des conséquences pratiques. Cf. Rom. ii, 19 et xiii, 12; I Thess. V, 4 et ss. — Tenebrae, lux. Vous étiez ténèbres, vous ôtes maintenant lumière; ces locutions sont beaucoup plus fortes que : Vous étiez dans les ténèbres, vous êtes en pleine lumière. De même qu'autrefois ils avaient été tellement envahis et pénétrés par les ténèbres, qu'ils en avaient pour ainsi dire pris la nature, de

Eph. V, 9-13.

maïs maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ;

9. car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.

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