ET AGISSANTE. I
C'est le titre qui résume le mieux ce passage important de l'épître, dans lequel saint Jacques insiste sur l'obligation où sont les chrétiens, 1° d'écouter respectueusement et de pratiquer a la parole de la vérité », i, 19-27 ; 2« d'éviter toute partialité dans leurs rapports réciproques, ii, 1-13 ; 3« d'associer les œuvres à la foi, II, 14-26.
1° Ne pas se contenter d'écouter la parole de Dieu , mais la mettre fidèlement en pratique.
19-21. Recevoir cette parole avec empressement et douceur. — Scitis. La Vulgate suit la meilleure leçon du grec : l'cxe (et non toors, « ita ut... sit omnis... »). — i>it autem... Sorte de proverbe général, dont les trois parties, la seconde surtout, se retrouvent assez souvent dans les livres sapientiaux. Cf. Prov, xiii, 3 et xvii, 27; Ecel. v, 2; Eccli. iv, 29, 34; v, 15; xx, 7, etc. — Velox ad... : toujours disposé à écouter, spécialement la parole de la vérité. Comp. le vers. 18. — Tardus... ad... Antithèse. Pour la plupart des hommes, si la parole est parfois d'argent, 11 est vrai de dire que toujours le silence est d'or. — Tardus ad iram. Chose plus importante encore que de se taire. — Cette troisième recommandation est motivée à part : ira enim... (vers. 20). L'expression justitiam Dei désigne probablement ici ce qui est juste devant Dieu; moins bien, selon d'autres, l'état de justiflcation produit par Dieu (cf. Rom. i, 17, etc. ). Il est évident que la colère produit un résultat tout opposé à cette justice et à cette sainteté. — Propter quod... (vers. 21). Saint Jacques va tirer la conséquence de ce qu'il a dit dans les deux versets précédents. — Abjicientes. Plutôt : déposant à la façon d'un vêtement (àuoôifxsvoO. Cf. Epb. iv, 25 ; I Petr.
II, 1, etc. — Immunditiam (pUTiaptav, pas ailleurs dans le Nouveau Testament) : tout ce qui est capable de souiller moralement. — Nous
ne pensons pas que le substantif malitix représente d'une manière spéciale, dans ce passage, les défauts opposés à la charité fraternelle ; 11 vaut mieux lui conserver sa signification générale. — In mansuetudine : dans un sentiment de paix et de calme, de douceur et de modestie. — Insitum verbum. L'adjectif £(x:puTOv signifie plutôt : planté dans. Il s'agit encore de la parole de la vérité, ou de la parole évangélique, qui avait été divinement plantée dans l'âme des lecteurs au temps de leur conversion. Cf. Matth. XIII, 3 et ss. ; I Petr. i, 23. — Quod potest... Perspective très encourageante. La parole divine , pourvu que l'homme lui fasse bon accueil et la mette ensuite à profit, a la puissance nécessaire pour procurer le salut, but suprême du christianisme.
22-25. Il ne suffit pas d'écouter la parole de Dieu, mais on doit en faire la règle de sa conduite pratique. — Estote. Plus fortement dans le grec : Devenez. Ce qui suppose des efforts sans cesse réitérés. — Factores. . . et non. . . Le Sauveur, Matth. vu, 24 et ss., avait déjà établi une distinction semblable entre ceux qui se bornent à écouter la parole céleste et ceux qui la mettent en pratique. — Fallentes vos... Littéralement dans le grec : Vous Induisant vousmêmes en erreur par de faux raisonnements. Tel eût été le cas pour quiconque se serait contenté d'être « auditor, non factor ». tout en prétendant au salut. — Quia si quis... Au moyen d'une comparaison dramatique (vers. 23- 24), saint Jacques insiste sur le « paralogisme » qu'il vient de mentionner. — Consideranti (•/.aTavoouvTt). Le verbe est très expressif : il ne s'agit pas d'un coup d'oeil jeté en passant, mais d'un examen attentif et prolongé. — Vultum nativitatis... : le visage qu'il a apporté en naissant, son visage natui'el. — In speculo. Les Juifs, comme les Grecs et les Romains, se servaient de miroirs en métal poli (Atl. arch., pi. vu, flg. 3 ; pi. viii , fig. 10). Le miroir représente ici la parole de Dieu , en tant qu'elle nous indique soit nos devoirs, soit nos dispositions Intimes. Cette
ÙAC. I, 24-27.
24. et qui, après s'être regardé, s'en va, et oublie aussitôt quel il était.
25. Mais celui qui aura considéré attentivement la loi parfaite de la liberté, et qui l'aura fait avec persévérance, arrivant ainsi, non à écouter pour oublier, mais à pratiquer l'œuvre prescrite, celui-là trouvera le bonheur dans son activité.
26. Si quelqu'un croit être religieux , et ne met pas un frein à sa langue, mais trompe son propre cœur, la religion de cet homme est vaine.