Fide plurimam hostiam Abel, quam
en quelque sorte officielle que donne ici l'écrivain sacré ; 11 se propose simplement de signaler ceux des caractères de la foi qui avaient une Importance plus spéciale pour son sujet. — La foi est en premier lieu sperandarum substantia... L'équivalent grec de « substantla » est Tj7i6jTa(Tiç, mot que nous avons déjà rencontré à deux reprises dans cette épître (cf. i, 3 et iir, 14). Ici, il n'a probablement pas la signification de substance, d'essence, mais plutôt celle de a subsistentia » ; c.-à-d., ce qui fait qu'une chose a une existence réelle. D'autres le traduisent par assurance, confiance; c.-à-d., ce qui garantit la certitude d'une chose. — Sperandarum... rerum. En effet, la foi s'occupe presque « essentiellement de l'avenir, de régions où l'on ne pénètre point par l'expérience directe » ; en particulier du ciel et de ses biens, d'après les vers. 35, 36 et 37 C'est précisément pour cela qu'elle donne l'existence et la réalité aux choses espérées, ou qu'elle en garantit l'accomplissement. — Le Irait argumentum non... exprime une pensée analogue. Le substantif £>.£YXoç a aussi reçu des interprétations légèrement différentes : d'après les uns, une preuve (c'est le sens adopté par la Vulg.), c.-à-d., le moyen d'arriver à la certitude ; selon d'autres, une conviction, c.-à-d. le sentiment de la certitude. Les deux sens cadrent fort bien avec les mots qui suivent : non apparentium. Ces choses qui ne sont pas viies, comme dit le grec, ne diffèrent pas des choses espérées. Le domaine de la foi est donc un domaine d'objets actuellement invisibles, mais que l'on espère voir et posséder un jour. iCf. Rom. vm, 24. Comme le dit fort bien Théodoret, h. l., « la foi est pour nous un œil qui nous fait contempler des choies espérées, et qui nous montre comme présentes des choses qui ne sont pas encore réalisées. » — in hac cnim... (vers. 2). Preuve que la foi est vraiment ce que l'on vient de dire. — Senes (ot TcpeaêÛTepot). Ce mot ne désigne pas seulement les patriarches, mais, comme le pi'ouve l'énumération qui suit, tous les héros de la foi jusqu'à l'époque des Machabées. — Testimonium consecuti... Ces hommes vénérables ont reçu de Dieu
et des saints Livres un bon témoignage pour leur foi, grâce à laquelle ils ont contemplé d'avance ce qui n'existait pas encore.
2» Les héros de la foi dans le monde primltf Jusqu'au déluge. XI, 3-7.
L'auteur va relever les principaux traits des neuf premiers chapitres de la Genèse qui vont à son sujet. La première réflexion , vers. 3 , est d'ordre général ; les autres concernent Abel , vers. 4, Hénoch, ver». 5-6, et Noé, vers. 7, envisagés tour à tour comme des types de foi.
3. La croyance au fait de la création est la base de la yie de foi. — Fide (Tîtatet). C.-à-d., par l'exercice de la foi. Notez la place emphatique qui a été donnée à ce mot tout le long du chapitre. La formule varie légèrement dans les vers. 13 (xatà niazi^) et 33 (Sià ■Kiaitod^). — Intelligimus. Le verbe vooOjjlev marque une perception intellecluelU , distincte de la perception extérieure. — Ssecula (tùu; alcova;) : le monde créé. Voyez i, 2, etc. — Aptata esse. Belle expression (vcaTiQpTco-Oac), déjà employée plus haut (x, 5), à propos du corps humain. Elle désigne un organisme parfait, dans lequel la diversité des détails n'est pas moins admirable que l'unité de l'ensemble. — Verbo : pr,[iaTt, par un mot. Allusion au « fiât » créateur. Cf. Gen. I, 3, 6, 9, etc. ; Ps. xxxii, 6, 9, etc. — Ut ex invisibilibus... D'après la Vulgate, le sens serait que le monde exista d'abord dans la pensée de Dieu, avant d'être créé et de paraître visiblement sous sa forme actuelle. Mais le grec a une variante considérable : Afin que le vi:sible (s.-ent. : ftit compris) ne pas provenir des choses qui apparaissent. L'apôtre veut dire que, d'après les enseignements de la foi , le monde n'est pas éternel, et qu'il ne s'est formé ni de lui-même, ni 50US l'influence de causes secondaires, mais qu'il est l'œuvre de la toute-puissance créatrice de Dieu. Vérité d'une importance capitale sous le rapport religieux. Le vers. 3 contient donc la note dominante de tous les développements qui suivent ; il nous rappelle que le premier récit de la Genèse est incompréhensible sans la foi et qu'il demande la foi.