ubi angcli fortitudine et virtute
Et jmium Lot... (vers. 7). Écho de Sap. x, 6, où Lot reçoit aussi lépithète de juste, et où sa déU-vrance est également opposée à la ruiue des cttéè corrompues. — Le mot à9é(T[;,(ov (à la lettre : sans loi; Vulg., nefandorum) caractérise fort bien des misérables qui violaient audacieusemeiit les loi?, non seulement de Dicu, iDais de 1^ nature môaie. — Aspectu cnim... (ver?. 8). L'apôtre, commentant l'épithète c< justum » du vers. 7, fait connaître le motif pour lequel Lot avait été sauvé. La traduction suivante du grec serait plus exacte : Car, par la vue et par l'ouïe, ce juste, tandis qu'il habitait parmi eux, jour par jour mettait son âme juste à i' épreuve (ou bien : tourmentait son âme juste) par des œuvres impies. C'était certainement une rude épreuve (ou un tourment cruel ) pour Lot , que d'avoir eans cesse S0U3 les yeux la conduite criminelle des habitants de la contrée. — Novit Dominus... (vers. 9). L'auteur généralise ce qu'il a dit à propos de la délivrance merveilleuse de Noé et de Lot. ' Secourir ses amis fidèles au milieu de l'adversité et de la tentation, c'est là une règle ordinaire de la conduite du Seigneur. — Iniquos vero... Contraste qui résume les trois exemples ) cités pins haut, et qui sert de transition à la '; description qui suit. — In diem... reservare... t Comp. le vers. 4* et in, 7. Il s'agit du jugej ment final, h l'époque du second avènement de Jéoiis- Christ.
2" Description dos mœurs criminelles des faux docteurs. Il, 10-19.
Dans ce tableau d'une vigr.eur singulière, l'écrivain sacré développe tour à tour les traits caractéristiques de ces docteurs de mensonge : leur audace, leur orgueil, leur impureté, leur prosélytisme pernicieux. Le langage est sentencieux, çà et là nn peu obscur.
:'0-ll. Audace étonnante des docteurs hérétiqic?. Comp. Judae, 8-9. — L'accusatif magis... €03^. l'.^pend encore du veibe « reservare ».
Après avoir indiqué le sort qui attend les impies en général, l'apôtre X'evietit aux hommes néfastes qui sont le sujet direct de ce chapitre et auxquels le châtiment convenait d'une manière très spéciale. — Qui post carnem... Hébraïsmo : se mettre, pour ainsi dire, à la remorque de la chair, suivre tous ses désirs. — La locution in concupiscentia immunâitise (mieux : (C pollutlonis ») est très énergique : dans la convoitise qui souille ; ou bien : dans la convoitise pour ce qui souille. Comp. les vers. 2, 13, 14, 18. — Domination em. Saint Paul (Eph. I, 21 et Col. I, 16) emploie le substantif grec correspondant, 7."L)pi6Tï)ç, pour désigner un des chœurs de la hiérarchie angéllque; mais cette signification ne coLviendrait pas ici. Il s'agit très probablement de l'autorité suprême de Dieu ou de Jésus - Christ , que les docteurs hérétiques méprisaient et défiaient insolemment {contemnunt, audaces). — Sibi placentes. Le grec aùOaoïïç peut se traduire aussi par arrogants. — Sectas non metuunt... Le sens du texte original est très différent : Ils ne craignent pas (littér. : Ils ne tremblent pas) de blasphémer les gloires. Il est probable que le mot ôo^a;, les gloires, doit être pris au concret, et qu'il représente des personnages revêtus de gloire. D'après le vers. 11 et le passage parallèle de saint Jude, 8^-d, il se rapporte certainement Ici aux anges : suivant d'assez nombreux commentateurs, aux bons anges, ce qui paraît être la meilleure interprétation ; selon d'autres, aux mauvais anges. D'api èa la traduction de la Vulgate, ce détail serait identique à « introducent sectas... » du vers. 1. — Ubi (avec le sens de tandis que) angeli... (vers. 11). Comp. Judae, 6, passage qui aide beaucoup à comprendre celui-ci. Saint Pierre fait un argument h fortiori, dont voici la teneur : Les bons anges , qui ont une force et une puissance bien supérieures à celles des hérétiques, ne portent contre les mauvais anges, devant le tribunal
II Petr. II, 12-14.
cum sint majores, non portant adversum se execrabile judicium.
12. Hi vero, vel.t irrationabilia pecora, nataraliter in captionem et in perniciem in his quae ignorant blasphémantes, in corruptione sua peribunt ;
13. percipientes raercedera injustitise, voluptatem existimantes diei delicias, coinquinationes, et maculée deliciis affluentes, in conviviis suis luxuriantes vobiscura ;
14. oculos habentes plenos adulterii, et incessabilis delicti ; pellicientes animas instabiles, cor exercitatum avaritia habentes, maledictionis filii ;
supérieurs en force et en puissance, ne portent pas les uns contre les autres un jugement de malédiction.
12. Mais eux, comme des animaux sans raison, qui ne suivent que la nature et sont nés pour être pris et détruits, blasphémant ce qu'ils ignorent, ils périront par leur propre corruption ,
13. recevant le salaire de leur iniquité. Ils trouvent leur plaisir dans les délices du jour; ils sont une souillure, une tache ; ils se gorgent de délices dans les festins où ils font bonne chère avec vous.
14. Ils ont les yeux pleins d'adultère et d'un péché qui ne cesse jamais ; ils séduisent les âmes mal affermies ; ils ont le cœur exercé à la cupidité ; ce sont des enfants de malédiction.
divin, aucun jugement injurieux; n'est -il pas étrange que les docteurs de mensonge ne craignent point d'outrager les esprits célestes? Il est vrai qu'on ne saurait dire au juste en quoi consistait cette conduite des liérétiques, outrageante pour les anges; ce verset conserve donc encore quelque obscurité. — Au lieu de adversum se, les uns contre les autres, le grec dit : contre elles, c.-à-d.. contre les gloires, ou du moins contre une partie d'entre elles, ainsi qu'il a été expliqué ci -dessus. — Exécrahile. Dans le grec : pXaaçviaov, Injurieux, outrageant. — De nombreux manuscrits ajoutent les mots Tiapà v.ypito, « auprès du Seigneur », qui sont probablement authentiques.
12-16. Corruption effrénée des faux docteurs. — Irraiionahilia pecoia (C^a, des animaux). Comparaison sévère, mais légitime. Comp.
Judae, 10. — L'adverbe natura'iter traduit Imparfaitement le grec Y£yevv-r,(i.éva (puatxà, (êtres) physiques engendrés (pour être pris...). Le mot cpuatxà équivaut en réalité à ^toa : les faux docteurs menaient une vie toute matérielle et animale, nullement Intellectuelle et encore moins surnaturelle ; ils ne valaient pas mieux que les bêtes sauvages destinées à être prises à la chasse ( in captionem ) et à périr (irt perniclem). — In his quse... Il s'agit des « gloires » du vers. 10'» (voyez les notes), c.-à-d., des bons anges, que les docteurs hérétiques outrageaient, quoiqu'ils ne les connussent pa:^ à fond. Par cette Ignorance aussi, ils ressemblaient aux animaux sans raison avec lesquels on vient de les comparer. — In corruptione peribunt. Avec plus de force encore et avec un hébraïsme dans le grac : Ils seront certainement détruits dans leur destruction. L'apôtre ne se lasse pas de revenir sur leur destinée finale. — Destinée justement terrible, à cause de leur vie remplie de péchés : percipientes merccdem... (vers. 13). — Voluptatem existimantes... Ces hommes brutaux ne per-
daient aucune occasion de goûter les plaisirs sensuels qui se présentaient chaque jour. La locution èv r.y.spa (Vulg., diei) peut aussi recevoir d'autres interprétations : les plaisirs d'un jour, c.-à-d., éphémères, transitoires; ou bien : en plein jour, par opposition à la nuit ( se livrer à l'orgie pendant le jour était regardé comme particulièrement grave; Eccl. x, 16-17; Is. V, 11, etc.). — Coinquinationes et maculée ((TTCcXot >ta\ fJLÛiJLOi). Ces deux substantifs se rapportent aussi aux docteurs hérétiques, qui étalent comme des taches ignominieuses pour l'Église. — Deliciis affluentes : èvTpucpôjvTeç, recherchant les délices (charnelles). Expression très énergique. — Au lieu de in conviviis suis, le grec ordinaire porte : dans leurs tromperies (àTrâtaiç); ce qui ferait allusion aux moyens frauduleux par lesquels s'insinuaient les faux docteurs. Quelques manuscrits ont la variante àyaTratç : ce qui a donné lieu à une autre explication. Il s'agirait des agapes, ou repas fraternels que les premiers chrétiens associaient, dans leurs assemblées religieuses, à la célébration des saints mystères, et saint Pierre reprocherait ici aux hérétiques un abus semblable à celui qui indignait si justement saint Paul (voyez I Cor. xi, 11, 17 et ss.). La Vulgate paraît s'être conformée à cette leçon. — Luxuriantes. En ajoutant le pi'onom vobiscum, l'apôtre jette un blâme très légitime sur ceux de SCS lecteurs qui s'étaient laissé séduire. — Oculos... plenos... (vers. 14). Pour la pensée, voyez Matth. v, 28. — Et incessabilis... D'aprèi une autre leçon du grec : Insatiables de péché. C'est le même sens. — Fellicientes. A la lettre dans le texte original : prenant au moyen d'un appât. Comp. le vers. 18 et Jac. i, 14. — Cor exercitatum... Expression métaphorique qui fait allusion aux exercices du gymnase. Elle signifie : un coeur familiarisé avec la cupidité. Comp. le vers. 3». — Maledictioriis filii. Hébraïsme : hommes maudits. Cf. Matth. xxni, 15', Epb.
II Petr. II, 15-19.
15. Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, tils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquité,
16. mais qui fut repris de sa folie : une ânesse muette, parlant d'une voix humaine, arrêta la démence du prophète.
17. Ce sont des fontaines sans eau, des nuées agitées par des tourbillons ; l'obscurité des ténèbres leur est réservée.
18. Car tenant des discours enflés de vanité, ils séduisent, par les convoitises de la chair, par les dissolutions, ceux qui s'étaient retirés quelque peu des hommes qui vivent dans l'erreur.