Minuisti eum paulo minus ab ange
verset et le suivant le commentent avec éloquence, — Tantam. . . Quelle n'est pas l'excellence d'un moyen de salut qui n'a pu être procuré que par le Fils de Dieu ! — Quœ cum... L'auteur fait ressortir sur trois points distincts la supériorité de la révélation évangélique et de la nouvelle institution de salut qu'elle a fondée. — Tout d'abord, à son origine, elle avait été proclamée par Jésus-Christ lui-même : initium... per... — En secon<\ lieu, elle avait été communiquée aux destinataires de l'épître par les témoins immédiats du Christ : ab eis qui audiei'unt. Cf. Luc. i, 2, En disant in nos, l'auteur s'associe étroitement à ses lecteurs. Comp. i, 2 ; VI, 1 ; X, 25 ; xii, 1, etc. Confirmata est : a été démontrée comme étant solide et obligatoire. — En troisième Heu, la vérité de la révélation chrétienne avait été attestée par Dieu lui-même de diverses manièi'es : contestante. . . ( vers. 4 ). Trois de ces divins témoignages sont mentionnés tour à tour : des miracles (signis et portentis ; deux mots souvent associées dans les évangiles , les Actes et les épîtres de saint Paul ) ; des pouvoirs supérieurs accordés aux prédicateurs de l'évangile (variis virtutibus ; cf. II Cor. xn, 12 ; II Thess. ii, 9) ; des dons spéciaux que l'Esprit-Saint manifestait en eux pour les accréditer (Spiritus... distributionibus; cf. I Cor. xn, 1-11, etc.). — Secundum... voluntatem. C'est en vue de son aimable dessein de sauver les hommes que Dieu avait daigné munir les apôtres de cps grands pouvoirs. Le pronom suam se rapporte a « Deo » et non à « Spiritus sancti ».
4° L'humiliation et l'exaltation de Notre-Seigneur Jésus -Christ. II, 5-18.
Après la brève exhortation qui précède, saint Paul revient à son thème, et continue de prouver que Jésus -Christ est très supérieur aux anges, malgré son incarnation et sa passion ; il l'emporte sur eux , même en tant que Fils de l'homme.
5-9. La promesse de souveraineté faite à l'homme par le Créateur s'est accomplie en JésuB - Christ. Il y a trois pensées dans cet ali-
néa : Ce ne sont pas les anges que Dieu a préposés au monde messianique, vers. 5 ; il a réservé trèà expressément cet honneur à l'homme, vers. 6-8» ; c'est dans le Christ que la promesse divine a été réalisée , vers. 8i>- 9. — iV'on enim... Transition : si la loi ancienne, transmise par les anges, était si prompte à punir les transgresseurs, comment des chrétiens désobéissants échapperont -ils au châtiment? Le substantif angelis est mis en avant de la phrase d'une manière très emphatique. — Orbem... L'épi thète futurum ne fait nullement allusion au monde futur, au ciel, mais à l'ordre de choses qui a commencé ici -bas avec l'avènement du Christ. L'expression revient donc à celle-ci : le monde tel qu'il devait être à l'époque messianique. C'est presque l'équivalent de la locution juive 'ôlam habbâ\ le siècle à venir, pour désigner l'ère du Messie. — De q uo loquimur. Tel est, en effet, le thème principal de l'épître entièi'e. — Testatus est... quis (vers. 6). Introduction un peu vague à une nouvelle citation biblique. Elle est aussi employée par d'anciens écrivains juifs. — Quid est...? Cf. Ps. vin, 5-7. Ce psaume, qui est « un écho lyrique » des derniers versets du chap. 1" dG la Genèse, n'est pas directement messianique, car il traite d'une manière générale de la dignité humaine, de l'homme idéal ; mais on comprend par là même qu'il convienne au Messie d'une façon toute spéciale (voyez notre commentaire). — Minuisti eum... (vers. 7). A la petitesse et à la fragilité de l'homme, est opposé un triple privilège que Dieu a daigné lui accorder. En premier lieu , l'homme a été doué d'une nature à peine inférieure à celle des anges : paulo minus. . . Au lieu de ab angelis , l'hébreu porte : « a Deo ». Néanmoins la traduction des LXX , à laquelle se conforme ici le rédacteur, ne donne pas une signification inexacte, puisque le mot hébreu 'Elôhim ne s'applique pas seulement à Dieu , mais aussi à des êtres surhumains (cf. I Reg. xxviii, 13). Les LXX ont adouci la pensée primitive, qui leur paraissait avoir quelque chose d'humiliant pour Dieu. —
Hebr. Il, 8-10.
lis ; gloria et honore coronasti eum , et constituisti euin super opéra manuum tuarum ;