ou qui descendra dans l'abîme
c'est-à-dire, pour rappeler le Christ d'entre les morts.
8. Mais que dit l'Écriture? Près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur ; c'est-à-dire la parole de la foi , que nous prêchons ;
9. car si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts , tu seras sauvé.
10. Car c'est en croyant du cœur qne l'on est ju-tifié, et c'est en confessant de la bouche qu'on est sauvé.
(saint Jean Chrys.,Théodoret, Théoph} lacté, etc.) et de nombreux commentateurâ modernes ou contemporains (parmi les catholiques, Cornélius a Lap , Calmet, Cornely, etc.), nous pensons que saint Paul n'a pas l'intention de donner Ici une interprétation proprement dite du texte cité par lui, mais qu'il l'emploie dans un sens aceommodatice. Nous devons dire pourtant qu'un certain nombre d'exégètes ( entre autres le docte Estius) croient que l'apôtre interprète strictement le pa«sage en question , lequel , outre sa signification littérale, aurait eu un sens typique, se rapportant au Christ. Quoi qu'il en soit, c'est de la loi mosaïque, et de la facilité avec laquelle on peut l'accomplir, que ces paroles ont été dites par Moïse, avec des métaphores très expressives : « les Hébreux ne pouvaient alléguer ni l'ignorance des commandements divins, ni l'impossibilité de les mettre en pratique. » Saint Paul les profère à son tour, pour indiquer combien il était aisé aux descendants de ces anciens Hébreux d'adhérer au Christ et d'être justifiés grâce à lui. — Id est, Christum... Moï^e avait affirmé qu'il n'était pas nécessaire de monter dans les sphères célestes pour tn rapporter la loi, puisqu'on avait celle-ci entre les mains ; saint Paul dit de même qu'il n'est pas besoin de monter au ciel pour y chercher le Cbrist, objet de notre foi et source de notre justice, puisque déjà il est venu au milieu de nous par son incarnation. — Aut quis descendet... (vers. 7). Nous lisons au Deutéronome : Qui passera pour nous de l'autre côté de la mer ( pour aller chercher 1 1 loi ) ? Saint Paul modifie l'image, afin d'obtenir un contraste plus frappant avec la pensée qui précède, et aussi pour mieux faire l'application- qu'il avait en vue. Par abime, il faut entendre ici le séjour des morts. — Christum deducere : le ramener, par la résuriection, de ce séjour où son âme était descendue pour quelques heures seulement. Ainsi donc, pour s'appliquer la rédemption opérée par Jésus Christ, laquelle est concentrée Ici dans les mystères de l'incarnation et de la résurrection , il est inutile que les Juifs aillent chercher fiu loin. Le salut, leur dit saint Paul,
est tout à fait à votre portée. Le sens des vers. 6 et 7 peut donc se résumer dans la parole du Sauveur à l'apôtre saint Thomas (Joan. xx, 27*>) : Ne sois pas incrédule, mais fidèle. — Quid... Scriptura (vers. 8). La Vulgate a suppléé ce dernier mot. Le grec a simplement : Tt ^ÉYEi I « quid dicit ?» La réponse à cette question nous apprendra ce que nous devons faire pour nous approprier le salut. — Verbum, xo p"ripiâ : la loi théocratique. Moïse disait d'elle qu'elle était tout près de chaque Israélite, c.-à-d., facile à pratiquer. — Les deux traits in ore... et in corde... montrent combien cette proximité était grande, puisque les Juifs portaient la loi pour ainsi dire en eux-mêmes. Dans la bouche, par la profession de foi extérieure ; dans le cœur, par l'amour. — Pour la troisième fois l'apôtre applique à son sujet la parole de Moïse : hoc est... Il nomme verbum fldei (avec deux articles dans le grec : la parole de la foi) les vérités évangéliques , qui forment l'objet de la foi du chrétien (voyez le vers. 9) et que les prédicateurs mettaient à la portée de tous (quod prssdicamus). — Quia si... Ce verset et le suivant (9 et 10) dévelop.pent le 8«, et marquent ce que l'on doit faire pour avoir part à la rédemption messianique. On doit confesser de bouche Notre -Seigneur Jésus- Christ (confitearis in ore..) et croire à lui du fond du cœur (et in corde...) : deux conditions qui n'en forment à vrai dire qu'une seule, la foi sincère. Si saint Paul mentionne l'acte extérieur, la profession de la fol, avant l'acte intérieur, l'existence même de cette foi, c'est pour se conformer à l'ordre suivi par Moïse dans le texte qui vient d'être cité. Comp. le vers 8». — Dominum Jesum. La personne même du Sauveur, avec tous les mystères divins et humains que son nom résume, et en particulier le glorieux dogme de sa résurrection (quod Deus... suscitavit...). — Corde enim..., ore autem... (vers. 10). Cette fois, les deux actes sont mentionnés d'après leur ordre logique. Au premier correspond la justification, ou le salut envisagé à son début (ad justitiam); au second, le salut complet, dans sa
Rom. X, 11-16.
11. En effet, l'Écriture dit : Quiconque croit en lui ne sera pas confondu.
12. Car il n'y a pas de distinction entre le Juif et le Grec, puisqu'ils ont tous un même Seigneur, riche pour tous ceux qui l'invoquent.