‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 580 sur 873 · Nolite itaque amittere confiden · texte numérisé non relu

Nolite itaque amittere confiden

coTipable. — Horrendiim est... (vers. 31). Réflexion ajoutée par l'apôtre. Celui qui a fait de telles menaces n'est autre que le Dieu vivant (cf. ni, 12), auquel on ne saurait échapper. — L'expression incidere in manus fait image : tomber au pouvoir de quelqu'un, pour en être châtié sévèrement.

3" Encouragements, basés sur la vaillante conduite des Hébrtux dans le passé. X, 32-39.

Comme plus haut, vi, 9 et ss., ces paroles encourageantes sont associées à de graves avertissements. L'apôtre rappelle à ses lecteurs qu'ayant combattu le bon combat, ils n'avaient plus qu'à patienter un peu pour recevoir la couronne qu'ils avaient si bien méritée.

32 - 34. Ils sont invitée à jeter un coup d'œil en arrière sur leur récente histoire personnelle. L";illusion porte évidemment sur les difficultés spéciales que les chrétiens de Jérusalem et de Palestine rencontraient de la part de leurs anciens coreligionnaires. Cf. Act. vi , 9 et ss. ; VIII, 1 et ss. — Pristinos dies. Avec une légère nuance dans le grec : les jours d'auparavant; c.-à-d., les jours d'une période antérieure de leur vie chrétienne. — Illuminati. Mis en pleine lumière par suite de leur conversion au christianisme. Cf. VI, 4. — Magnum certamen... Un combat qui consistait dans les souffrances et les persécutions (^passionum). Les lecteurs l'avaient soutenu avec courage, comme le montrent les développements qui suivent. — la altero..., in altéra ( vers. 33 ). Dans le grec : touto [/.èv , ... TOUTO 8é, Cette formule toute classique relève deux circonstances remarquables de la vaillance des Hébreux : non contents de souffrir la persécution sans faiblir, ils s'étaient montrés, durant cette période d'épreuves, particulièrement sj/mpathiques envers leurs frères affligés. — Opprobriis et... Les injures atteignaient l'âme et l'esprit; les tribulations s'attaquaient au corps et aux biens extérieurs. — Specta<ulnm /<icti, bt(XTpi^6\).zvoi. Expression rare et énergique, dont on trouve l'équivalent I Coi*, iv, 9. Ici : ♦•■«posés à la moquerie et aux outrages , comme des scélérats. — Socii (xotvtovoî, demeurdut

en union intime)... Leurs propres peines ne les avaient pas rendus insensibles à celles de leurs frères, également persécutés pour la justice ( taliter conversantium ) ; sans craindre de s'» xposer à de nouveaux périls, ils les avaient secourus ouvertement. — Nam... (vers. 34). Deux détails qui servent pour ainsi dire de commentaire au vers. 33 ; mais l'auteur renverse l'ordie des pensées, mentionnant d'abord ce que les Hébreux avaient fait pour leurs frères persécutés (.et vinctis...^, et ensuite leurs souffrances personnelles {rapinam... cum gaudio...) La variante Toîç Ô£<y{;.otç [xou, à mes liens, au lieu de TOtç ôeo-[jLi'oiç, aux prisonniers, n'est qu'insuffisamment garantie; on ne peut donc pas s'appuyer sur elle pour démontrer que lépître a été composée par saint Paul. Nous avons des arguments plus sérieux. — Cognoscentes... Espérance qui avait soutenu la patience des lecteurs, tandis que l'on conflsqurit ou pillait leurs biens. 35-39. Cette conduite passée était de nature à leur inspirer une vive confiance pour leur

Ciirètlen coiniiaraissant devant un juge. (D'après un ivoire antique.)

salut final ; ils n'avaient qu'à persévérer. — Nolite... amittere. Plus fortement dans le grec : Ne rejetez pas (comme une chose sans valeur). — Confldentiam (îiappocriav)... : la ferme assurance de posséder les biens éternels (quœ magnam...). Cf. m, 6. — L'apôtre insiste sur la

TlEBR. X, 36-39.

tiam vestram, quœ magnam habet remuneratioiiein.

36. Patieiitia enim vobis necesearia est, ut voluntatem Dei facientes, reportetis promissionera.

37. Adhiic enim modicum aliquantulum, qui venturus est veniet, et non tardabit.

38. Justus autem meus ex fide vivit; quod si subtraxerit se, non placebit anirase meœ.

39. Nos autem non sumus subtractionis filii in perditionem, sed fidei in acquisitionem animae.

fiance, qui aura une grande rémunération.

36. En effet, la patience vous est nécessaire, afin que, faisant la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis.

37. Encore bien peu de temps, et celui qui doit venir viendra ; il ne tardera pas.

38. Or, mon juste vit de la foi ; mais , s'il se retire, il ne plaira pas à mon âme.

39. Pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour leur ruine, mais de ceux qui gardent la foi pour sauver leur âme.

nécessité d'une courageuse persévérance : Patientia... (vers, 36). A ce prix, la récompense était certaine : ut reporti fis... — En attendant, les lecteurs avaient la consolation de penser que leurs souffrances avaient lieu en conformité avec la volonté divine : voluntatem... facientes. Ici comme en d'autres endroits du Nouveau Testament, la volonté de Dieu représente quelque chose de pénible à l'homme naturel. Cf. Matth. XXVI, 42; Eph. VI, 6 ; I Petr. ii, 15, etc. — Adhuc enim... (vers. 37). Employant le langage de l'Ancien Testament pour donner plus de force à sa pensée , l'auteur montre , au moyen d'un texte d'Habacuc, ii, 3-4, que les promesses divines ne manqueront pas de se réaliser au temps voulu. — La formule modicum aliquantulum ([xtxpbv ocrov o(70v , « paulisper, quantillum quantillum »), qui introduit la citation, pourrait bien venir d'Isaïe, xxvi, 20, où elle est employée par les LXX pour traduire les mots kim"at-réga\ « un peu, un moment »', c.-à-d., encore un peu de temps. — Qui venturus... A partir d'ici, jusqu'à la fin du vers. 38, l'apôtre cite Habacuc d'après la version des Septante, mais avec une certaine liberté d'allures. Il distingue trois parties dans l'oracle : la première, vers. 31^, annonce la certitude de la récompense pour quiconque saura persévérer; la seconde, vers. 38% excite le juste à demeurer plein de foi dans son attente; la troisième, vers. SS**, menace les apostats de la colère divine. — Qui venturvs est (') èp'/d[X£voç, celui qui vient) : le Dieu rémunérateur; ou bien, Notre - Seigneur Jésus-Christ, qui porte précisément ce nom dans l'évangile en tant que Messie (cf. Matth. xi, 3 ; Luc. vu, 19, etc.) — Veniet, et non... Il viendra certainement, soit à la fin des temps, soit pour chaque âme Individuelle, afin de récompenser ses ^erviteurs fidèles. — Justus autem... (veis. 38). Comp. Rom. i, 17, où saint Paul fait un usage dogmatique de celte parole. Ici elle lui sert à encourager les Hébreux à attendre avec une foi entière l'heure de la récompense, quelque rude que soit l'épreuve actuelle. — Quod si svbtraxerit... L'auteur applique ce trait Bux chrétiens apostats, que les derniers mots

du texte, non placebit. .. , menacent de la vengeance divine. Sur le sens direct de l'oracle, voyez le tome VI, page 516. — Nos autem... (vers. 89). Conclusion toute consolante, qui et-t rattachée au texte d'Habacuc. — Non sumus subtraciionis (filii manque dans le grtc). C.-à-d.: Nous ne sommes pas de ceux qui se retirent, qui apostasient. — In perditionem. La conséquence funeste d'un pareil crime serait la ruine éternelle. — Sed Jidti , in. . . Heureux contraste. Comp. Luc. XXI, 19, où le Sauveur exprime l'idée du salut dans un langage prtsque identique : « In patientia vestra pohsidebltis animas vcstras. » Les apostats perdront leurs âmes ; le contraire aura lieu pour les hommes de foi, qui obtiendront le salut éternel pour les leurs, dont ils auront ainsi à jamais la pleine possession.

§ II. — Exemples héroïques donnés par des hommes de foi sous l'Ancien Testament. XI, 1-40.

Pour encourager davantage encore ses le:teurs, l'apôtre trace un tableau idéal de ce qu'on peut appeler les triomphes de la foi durant tout le cours de l'histoire d'Israël. Il montre ainsi qu'en vérité la fol a été de tout temps requise par le Seigneur, de tout temps la vertu par excellence des plus grands Saints. Le plan qu'il adopte est très naturel : après un court préambule, vers. 1-2, dans lequel il définit la fol, il prouve que « l'histoire du monde est une histoire des victoires de la foi », d'abord depuis les origines jusqu'à Noé, pendant la période piimordiale de l'humanité, vers. 3-7; puis d'Abraham à Joseph, à l'époque des patriarches proprement dits, vers. 8-22; ensuite depuis Moïse jusqu'à la prise de possessi<n dt la terre promise, vers. 23-31 ; enfin durant toute la suite de l'existence du peuple juif, vers. 32- 39. Les vers. 39-40 servent de conclusion.

1° La thèse à démontrer. XI, 1-2.

Chap. XI. — 1-2. Le caractère de la foi» envisagé d'une manière générale. — Est.,, fiât a (inversion, comme dans les passages Luc. viii, 11 et I Tim. VI, 6)... Ce n'est pas une définition

Hebr. XI, 1-4.

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