‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 632 sur 873 · Tu crois qu'il n'y a qu'un Dieu · texte numérisé non relu

Tu crois qu'il n'y a qu'un Dieu

ginaient qu'ayant la foi théorique, ils pourraient affronter sans crainte les jugements divins. Corap. le vers. 13.

14. Le thème à développer. — Quid proderit...? Numquid...? Ces deux questions supposent une réponse négative. Une foi morte, sans œuvies qui l'attestent et la complètent, ne saurait procurer le saint éternel. Comp. I Cor. xiii, 2. La seconde interrogation précise la première. — Opéra est une expression très générale Ici. Elle désigne des actions inspirées par la foi, et en particulier, comme il i-esBort de l'exemple qui va être cité, des actes de cbaxùté fraternelle.

15-17. Démonstration pratique de la thèse : la foi sans les œuvres est aussi stérile que la charité qui n'offrirait pas autre chose aux pauvres que des paroles pour les secourir. — Si autem... Saint Jacques, selon sa coutume, dramatise sa pensée pour la rendre plus saillante.

— Nudi sint. Hyperbole, pour désigner des vêtements misérables, qui couvrent à peine le corps.

— L'auteur suppose que le dénuement n'est pas moins grand sous le rapport de la nourriture : et indigeant... Il s'agit donc d'une extrême pauvreté. Cf. Matth. XXV. 36, 43. — It^, calefacimini et... (vers. 16). Un tel langage en de pareilles circonstances, s'il n'était accompagné d'une généreuse aumône, serait une ironie amère et cruelle. — Quid proderit? Saint Jacques répète sa question du vers. 14". La réponse est encore plUB facile ici. L'apôtre se hâte d'ailleurs de la donner lui-même, en faisant l'application de son cas de conscience ; Sic et fides... (vers. 17). — Quelques commentateurs rattachent les mots in semetipsa (y.a&'îaux-riv) au substantif « fides », et les traduisent comme s'ils étaient synonymes de c( seorsim, sola » : la foi seule, prise à part. Mais ce serait une tautologie, puisque cette idée est déjà exprimée par le trait si von habeat... La Vulgate donne fort bien le sens : (la fol) en

elle-même, par rapport à elle-même. Non seulement la foi est morte au dehors si elle n'est pas associée aux œuvres, puisqu'elle ne produit alors aucun fruit ; elle est morte pareillement en ellemême, dans sa racine pour ainsi dire, attendu qu'elle manque de sève.

18-19. Deux autres raisonnements pour démontrer la thèse. Sans les œuvres, la foi est nulle, vers. 18, et dépourvue de valeur morale, vers. 19.— La formule d'introduction Sed dicet quis semblerait, de prime abord, annoncer une objection. Cf. Rom. IX, 19 et I Cor. xv, S5. Mais il n'en est pas ainsi , comme on le volt par la suite da vers. 18. Nul de ceux à qui s'adresse directement l'apôtre n'aurait pu dire, dans l'hypothèse : « Tu as la fol et j'ai les œuvres, » puisqu'il leur reproche précisément d'avoir une foi inactive. S'il y avait Ici une objection, elle serait présentée sous cette forme : Tu as les œuvres, et moi j'ai la foi. Le lecteur qui est censé prendre la parole n'est donc pas un contradicteur, mais un chrétien de bon sens, que l'apôtre met en scène un instant pour lui faire confirmer sa propre démonstration. En vérité, veut dire saint Jacques, le premier venu poun-ait tenir ce langage à ceux qui prétendent que la foi spéculative suffit : Toi, tu 'prétends avoir la fol, purement et simplement la foi, et moi, sans me prévaloir de ma foi , je possède les œuvres. Eh bien ! Je te défie de me montrer ta foi dénuée d'œuvres, de ■: me prouver son existence (ostende mihi... sine...) ; ■ au contraire, je puis te démontrer ma foi par ses fruits, qui sont les œuvres (et ego ostendam...'). — Tu credis... (vers. IS). Autre argument pour attester que la foi est inséparable des œuvres. — La phrase un peu générale « Tu fidem habes » du verp. 18 est maintenant spécialisée : quoniam unus... Deus. L'unité de Dieu est le dogme fondamental du christianisme ; l;i confesser est donc une chose excellente (bene jacis). Mais ce monothéisme purement théo-

Jac. IT, 20-25.

tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent.

20. Mais veux -tu savoir, ô homme vain , que la foi sans les œuvres est morte ?

21. Abraham, notre père, ne fut -il pas justifié par les œuvres, lorsqu'il offrit son fils Isaac sur l'autel ?

22. Tu vois que la foi coopérait à ses œuvres, et que par les œuvres sa foi fut rendue parfaite.

23., Et ainsi s'accomplit cette parole de l'Ecriture : Abraham crut à Dieu , et cela lui fut imputé à justice, et il fut appelé ami de Dieu.

24. Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement,

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