‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 443 sur 873 · Que personne ne vous séduise en · texte numérisé non relu

Que personne ne vous séduise en

ment sert d'exorde, vers. 1-2. Paul indique ensuite, vers. 3-11, un signe terrible, éclatant, qui devra précéder le retour du Christ : ce sera, sous diverses formes, mais plus spécialement dans la personne et dans les œuvres de l'Antéchrist, une manifestation colossale du mal. Les vers. 12-16 contiennent quelques paroles de consolation et de réconfort, à la suite de cette prophctio douloureuse.

1^ Grave avertissement. II, 1-2.

Chap. II. — 1-2. Introduction à l'instruction dogmatique qui concerne la fin des temps. — Rogamus autem... Après avoir prié pour les The?saloniciens (i, 11), Paul leur, adresse luimême une pressante requête. — Per adventum... En cet endroit, la préposition vnép n'a pas le sens que lui a donné la Vulgate. Il faut la traduire par : relativement à, pour ce qui est de. T-'apôtre va dune parler de nouveau du second avènement de Notre - Seigneur Jésus - Christ , de

Jeune fille écrivant. (Peinture d'Herculanum.)

la Tuapouffi'a, comme il la nomme maintenant ( voyez le vers. 7; I Tliess. iv, U*" et les notes). — Et nostrse congregationis... C.-à-d. : relativement à la réunion des chrétiens à leur Maître bien -aimé, lorsqu'il reviendra ici -bas pour les chercher et les emmener avec lui dans le ciel. Voyez I The8s. iv, 16. — Ut non cito... Tel est l'objet direct de la demande de saint Paul. II y a gradation ascendante dans les deux verbes <TaXeu6Yivai (moveamini) et OpoeTffôat (terreamini), très expressifs l'un et l'autre. Le premier marque une agitation profonde et violente, spécialement celle des eaux de l'océan; le second se dit d'un grand bruit ou d'un tumulte qui Jette l'effroi au cœur. — A veatro sensu ; se

laisser troubler au point de perdre l'équilibre moral. L'adverbe Ta^éw;, « cito », fait allusion à la promptitude avec laquelle le trouble s'était produit : que les Thessaloniciens surveillent donc leurs impressions premières, lorsqu'ils apprennent, d'une manière ou de l'autre, des nouvelles « à sensation », et qu'ils s'efforcent de demeurer calmes. — Neque per..., neque..., neque... Des nouvelles de ce genre, portant sur la proximité imminente de la fin du monde, étaient parvenues à Thessalonique de trois manières, prétendait-on. D'abord per spiritum (Sià Tzvz\)\t.x- Toç ) : par une révélation prophétique due à l'Bsprit-Saint (comp. I Thess. v, 19, où Paul suppose que le don de prophétie était une manifestation spirituelle bien connue de ses lecteurs). En second lieu, per sermonem ( 6tà Xoyou ) : par une parole, une affirmation très nette qu'on prêtait à l'apôtre sur ce point. Enfin per epistolam : par une lettre apocryphe qu'on faisait circuler sous son nom , ou du moins par une fausse interprétation donnée à certains passages de sa première épître. Après les mots tanquam per nos, le grec n'ajoute pas le participe missam; la formule wç ôt'yifjLÛv, « comme venant de nous », retombe donc sur les trois clauses qui précèdent. Ceux qui répandaient le faux bruit quasi instet... attribuaient à saint Paul soit la prophétie, soit l'affirmation, soit la lettre. Il certifie implicitement qu'il n'avait eu aucune part h tout cela. — Sur la formule dies Domini, voyez I Thess. V, 2, etc.

2° Description de ce qui devra précéder le second avènement du Christ. II, 3-11.

Elle présente, sur plus d'un point, d'assez grandes difficultés à l'exégète. Cela tient surtout à sa forme apocalyptique; il y a, dans le langage même, du mystère, de la réticence, et aussi des allusions à des communications orales que l'apôtre avait faites aux Thessaloniciens. Ceux-ci pouvaient donc se reporter à leurs souvenirs, et comprendre aisémentce que signifiaient certaines expressions qui nous embarrassent. Du moins, le sens général demeure clair, et la plupart des détails s'expliquent sans trop de peine.

3-6. Le glorieux avènement de Jésus -Christ n'est pas aussi imminent qu'on veut le faire accroire aux chrétiens de Thessalonique ; il n'aura lieu qu'après que deux « faits précurseurs » se seront accomplis. — Ne quis... seducat. . . Paul met ses lecteurs en garde contre les divers moyens de supercherie mentionnés cidessus. Pour le faire avec plus de force, il Indique plutieurs circonstances qui, d'après le plan divin, devront nécessairement précéder le retour

II Thess. Il, 4-6.

aucune manière; car il faut que l'apostasie arrive auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme de péché, le til« de la perdition ,

4. l'adversaire qui s'élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est adoré, jusqu'à s'asseoir dans le temple de Dieu, se faisant lui-même passer pour Dieu.

5, Ne vous souvenez - vous pas que je vous ai dit" ces choses, lorsque j'étais encore auprès de vous ?

quoniara nisi venerit discessio primum, et revelatus fuerit homo peccati, filius perditionis ,

4. qui adversatar et extollitur supra omne quod dicitur Deus, aut quod colitur, ita ut in templo Dei sedeat, ostendens se tanquam sit Deus.

5. Non retinetis quod, cum adhuc essem apud vos , haec dicebam vobis ?

du Christ. — Quoniam nisi... La phrase qui commence ici est restée inachevée : absorbé par scu énumération des vices de « l'homme de péché », et passant ensuite brusquement à son reproche du vers. 6, l'écrivain sacré a oublié de la compléter. Il est aisé de le faire, en ajoutant à la fin du vers. 4 les mots : « non instabit dies Domini », ou quelque formule analogue. — Nisi venerit. . . primum. C'est le premier des deux faits préliminaires. Il consistera, d'api'ès l'expression énergique du grec, en une apostasie tristement remarquable (i] aTioaTacria, avec l'article défini : l'apostasie par excellence, ou l'aEfreuse apostasie dont je vous ai parlé; comp. le vers. 5 ) , dans la défection d'un grand nombre de chrétiens, qui se sépareront ouvertement de Jésus -Christ. Cf. I Tim. iv, 1 ; II Petr. ii, 1, etc. C'est à tort que quelques commentateurs anciens et modernes ont attribué à cette apostasie un caractère politique, comme s'il s'agissait de la révolte des Juifs contre les Romains , etc. ; -à tort aussi qu'on a pris parfois le substantif àTroataaia dans le sens du concret, « l'apostat », et qu'on lui a fait désigner l'Antéchrist. Il s'agit d'un fait religieux , antérieur à l'apparition de l'homme de péché. — Et revelatus fuerit (aTiox.aX'uçÔYi)... Ce sera le second des faits précurseurs. Manifestation terrible, directement opposée à celle du Christ : de là vient précisément le nom d'Antéchrist (6 'AvTr/pto-To;), que lui donne saint Jean (cf. I Joan. ii, 18, 22, etc.). — Cet ennemi de Dieu et des hommes reçoit ici deux autres appellations curatéristiques : homo peccati et Jilius perditionis. Au sujet de la première, les manuscrits grecs se partagent entre la leçon « homme de péché » (Tr|ç àfAapTtaç, comme a lu la Vulg.) et « homme d'opposition à la loi » (ttjç àvofAïaç). Elle désigne l'Antéchrist comme l'incarnation du péché, comme « l'organe et le promoteur de tout mal » moral, ou, d'après la variante àvo[j,(aç, comme opposé .en principe et par sa na(ure même à toutes les lois divines. La seconde est un hébraïsme qui signifie : voué d'avance à la destruction, à la ruine qui est la conséquence nécessaire du péché; par conséquent, le damné par antonomase. Comp. Joan. xvii, 12, où Judas reçoit ce même nom. — Après avoir ainsi indiqué le caractère essentiel (« l'homme de péché ») et la 'Jaitlaée finale in )6 ûln de la perdition ») de

l'Antéchrist, saint Paul expose, avec la même concision vigoureuse, les circonstances principales de sa manifestation extérieure et de sa conduite publique (vers. 4). Il apparaîtra d'abord comme « le contradicteur » (6 àvxtxecfj.evoç, qui adversatur) soit de Dieu, soit du Christ, auxquels il ne cessera de s'opposer de mille manières. Il sera donc, dans le sens le plus absolu, l'ennemi de Dieu et de Jésus -Christ. — Ce trait est développé par les mots et extollitur supra..., (Û7rspaipo[xévoç èTcl, s'élevant excessivement contre)..., qui mettent dans un étonnant relief l'opposition faite à Dieu par l'Antéchrist, puisqu'il ira jusqu'à vouloir occuper lui-même la place de Dieu et se faire adorer par les hommes. — La formule omne quod dicitur... aut quod... est digne d'attention (à la lettre dans le grec : tout ce qui est appelé I ieu ou objet d'adoration ). Elle montre, en effet, que l'homme d'iniquité ne fera pas seulement la guerre au vrai Dieu et à la vraie religion, mais h tous les cultes existants; il voudra être adoré lui seul, comme le « prince Impie dont Daniel, xi, 36-37, trace un portrait qui a plus d'une ressemblance avec celui-ci. » — In templo Dei. Cette expression doit être prise dans un sens général, d'après le contexte. Elle ne désigne donc pas le temple de Jérusalem, mais soit l'Eglise chrétienne tout entière, envisagée comme un temple mystique (saint Jean Chrys., Théodoret, saint Jérôme, Estius, etc.), soit l'ensemble des édifices consacrés au vrai Dieu. « Le grand usurpateur s'appropriera tous les sanctuaires religieux » , pour s'y faire rendre les honneurs divins. — Ostendens se tanquam... C'est au moyen des miracles diaboliques signalés plus bas (comp. les vers. 9 et 10») que l'Antéchrist prétendra démontrer qu'il est Dieu. — Non retinetis... (vei's. 5). L'apôtre s'interrompt vivement, pour rappeler à ses lecteurs que son enseignement oral avait porté sur ces divers points. Il y a évidemment un reproche dans cette question : si les Thessaloniclens s'étaient souvenus, ils n'auraient pas cru que 16 Christ était prêt â paraître, et ils ne se seraient pas livrés à des préoccupations trouhlantes.

6-7. Ce qui arrête la manifestation de l'Antéchrist, et par conséquent celle de Jésus -Christ lui - même. — Paul avait pareillement développé ce thème devant les TheMalo&loieiu, et il sup-

ri Thess. II, 6-7.

6. Et nunc quid detiiieat scitis, ut reveletur in isuo tempore.

7. Nam mysterium jam operatur iuiquitatis ; tantum ut qui tenet nunc , teneat, donec de medio fiât.

6. Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne paraisse qu'en son temps.

7. Car le mj^stère d'iniquité est actif déjà; seulement il faut que celui qui le retient encore soit mis de côté.

pose qu'ils n'ont pas oublié ce qu'il leur avait dit : scitis. C'est pourquoi il est d'une brièveté particulière dans ces deux versets , qui sont aussi les plus obscurs pour nous. — Les mots et nunc sont regardés par les uns comme une simple formule de transition ; par les autres , et cela semble meilleur, comme équivalant à l'expression : Pour ce qui est du temps présent. — Quid detineat, to xaTéxov : ce qui retient l'Antéchrist, l'obstacle qui retarde son apparition. Nous essayerons de déterminer un peu plus bas ce qu'il faut entendre par là. — Vt reveletur... Quand cet obstacle aura dii-paru, l'homme de péché pourra se manifester ep'-uite librement. — In suo tempore : en un temps qu'il pourra nommer sien, Dieu le permettant ainsi dans ses desseins providentiels. — Nam... jam... (vers. 7). Quoique ce temps ne soit pas encore venu, on peut constater les symptômes des maux terribles qu'il doit déchaîner sur le monde. — Mysterium,... iniqaitatis (xb [jLUdXT]piov T-?i; àvo[ji.iaç). Comme il a été dit plus haut (notes du vers. 3*>), le substantif àvo[jLta représente l'opposition à la loi divine; par conséquent, le péché en tant qu'il est une révolte contre la loi de Dieu. Le mot mystère est opposé au verbe « revbletur » du vers. 6. Par mystère de l'iniquité (comp. l'idée contraire : le mystère de la piété, I Tim. m, 16), l'apôtre entend un degré extraordinaire d'opposition à Dieu, une sorte de concentration de la malice humaine, analogue à l'apostasie mentionnée au vers. 3 et dont elle forme d'ailleurs la partie préliminaire. — Il est dit de cette malice ; jam operatur. Jamais, sans doute, elle n'a cessé de se montrer active depuis la chute du premier homme; mais il y a des époques de crise, où elle agit avec plus de violence et d'intenelté. Paul la voyait donc à l'œuvre ; mais le mystère consistait en ce que la plupart des hommes étaient incapables, comme ils le sont encore aujourd'hui, d'en rattacher les traits épars à l'avènement futur de l'Antéchrist. Elle se manifestait spécialement alors, aux yeux de l'apôtre, <lans les persécutions qui éclataient presque partout contre l'Église. Depuis, elle a pris des formes multiples dans le cours des siècles ( les hérésies, les révolutions, les grandes guerres injustes, etc.), et elle en saura prendre d'autres encore. C'est Satan qui la dirige ; heureusement, la grâce de Jésus -Christ est là, qui agit mystérieusement aussi pour sauver les siens. — Tantum ut qui. . . D'après cette traduction de la Vulgate, nous aurions ici une recommandation de saint Paul, intercalée par lui au milieu de sa description : Que celui qui possède le Christ et lu vraie loi les retienne fermement, jusqu'à

ce que la grande apostasie ait pris fin. Mais le grec n'a pas du tout go sens. Il oflEre une petite phrase unique, vigoureuse ( {Jlovov ô xaTÉ/ov apxi swç èx {JLsa-ou ysvrjTat), qui équivaut très littéralement à ces mots latins : « Tantum qui detinet nunc donec de medio fiât ». C.-à-d., en rétablissant l'ordre régulier de la construction : « Tantum donec qui detinet nunc de medio fiât ». L'Antéchrist ne fera son apparition que lorsque celui qui y met obstacle ( ô xaxé^œv ) aura été mis de côté. On le voit, l'expression ô xaT£}(a)v est presque identique à to xa-é/ov (« quid detineat ») du vers. 6«; il y a la seule différence que celle-ci est au neutre et désigne un principe abstrait, tandis que celle-là est au masculin et représente un principe concret , personnel. Mais qu'y a-t-il de caché derrière ces deux expressions? Il est assez difficile de le déterminer ; c'est même le point le plus obscur de tout ce passage, comme le prouvent les opinions très divergentes qui se sont formées à leur sujet dans le cours des siècles. On est en droit de dire, d'une manière générale, que les deux forces en question, ff ce qui retient » et « celui qui retient » , ont dans la pensée de l'apôtre un caractère bienfaisant, puisqu'elles empêchent de fait l'arrivée de l'Antechrl&t. De plus , elles existaient du temps de saint Paul, car 11 en parle comme de choses actuelles, et elles existent encore de nos jours, dès là que l'homme de péché n'a pas encore paru. Comme répondant à l'idée du xaxé^^wv personnel, on a cité Notre- Seigneur Jésus - Christ , saint Paul lui-même, et d'autres nombreux personnages", comme représentant le xaxsxov abstrait, l'Eglise chrétienne et son heureuse influence sur le monde, le décret immuable de Dieu qui retarde la venue de l'Antechri&t jusqu'à la fin des temps, etc. D'après un sentiment très goûté dans l'antiquité, au moyen âge et même de nos jours, « ce qui retient » aurait consisté dans l'empire romain et sa puissante organisation, ses lois admirables; « celui qui retient », dans chaque empereur successif. Ces deux forces, nous disent les partisans de ce système, empêchaient en réalité le mal de bouleverser le monde et d'en accélérer la fin. L'empire romain ayant depuis longtemps disparu, on lui a donné pour successeur le saint -empire, ou l'État chrétien en général. On ne peut nier qu'il n'y ait du bon dans cette opinion, qui est encore aujourd'hui celle d'excellents exégètes catholiques et protestants; en effet, il est certain, pour citer un fait particulier, que la législation romaine, qui est devenue plus ou moins celle de la plupart des États chrétiens, a beaucoup contribué au maintien de l'ordre moral dans la société. Si les em*

Il Thess. II, 8-10.

8. Et alors se manifestera cet impie, que le Seigneur Jésus tuera par le souffle de sa bouche , et qu'il détruira par l'éclat de son avènement.

9. L'avènement de cet impie aura lieu selon la puissance de Satan , avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges trompeurs,

10. et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent, parce qu'ils n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés. C'est pourquoi Dieu leur enverra une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge ,

8. Et tune revelabitur ille iniquus, quem Dominus Jésus interficiet spiritu oris sui, et destruet illustratione adventus sui eum ;

9. cujus est adventus secundum operationem Satanée, in omni virtute, et signis, et prodigiis mendacibus,

10. et in omni seductione iniquitatis lis qui pereunt, eo quod caritatem veritatis non receperunt ut salvi fièrent.

Ideo mittet illis Deus operationem erroris, ut credant mendacio.

pereurs païens et autres sont loin d'avoir été toujours parfaits, ils étaient cependant, par leurs fonctions mêmes, les représentants de l'autorité, et les plus mauvais ont agi en ce sens contre le mal. Après ce court exposé, qu'il sera aisé de compléter en lisant les grands commentaires (voyez en particulier ceux de Cornélius a Lapide et de Calmet), il est difficile de ne pas dire avec saint Augustin, de Civ. Del, XX, 19, 2 : « Nous qui ignorons ce que savaient les Thessaloniciens (comp. le vers. 6 ) , nous voudrions découvrir, même au prix du travail, ce qu'a voulu dire l'apôtre ; mais nous ne le pouvons pas, surtout parce que ce qu'il a ajouté rend le sens plus obscur. Pour moi, j'avoue franchement que j'ignore tout à fait ce qu'il a dit. »

8-11. Apparition de l'Antechi-ist, et motif pour lequel Dieu lui permettra d'exercer pendant quelque temps sa puissance désastreuse.

— Et tune. C.-à-d., lorsque tout ce qui retardait la venue de l'homme de péché aura cessé d'agir, lorsque « son propre tempa » (comp. le vers. 6*>) sera venu. — Revelabitur. Même expression qu'au vers. 6. La puissance de l'Antéchrist éclatera alors avec une violence extrême. — Ille iniquus. Dans le grec : ô avo- |xoç, cet homme en qui ràvo[xta (voyez les notes du ver?. S'»), l'opposition à la loi divine, sera pour ainsi dire personnifiée. — Que?» Dominus... Comme au vers. 3, l'apôtre se hâte d'annoncer que l'Antéchrist n'aura qu'un triomphe passager, et que la destruction l'atteindra lorsqu'il se croira plus fort que jamais. — La phrase interficiet spiritu oris... et destruet... semble être une réminiscence d'Isaïe, xi, 4. Elle exprime en un très beau langage la rapidité et le caractère irrésistible de la ruine de l'Antéchrist. Le souffle de Jésus et la première lueur {illustratione) de son apparition au dernier jour suffiront pour renverser à jamais cet homme invincible en apparence. — Adventus, irxpoucrtaç : le second avènement du Christ. Cf. I Thess. ii, 19, etc.

— Saint Paul donne maintenant ( vers. 9 ) de nouveaux détails (comp. le vers. 4) sur la manière dont se manifestera l'Antéchrist. Il le présente d'abord comme l'organe et l'agent de Satan lui-même, qui lui prêtera son appui, ses

pouvoirs ; cujus adventus (y) Tiapoua-îa) est... Remarquez l'emploi du temps présent. A la façon des anciens prophètes, l'apôtre contemple l'avenir comme s'il était déjà réalisé. — Jésus-Christ avait démontré sa mission divine au moyen de nombreux miracles, accomplis « secundum operationem Dei » ; l'Antéchrist appuiera de même ses prétentions sur des prodiges extérieurs : prodiges mensongers, effectués grâce au concours du prince des démons {.secundum operationem..,, xaT'èvépyetav...). — In omni (adjectif accentué) virtute, et..,, et... Ces trois mêmes substantifs (Su va [xtç, crY]{xsîa, xlpaTa) servent souvent dans l'évangile à désigner les miracles du Sauveur. Comp. aussi Act. ii, 22; Rom. xv, 19; II Cor. XII, 12; Hebr. ii, 4, etc. Ainsi accumulés, ils marquent une mult'plicité étonnante' de prodiges. — Et in omni... Après avoir exposé la nature des œuvres de l'Antéchrist, Paul en décrit les résultats funestes (vers. 10"). L'expression seductione iniquitatis dénote une autre méthode par laquelle l'homme de péciié exercera sa f'ineste influence : il aura recours à toutes sortes de moyens de séduction, basés sur l'Iniquité, l'impiété. — lis qui pereunt (toîç â7toXXu[xévoiç). Détail significatif, bien conforme au langage de saint Paul. Cf. I Cor. i, 18 ; II Cor. Il, 15 , etc. L'humanité se divise en deux grandes classes relativement à la rédemption : ceux qui sont sauvés et ceux qui périssent. A l'époque de l'Antéchrist comme aux époques antérieures du monde, ces derniers périront par leur propre faute : eo quod caritatem... Ils n'accepteront pas , ils rejetteront même positivement ce moyen destiné à les conduire au salut (ut salvi...). Ce n'est pas seulement la vérité, c'est l'amour de la vérité que ces malheureux répudieront : leur cœur et leur volonté n'auront pas moins de part à leur crime que leur intelligence. — Ils périront librement, par leur propre faute. Et pourtant saint Paul ajoute : Ideo... mittet... Deu^... ut... (vers. 10''). Ces mots supposent, comme en maint autre passage analogue de l'Ancien et du Nouveau Testament (voyez en particulier Rom. I, 24 et 25), une intervention positive de Dieu. Mais cette intervention n'a lieu que lorsque ceux qui en sont l'objet se sont déjà rendus grandement coupables. Dieu ne place la pierre

Il Thess. II, 11-15.

11. ut jndicentur omnes qui non crediderunt veritati, sed consenserunt ini- (juitati.

12. Nos autem deberaus gratias agere Deo semper pro vobis, fratres dilecti a Deo, quod elegerit vos Deus primitias in salutem, in sanctificatione spiritus, et in fide veritatis ;

13. in qua et vocavit vos per evangeliura nostrum, in acquisitionem gloiîse Demi ni nostri Jesu Christi.

14. Itaque, fratres, state, et tenete traditiones quas didicistis sive per sermonem , sive per epistolam nostram.

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