‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 430 sur 873 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Une instruction dogmatique importante, entourée d'exhortations morales. IV, 1-V, 12.

La première partie a éié non seulement historique et personnelle, mais aussi d'un caractère plus général. Celle-ci, doctrinale et pratiqne, se compose surtout d'avertissements et d'enseignements particuliers.

§ I. — Quelques recommandations concernant des vertus à pratiquer et des vice3 à éviter. IV, I-ll.

1« Introduction. IV, 1-2.

Chap. IV. — 1 - 2. Paul Invite ses lecteurs à travailler sans relâc-he à leur sanctiflcation , conformément aux règles qu'il leur avait tracées. — De cetero Ckontôy) est une formule de

Monnaie de Thessalunique.

transition assez fréquente dims les écrits de l'apôtre. Cf. I Cor. i, 16; II Cor. xiii, 11; Eph. ▼I, 10; Phll. m, 1 et iv, 8; II Thesij. m, 1, etc. — Bogamus... et obsecramiis. Dans le grec : Noua

vous demandons et vous exhortons. C'est comme ami que Paul demande, comme j pô re qu'il exhorte. — Il fait l'un et l'autre in l omnio..., s'adressanfe aux Thessaloniciens en tant qu'ils sont chrétiens, unis à Jésus -Christ. — Ut quemadmodum accepistis. . . Ses leçons sur la morale chrétienne avaient été pressantes, et aussi nombreuses que l'avait ptnnls son rapide séjour à Thessalonique ; les néophytes n'avaient qu'à se les rappeler et aies mettre en œuvre (sic est accentué). — Ambulare. Métaphore aimée de notre auteur, pour représetter la vie et les vertus des vrais croyants. Le but et la normè^ de cette marche, c'est placere Deo. — Ut abundetis... C.-à-d., pour progresser de plus en plus dans la perfection chrétienne. — Scitis enim... (vers. 3). Paul insiste sur ce fait, que les lecteurs savent fort bien quelles règles de vie il leur a prescrites au nom et de la part de Jésus- Christ (per Dominum...), désormais leur Maître et Seigneur.

2« Invitation à pratiquer une grande pureté de mœurs. IV, 3- 8.

3-8. La chasteté chrétienne et ses motifs. — Excesterdm.. L'apôtre exposeen détail quelquesuns des pi'ccoptes qu'il avait intimés an nom du Christ aux nouveaux convertis. Comp.

le vers. 2. II en relève encore u'unc autre manière la gravité, en les présentant comme l'expression de la volonté de Dieu lui-même, et comme destinés à produire la Banctiflcatlon des fidèles. — L'i ée générale du mot sanelificatio (àyiaa[j.ô ) est aus.^itôt spécifiée par le contexte, qui montre que Paul a particulièrement en vue la chasteté, cette partie Importante de la sainteté morale : ut absUneatis... Il était naturel que, s'adressant à des néophytes récemment tirés d'un milieu pour lequel l'impureté n'était pas nn vice (voyez I Cor. vi, 12 et les notes). Il les mît en garde contre des excès auxquels ils s'étaient sans doute tuxmêmes livrés naguère aaaA scrupule. — Ut

I Thess. IV, 4-7.

4. que chacun de vou8 sache posséder le vase de son corps dans la sainteté et l'honnêteté,

6. et non en suivant les convoitises de la passion , comme les païens, qui ne conna'issent pas Dieu ;

6. et que personne à cet égard ne trompe son frère, et ne lui fasse tort, parce que le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses, comme nous l'avons déjà dit et attesté.

7. Car Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté, mais à la sanctification.

4. ut sciai unusquisque vestrum vas suum possidere in sanctificatione et honore,

5. non in passione desiderii, sicut et gentes, quae ignorant Deum ;

6. et ne quis supergrediatur neque circumveniat in negotio fratrem suum ; quoniam vindex est Dominus de his omnibus, sicut prsediximus vobis, et testificati sumus.

7. Non enim vocavit nos Deus in immunditiam, sed in sanctificationem.

Bciat... (vers. 4). Développement de la pensée, en des ternies pleins d'une sainte réserve. — Vas suum (tb éaurou dxeijoç) est une locution métaphorique qui a donné lieu , dès l'antiqnité, à deux Interprétations différentes. D'assez nombreux commentateurs lui font désigner ici la femme mariée, l'épouse, appuyant leur sentiment sur I Petr. m, 7, où il est question de la femme sous une figure semblable ( « quasi inflrniiori vasculo muliebrl impartiantes honorem »), sur le langage analogue des rabbins, et spécialement sur l'emploi du verbe XTâTÔxi, qui, disent -ils, ne peut être traduit que par acquérir. Le sens serait donc : Pour demeurer chastes, ayez recours à la voie légitime et sainte du mariage, et ne vous laissez pas entraîner aux vices des païens. Comp. I Cor. vu, 2, 9, où saint Paul donne un conseil à peu près identique. Saint Augustin, de Nupt. et conc, I, 8 et c. Julian., iv, 10, incline vers ce sentiment , qui a aussi été celui de saint Thomas d'Aquin. Mais Tertullien, saint Jean Chrysostome, Théodoret, Théophylacte, et beaucoup d'exégètes modernes ou contemporains, à leur exemple, préfèrent voir d'une manière générale dans axeOoç , « vas », le corps de chaque fidèle, corps que nous devons possidere in sanctificatione..., c.-à-d., conserver chaste et pur. Tette explication est pent-ôtre encore plus acceptable que la précédente. En effet, elle est plus simple; elle se justifie par l'usage de ces temps ( corap. l'Ep. de Barnabe , vu , 3 , où le corps est appelé « le vase de l'esprit » ; Philon et d'autres anciens auteurs, qui le nomment « le vase de l'âme »); bien plus, II Cor. IV, 7, saint Paul lui-même se sert de l'expression « vase d'argile * pour désigner le corps humain. Quant au verbe XTÔcrrôai, s'il est vrai qu'il a d'ordinaire la signification d'acquérir, il n'est pas moins oertîtin qu'on lo trouve plus d'une fois employé (par les LXX, dans le Nouveau Testament, par les Pères grecs) dans le sens de posséder, ou (comme dans la circonstance présente, si l'on admet cette seconde interprétation), de faire acte de possession. « La victime des passions sensuelles cesse d'être maîtresse de sa propre personne; elle est comme possédée. Ceux donc qui avaient 'Vécu autrefois dans l'impureté du paganisme

devaient maintenant, comme chrétiens, reprendre possession de leurs corps, acquérir ce vase redevenu précieux ». — Et honore. De même que la débauche dégrade et déshonore le corps humain (cf. I Cor. vi, 15), de même la chasteté l'honore singulièrement. — Noa in passione... (vers. 5). Contraste avec ce qui précède. Comme commentaire, lisez Rom. i, 14 et 26, Dans ce même endroit, l'apôtre affirme que l'impureté des païens est un châtiment de leur ignorance coupable par rapport à Dieu et à ses attributs (quse ignorant...). — Et ne qvis... (vers. 6). D'après des exégètes assez nonibreuxj la première partie de ce verset nous ferait subitement passer à un autre sujet : l'apôtre n'exhorterait plus à la chasteté, mais à l'honnêteté dans les affaires commerciales (c'est le sens qu'ils donnent aux mots in negotio ). Assurément, cette exhortation ne serait pas déplacée à Thessalonique , car l'avarice était aussi un vice capital des païens (cf. Eph. iv, 19 et ss. ; Col. m , 5 , etc.) , et les Grecs , en général , ne Jouissaient pas d'une excellente réputation comme négociants. Mais il est mieux de rattacher encore ce passage à la pureté, car, d'un côté, il est encore question d'elle au vers. 7, et, de l'autre, la présence de l'article dans la formule àv tÔ) izpiiy[ioi.Ti paraît Indiquer que saint Paul voulait désigner « la chose » particulière qui l'occupe depuis le vers. 3. C'est par conséquent l'adultère qu'il Interdirait ici d'une manière spéciale; rien, d'ailleurs, ne lèse davantage les intérêts les plus sacrés du prochain. — Quoniam vindex... L'apôtre rappelle brièvement le sort réservé aux impudiques. Cf. Hebr. xiii, 4. — Sicvt prsediximus... Il avait clairement et solennellement averti les Thessaloniciens de vive voix sur ces divers points. Comp. les vers. 1 et 2. — Non enim... (vers. 7). Raison pour laquelle le Seigneur sévira avec une grande sévérité contre les impudiques. — Vocavit nos. Cet appel est le point de départ de la vie du chrétien, qui doit conformer sa conduite au plan divin, dans les moindres détails. Cf. Eph. iv, 1. — In immunditiam, sed in... Dans le grec, il y a un changement extraordinaire de prépositions : oux eTtt (pas en vue de)..., àXX'ev (mais dans)... La îjaintete est pour ainsi dire l'élément dans lequel le

I Thess. IV, 8-11.

8. Itaqiie qui base spernit, non hominera spernit, sed Deum, qui etiam dédit S[)iritum suum sanctum in nobis,

9. De caritate autem fraternitatis non necesse habemus scribere vobis ; ipsi enim vos a Deo didicistis ut diligatis invicem.

10. Etenira illud facifis in omnes fratres in universa Macedonia. Rogamus autem vos, fratres, ut abundetis magis,

11. et operam detis ut quieti sitis, et ut vestrum negotium agatis, et operemini manibus vestris, sicut praecepimns vobis ; et ut honeste arabuletis ad eos qui foris sunt, et nullius aliquid desideretis.

8. Celui donc qui méprise ces règles, ne méprise pas un homme, mais Dieu, qui a aussi mis son Esprit -Saint en nous.

9. Quant à la charité fraternelle , vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive, car vous-mêmes vous avez appris de Dieu à vous aimer les uns les autres.

10. Aussi bien, vous le faites envers tous les frères dans la Mac Moine entière. Mais je vous exhorte, frères, à le faire de plus en plus,

11. et à vous appliquer à vivre tranquilles , et à vous occuper de vos affaires, et à travailler de vos mains, comme nous vous l'avons ordonné, de sorte que vous vous conduisiez honnêtement envers ceux du dehors, et que vous n'ayez besoin de personne.

chréiien a été placé par Dieu; l'impureté est un résultat qui dépend de lui seul. — Itaque... (vers. 8). Conséquence de ce qui précède : si quelqu'un méprisait cette exhortation à la chasteté, son mépris ne retomberait pas sur un homme, sur Paul, mais sur Dieu lui-même, puisque c'est lui qui impose la chasteté aux chrétiens. Le pronom héec est une excellente glose ajoutée par la Vulgate. — Qui etiam dédit (au présent, d'après la meilleure leçon : tÔv ôtôovTa).., Circonstance aggravante, car l'impureté est un affront spécial pour l'Esprit- Saint, qui habite d'une façon intime dans l'âme des fidèles. Cf. I Cor. vi, 19. Sur cette habitation permanente, voyez Joan. xiv, 16-17; Rom. VIIT, 14-17; Gai. iv, 6-7; Eph. I, 13-14, etc.

30 Exhortation à la charité fraternelle et à une vie réglée, laborieuse. IV, 9-11.

La manière dont l'apôtre unit ces deux avis montre qu'à Thessalonique quelques membres de la communauté chrétienne s'étaient mis à abuser de l'esprit de charité de leurs frères, dont ils profitaient p(mr se livrer à la fainéantise.

9-10. L'amour fraternel. — De carVate... non necesse... Petite introduction très flatte"se. Sur d'autres points, les Thessaloniciens avaient besoin d'être avertis ; mais non en ce iq ni regardait la charité mutuelle. Comp. le vers. 10. — Paul signale deux motifs de ce « Non necesse ». Le premier consistait en un fait intéricui*, tout divin : Ipsi... vos (pronoms accentués) a Deo didicistis ( le mot grec ôsoôtSaxTot n'est pas employé ailleurs dans le Nouveau Testament)... L'Esprit de Dieu , qui réside dans les chrétiens (comp. le vers. S*»), les instruit, et il leur apprend entre autres choses qu'ils doivent s'aimer les uns les autres. Cf. I Joan. it, 27 et III, 14. — Le second motif était un fait extérieur, facile à constater dans la condnite des Thessaloniciens : illud facitis... Ils se conformaient à la leçon divine avec une générosité pratique qui s'étendait à tous (in ojnnes...),

dans toute la contrée (in universa...). — lîogamus autem... Invitation affectueuse, pour les porter à ne point s'arrêter en si beau chemin. — ' Ut ubundetis... Comme au vers. 1". Ici, être de plus en plus charitables.

11. La vie calme, réglée, laborieus-e. Comp. II Thess. III, 6 et ss., où l'apôtre rcv^iendra en termes encore plus énergiques sur cette recommandation. — Operam deti^. Le grec çcXqti- (j.£'.cr6at signifie plutôt : tenir à honneur de faire telle ou telle chose. — Ut quieti siiis (r^(7V^ yà^eiv ), Il y a une fine pointe d'esprit dans l'association de ces deux expressions : mettre son honneur, non pas dans l'activité, mais dans la tranquillité et le calme. Le trouble régnait donc jusqu'à un certain point dans l'Église de Thessalonique, et sans doute, d'après le contexte (comp. les vers. 12 et ss. ; II Thess. n, 1 et ss.) , parce que plusieurs des fidèle**, supposant que le second avènement de Jésus - Christ était imminent, négligeaient leurs occupations, Ic'ifs travaux, et se contentaient de vivre au jour le jour. — Vestrum negotium... Dans le grec : faire vos propres affaires. — Et opèremini manibus... Ce trait prouve qu'à Thessalonique, comme dans la plupart des chrétientés, un grand nombre des nouveaux convertis api>arten aient aux classes inférieures. Voyez I Cor. I, 26 et le commentaire. — Sicut prœcepimus... Comp. le vers. 6*'. On voit par ce détail avec quelle habileté saint Paul savait ass'cier les recommandations pratiques les plus simples aux théories doctrinales les plus relevées. — Et ut honeste... Raison spéciale de faire cesser l'abus signalé : les Juifs et les païens (eos qui foris; voyez I Cor. v, 12 et les note.-) en profitaient pour mépriser les chrétiens. — Autre motif, très digne aussi : et nullius aliquid... Mieux peut-être : Et que vous n'ayez besoin de personne ; c- à - d., que vous soyez indépendîints de la charité publique. — Dans les éditions grecques, un nouveau verset commen-e avec les mots a Et ut honeste... », de soru

I Thess. IV. 12-13.

12. Mais nous ne voulons pas, mes frères, que vous soyez dans Tignoiance au sujet de ceux qui se sont endormis, afin que vous ne vous attristiez pas, comme les autres qui n'ont pas d'espérance.

13. Car si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, croyons aussi que Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis en lui.

12. Nolumus autem vos ignorare, fratres, de dormientibus ut non con tristemini, sicut et ceteri qui spem non habeat.

13. Si enim credimus quod Jésus mortuus est et resurrexit, ita et Deus eos qui dormierunt per Jesum adducet cum eo.

que le chapitre a dix -huit versets au lieu de dix -sep t.

§ II. — Instruction doctrinale relative au second avènement du Christ. IV, 12 -V, 11.

C'est le passage le plus important de cette épître. L'auteur l'aborde et le traite en termes très simples, car il s'agit d'un point dont il avait longuement entretenu les Thessaloniciens, quoiqu'ils eussent besoin de nouveaux éclaircissements. Les vers. 12-17 du chap. iv sont consacrés à la solution d'une difficulté relative à la résurrection des morts ; saint Paul décrit ensuite le caractère soudain du retour de Jésus- Christ et en tire des conclusions pratiques. V, l-ll.

1° Les Thessaloniciens ne doivent pas se troubler au sujet de la résurrection de leurs frères morts récemment. IV, 12-17.

12. Principe général servant d'introduction. — La formule NolUf<us... vos ignorare est familière a saint Paul (cf. Rom. i, 13; I Cor. x, 1 et XII, 1 ; II Cor. i, 8. Il en est de même du hA euphémisme xoifJiaaOai, dormir (de dorvnenlihus; comp. les vers. 13 et 14), pour désigner la mort (cf. I Cor. vu, 39; xi, 30; XV, 6, etc.). Celle-ci n'est qu'un sommeil momentané, si on se représente la résurrection et la vie éternelle toute glorieuse qui la suivra. Comp. les vers. IS** et 16; Marc, v, 39; Joan. XI, 11, etc. — Ut non contristemini... Les chrétiens de Thessalonique avaient été plongés, depuis le départ de lapôire, dans une profonde tristesse par la mort de plusieurs d'entre eux. Au deuil ordinaire que causait cette séparation s'était jointe une très vive inquiétude au sujet du sort de ces chers défunts : on se demandait avec angoisse s'il leur serait donné d'avoir part au royaume du Christ, dont on supposait l'avènement très prochain. — Paul les engnge d'abord, d'une manière générale, à ne point s'attrister au sujet de leurs morts sicut et ceteri qui... Les « autres », dont l'apôtre parle ici avec un accent pathétique, so-it évid-^ tiimtmt les païens,- dont le manque d'espérance était

Géuie fuuèbre.

C Pierre gravée. )

alors un des principaux caractères. Cf. Eiih. ii, 12. Sans doute, le dogme de rimmortaiité de

I âme a eu parmi eux de nombreux et d illustres adeptes ; mais la plupart d'entre eux , surtout à cette époque, semblent n'y avoir pas même songé, regardant la mort comme un « sûr repos » et un « sommeil éternel ». Voyez Lucrèce, III, 942 et ss. ; Catulle, v, 4 et sp., etc. Si les chrétiens peuvent pleurer leurs morts, Paul a raison de s'opposer à ce qu'ils le fassent comme s'ils étaient sans espoir à leur sujet. Voyez sur ce point un beau passage de saint Augustin , Sermo 32. Au reste, l'anxiété des Thessaloniciens ne portait pas sur la résurrection de leurs frères défunts, mais sur leur participation aux Joies du glorieux avènement de Jésus - Christ.

13. Pourquoi les fidèles auraient tort de s'affliger d'une manière démesurée au sujet de leurs morts. — Si enim credimus... La forme donnée à l'assertion n'est hypothétique qu'en apparence, dès là qu'il est question de deux dogmes essentiels du christ'anisme {Jésus mortuus... et resurrexit). Le sens esc donc : Puisque nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, de même nous devons croire que Dieu ramènera avec lui... L'argument est très condensé ; mais il était plein de clarté pour ces néophytes, qui avaient entendu naguère les développements de l'apôtre, comme il l'est encore pour ceux qui ont tant soit peu étudié sa doctrine. Entre le Christ et les chrétiens, il existe une union des plus étroites, à tel point qu'ils ne forment tous ensemble qu'un seul et môme organisme, un seul et même corps : Jésus -Christ est la têie, le chef; les fidèles sont les membres. Ce que ce divin chef exécute et expérimente, ses niembres mystiques l'éprouvent aussi; Ils sont morts avec lui, ils participeront de môme à sa résurrection. Cf. Roin. VI, 3 et ss., etc. — Les mots per Jesum ne se rapportent pas au verbe dormierunt, car on s'attendrait dans ce cas à une autre formule («in Jesu »; voyez le vers. 16, « mortui qui in Christo... »), mais à adducet. Saint Paul part de cette pensée, que c'est Dieu qui a ressuscité Notre - Seigneur Jésus- Christ (cf. Kom. IV, ?4 et vu, 4; I Cor. vi, 14 et xv, 15;

II Cor. IV, 14; Gai. i, 1; Bph. i, 20, etc.). C'est Dieu aussi, mais par l'intermédiaire de Jésus, qui ressuscitera un jour les chrétiens (cf. I Cor. XV, 21, etc.), et qui les réunira à leur bien -aimé Sauveur (cum eo) , lors de son apparition glorieuse à la fin des temps.

I TiiE>^s. IV, 14-16.

14. Hoc enira vobis dicimus ia verbo Domini, quia nos qui viviraus, qui residui sumus in adventum Domini, non prœveniemus eos qui dormierunt.

15. Quoniam ipse Dominus in jussu, et in voce archangeli, et in tuba Dei descendet de caelo ; et mortui qui in Christo sunt résurgent primi.

16. Deinde nos, qui viviraus, qui relinquimur, simul rapiemur cum illis in

14. Ccir voici ce que nous vous déclarons , d'après la parole du Seigneur : nous les vivants, qui sommes réservés pour l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis.

15. Car le Seigneui lui-même, au signal donné, à la voix d'un archange et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et ceux qui seront morts dans le Christ ressusciteront d'abord.

16. Ensuite nous, les vivants, qui aurons été laissés, nous serons enlevés ensemble

14-16. Brève description du second avènement de Jésus -Christ. C'est ici la réponse proprement dite de l'apôtre à la question tacite ou formelle des Thessaloniciens : elle développe la promesse consolante du vers. 13, — Eoc enira... dicimus... Formule solennelle d'introduction. Paul annonce qu'il va parler in verbo Domini (èv Xéyo) xupfou), et il entend certainement par l'expression « parole du Seigneur » une révélation qu'il tenait directement du Christ (saint Jean Chrysostome, et la plupart des commentateurs croyants; comp. I Cor. vn, 10; Gai. II, 2, etc.), et non pas une des prédictions faites autrefois par le divin Maître à ses disciples (par exemple, Matth. xxiv, 3lX — Nos qui vivimus. Ces mots sont expliqués par les suivants, qui residui... in adventum... Il s'agit donc des chrétiens qui vivront encore lorsque Jésus -Christ fera soudain son apparition pour juger les vivants et les morts. Ici et au vers. 16, comme en plusieurs autres endroits où il traite de la fin du monde (cf. Rom. xni, 11; I Cor. XV, 51-52; II Cor. v, 4), saint Paul 66 met directement en scène, non parce qu'il croyait que cet avènement était prochain, mais par une simple figure de rhétorique ( 1' « enallage personae »), ainsi que l'admettent presque unanimement les interprètes catholiques, à la suite de saint Jean Chrysostome, de Théodoret, d'Estins, etc. D ms ce passage, de même que dans les lignes parallèles I Cor. xv, 51 et ss., il ne se propose nullement de fixer la date du second avènement de Jésus, date qu'il avouera bientôt ne pas connaître (cf. v, 1 et ss.); il se borne à exposer les faits d'après leur ordre Buccessif. Voyez nos commentaires de Rom. viii, 11, et de I Cor. xv, 51. L'apôtre indique lui-même ailleurs, II Thess. ii, 2 et ss., ce qui retardait alors la fin des temps. — Non praeveniemus... Cette expression fait image; elle a pour base la course dans l'arène, si familière à saint Paul. Les chrétiens de Thessalonique craignaient que leurs frères défunts n'eussent aucune part aux fêtes triomphales du retour de Jésus -Christ; Paul dit, au contraire, qu'ils y assisteront en même temps que ceux qui vivront alors. Ces derniers ne jouiront d'aucun privilège par rapport à eux. — Quoniam... (vers. 15). Ici commence la description de quelques-unes des circonstances qui accompagneront la Tiapouffi'a

( Vulg., « adventus » ; comp. le vers. 14*' ) , c.-à-d., le second avènement du Christ. Elle est destinée à démontrer qu'en vérité les vivants « ne devanctront pas » les morts en ce grand jour; ce sont au contraire les morts qui auront la priorité. Parmi les faits qu'il mentionne, l'auteur choisit ceux qui vont directement à son sujet; il néglige entièrement les autres. — Ipse Dominus. Le pronom est accentué, et met le substantif très fortement en relief : le Seigneur Jésus-Christ lui-même, dans sa personne auguste, descendu du ciel sur la terre pour remplir son rôle de juge souverain. — In jussu. Le mot grec xéXeuTfJi.a désigne d'ordinaire l'ordre que le chef d'une armée adresse à ses soldats. Cet ordre représente le signal de la résurrection des morts, donné ou par Dieu le Père, ou par Notre - Seigneur Jésus -Christ, au moyen, soit de la voix retentissante d'un archange, in voce... (l'archange saint Michel, d'après de nombreux interprètes catholiques : saint Thomas d'Aquin, Nicolas de Lyre, Estius, etc.), soit d'une trompette divine, in tuba... Sur ce dernier ti'ait, voyez I Cor. xv, 52 et le commentaire. — A ce triple signal, le Christ descendet de cœlo , environné d'anges nombreux. Et aussitôt se passeront les faits qui avaient tant d'importance pour rassurer les cœurs troublés de The.>"salonique. — MortuA qui in Christo... C.-à-d., les chrétiens fidèles et saints qui, même après leur mort, sont demeurés unis à Jésus- Chriht. L'apôtre ne parle pas des pécheurs, parce que cela n'entrait pas dans son plan. — Résurgent primi. D'après la meilleure leçon du grec : en premier lieu (TiptoTOv, « primutn »); c.-à-d., avant les chrétiens qui vivront encore à cette époque. — Deinde nos... (vers 16). Les faits se succéderont avec une étonnante rapidité , comme il e'^t dit I Cor. xv, 52. — Simul rapiemur. Ce verbe suppose l'action d'une force soudaine, irrésistible, qui entraînera au-devant du Christ, dans les sphères inférieures du ciel (in nubibus; cf. Matth. XXIV, 30), tous les chrétiens, qui ne formeront plus désormais qu'une seule catégorie, sans distinction de morts et de vivants. Comp. I Cor. xv, 52^ où il est parlé de la transformation mystérieuse qui aura lieu pour ces derniers. — In aéra. Et de là dans le ciel, où se vérifiera la parole pleine de Buayité qui

I Thess. IV, 17 - V, 4.

avec eux dans les nuées, pour aller à la rencontre du Seigneur dans les airs; et ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. ►

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