‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 372 sur 873 · Testis enim mihi est Deus, quo · texte numérisé non relu

Testis enim mihi est Deus, quo

Super... (vers. 5). C'est l'objet direct de l'action de grâces. L'expression communicatione. . . in evangelio... ne signifie pas : Votre participation à l'évangile et à ses bienfaits ; mais : Votre association , association étroite entre vous et avec naoi, pour promouvoir les Intérêts de l'évangile (t^ xocvcovi'a û|jLà)v eiç tov eùayyD.iov, « in evangelium »). Parfois, saint Paul se sert du substantif xotvwvta pour désigner les pieuses aumônes des fidèles ( cf. Rom. xv, 26 ; Hebr. XIII, 16); mais cei/te allusion ne peut être ici que très secondaire, si elle existe. — A prima die. C.-à-d., depuis le jour où les Philippiens avaient accepté la foi chrétienne.

6-8. Sainte confiance de l'apôtre par rapport à ses amis de Philippes. — Le participe confidens est parallèle à « faciens » du vers. 2»>, et dépend aussi de « gratias ago » (cf. vers. 3). — Eoc ipsum est une des expressions favorites de Paul. Cf. Rora. ix, 17 et xili, 6; II Cor. ii. 3 et V, 5 ; Eph. vi , 18, 22 ; Col. iv, 8, etc. — Qui cœpit... Dieu le Père, au moment décisif de la conversion des Philippiens. C'est leur prompte acceptation de la prédication évangélique qui est nommée opus bonum, et aussi le zèle qu'ils manifestaient depuis lors de différentes manières pour sa diffusion (voyez le vers. 5). — In vobis. Non point : parmi vous; mais : en vous (a in animis vestris »). — Perficiet. Dieu commence en nous l'œuvre de la perfection chrétienne , et c'est lui également qui l'achève. Nous avons besoin de sa grâce et de son concours au début, au milieu, à la fin, toujours. Voyez le Conc. de Trente, Sess. vi, c. 13. — Usque in diem... Le jour du Christ est celui de son second avènement. Cf. I Cor. i , 8 et v, 5 ; II Cor. i , 14 ; I Thess. V, 2; II Thess. i, 10 et ii, 2, etc. — Sicut est... (vers, 7). Ces mots se rattachent à « confidens » du verset précédent , qui ne devrait être séparé de celui-ci que par deux points. L'apôtre justifie la confiance qu'il vient d'exprimer au sujet des Philippiens : Je suis persuadé, ainsi qu'il est juste que je le sois lorsqu'il s'agit de vous. — Eoc sentire : éprouver ce sentiment, être dans cette disposition d'esprit (çpoveïv). — Bo quod habeam... Motif de la confiance de Paul : s'il est ainsi disposé h l'égard de ses frères de Philippes , c'est à cause de l'affection personnelle qu'il ressent pour eux. Assurément, il n'est

point question ici d'une amitié simplement naturelle, car c'est dans le cœur même de Jésus (comp. le vers. 8) que l'apôtre aimait les Philippiens ; il va d'ailleurs indiquer ici même , à la fin du vers. 7, la raison spéciale de son attachement. — Et in vinculis..., et in... D'après l'interprétation qui donne le meilleur sens, ces mots dépendent plutôt de « socios... esse » que du verbe « habeam » : Je vous al dans mou cœur, comme participant à ma joie, soit dans mes chaînes (dans ma prison), soit dans Ja défense et la confirmation de l'évangile (dans mes travaux pour la défense et la consolidation de l'évangile). Paul s'était donc attaché aux Philippiens, parce qu'ils lui avaient prouvé de plusieurs manières qu'ils lui étaient unis dans ses souffrances et dans ses labeurs apostoliques. — In defensione et confirmatione... A la lettre dans le grec : pour l'apologie et la consolidation. Ces deux substantifs résument tout ce que saint Paul accomplissait alors, malgré sa captivité, pour l'évangile du Christ. Cf. Act. xxviii, 17 et 68., 30-31. Le génitif evangelii appartient tout aussi bien au premier qu'au second (ils n'ont qu'un seul et même article dans le grec). — Socios ne rend pas toute la force de (7Uvxotvwvou;, qui signifie : participant avec. — Gaudii mei. La Vulgate traduit comme s'il y avait X0ip6.Q dans le texte primitif. Mais la vraie leçon a toujours été -/àptxoç, grâce. Le sens est donc : Participant à la grâce avec moi. Cette grâce est celle qui excitait, d'une part, l'apôtre à faire connaître l'évangile autant qu'il le pouvait, et, d'autre part, les Philippiens à l'aider dans l'exercice de son zèle. — Testis est... ( verset 8). Sorte de serment par lequel saint Paul certifie la vivacité de son affection pour ses lecteurs. Ne sachant comment en donner la preuve, il fait appel à la science de Dieu même. Pour la formule, voyez Rom. i, 9; II Cor. i, 23;

I Thess. n, 5, 10. — Cupiam, eTrtTcoOô). Ce verbe exprime une ardente tendresse. — Omnes vos. Pour la troisième fois. Voyez les vers. 4 et 7\ Personne, à Philippes, n'était exclu de cette sainte affection. — In visceribus... Locution qui n'est pas moins classique que biblique. Pour son emploi dans le Nouveau Testament, voyez n, 1 ;

II Cor. VI, 12 et vu, 15; Col. ni. 12; Philem. ,7, 12, 20. — Jesu Christi (« Christi Jesu »

Phil. I, 9-13.

modo cupiam omnes vos iu visceribus Jcsu Christi.

9. Et hoc oro, ut caritas vestra magis ac magis abundet in scientia, et iu omni sensu ,

10. ut probetis potiora, ut sitis sinceri , et sine offensa in diem Christi ;

11. repleti fructu justitise per Jesum Christum , in gloriam et laudera Del.

12. Scire autem vos volo, fratres, quia quse circa me sunt, magis ad profectum venerunt evangelii ;

13. ita ut vincula mea manifesta fièrent in Christo in omni preetorio, et in ceteris omnibus ;

vous chéris tous dans les entrailles de Jésus- Christ.

9. Et ce que je demande, c'est que votre charité abonde de plus en plus en connaissance et en toute intelligence,

10. pour apprécier ce qui est meilleur, afin que vous soyez purs et irrépréhensibles pour le jour du Christ,

11. étant remplis du fruit de justice par Jésus -Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

12. Je veux que vous sachiez, mes frères, que ce qui m'est arrivé a plutôt contribué au progrès de l'évangile,

13. en sorte qu'il est reconnu, dans tout le prétoire et partout ailleurs, que je suis dans les fers pour le Christ,

d'après la leçon la mieux garantie). Le Christ vivait tellement en Paul, que le cœur de Paul était celui du Christ , de sorte que c'est Jésus qui en lui aimait les Philipplens.

30 Prière de l'apôtre pour ses lecteurs. I, 9-11.

9-11. Le pronon hoc attire l'attention sur le sujet de la prière : ut caritas vestra. . . Non pas l'afifection des Philippiens pour saint Paul, mais leur amour pour Dieu et leur chanté mutuelle. — Magis ac magis abundet... L'apôtre accumule volontiers les comparatifs, pour donner plus de force à sa pensée. Comp. le vers. 23*'; II Cor. IV, 17; Eph. III, 20. — In scleutia et... sensu. Double aspect sous lequel la charité des lecteurs doit se développer : sous le rapport théorique (èv iTiiyvcûcret : dans une connaissance complète et perfectionnée), et sous le rapport pratique (atffOriaei : dans la sensation, la perception, c.-à-d. le discernement spirituel). Paul veut que leur amour soit intelligent, plein de tact. De la norte, ils seront capables d'apprécier les choses à leur juste valeur : ut probetis... (vers. 10). Sur cette locution (Soxtaai^etv... zà oiaçspovxa) voyez Rom. 11, 18 et le commentaire. — Capables de distinguer le vrai du faux, le bien du mal et de pratiquer toujours ce qui est juste tt droit, les Philippiens seront sinceri et sine offensa : purs i-elatlvement à Dieu (sDa/.ptvsîç : Ici seulement et II Petr. m, 1), irréprochables en ce qui regarde les hommes (a.iipoay.oiioi : qui ne se heurte pas et qui ne fait pas tomber les autres). — In dlem... En vue du jour du Christ.Voyez le vers, e"* et les notes. — Repleti fructu... (vers. 11 ). Se transportant à ce grand Jour par la pensée, l'apôtie y voit par anticipation les chrétiens de Philii)pes chargés de bonnes œuvres, ou , comme l'exprime sa belle métaphore, pleins du fruit (expression collective) de la justice, c.-à-d. du fruit produit par la justice, par la sainteté morale. — Per Jesum... En effet, saus Jésus- Christ, la Justice demeurerait entièrement stérile. Cf. Joan. XV, 5, 8, 16, etc. — In gloriam et laudem... Le résultat final de l'œuvre de la

grâce n'a jamais lieu pour l'homme, mais pour Dieu.

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