Bien-ainis, si c'est ainsi que
mutuelle des chiétieus, ce que saint Pierre et saint Paul nomment cpiXaSeXcpt'a, l'amour des frères. — Quia caritas... L'auteur appuie son injonction sur deux raisons distinctes. En premier lieu , l'amour vient de Dieu , tout aussi bien que les chrétiens eux-mêmes (comp. le vers. 4); il est donc naturel qu'il soit comme un lien de famille perpétuel entre tous les fidèles. En outre, qui diligit (celui qui aime ses frères, d'après le contexte), ex Deo natus... A la lettre dans le grec : Quiconque aime a été engendré de Dieu. La présence de l'amour fraternel dans un homme atteste donc l'origine divine de ce di rnier. — Et cognoscit... Ce trait est la conséquence du précédent : il n'est pas possible d'être né de Dieu sans avoir avec lui des relations étroites, et par suite, sans le connaître. L'emploi de l'indicatif présent dénote une connaissance qui progresse toujours. — Qui non... ( vers. 8 ). L'assertion contraire , à la manière de saint Jean. — Non novit. Au temps passé : . U.U tel chrétien n'est pas arrivé à la connaissance de Dieu. La raison dernière de cet échec est contenue dans la proposition si expressive Deus caritas est (o bzoç àyaizri ecrrc'v), qui nous présente une autre des plus sublimes révélations dont nous sommes redevables à saint Jean, Voyez I, 5*> et les notes. Sans doute l'Ancien Testament nous présente souvent l'amour comme un des attributs de Dieu (cf. Deut. iv, 37; VII, 8, 13; X, 15, 18: xxin, 5; Is. xliii, 4 et XLViii, 14; Mal. i, 2, etc.); mais il était réservé au Nouveau Testament de nous apprendre que l'amour , comme la lumière , constitue l'essence même de Dieu. Rien ne pouvait nous donner une idée plus parfaite, plus douce et plus consolante de la nature divine. « Alors même qu'aucune autre chose n'aurait été dite à la louange de l'amour à travers les pages de l'épître, et absolument rien à travers les autres pages de l'Écriture; si en cette unique chose. Dieu est amour, consistait tout ce qui nous a été dit par la voix de l'Esprit -Saint, nous ne devrions pas demander davantage » (saint Aug.). Puisque Dieu est amour, ceux qui sont nés de lui ne sauraient exister sans cet élément indispensable ; d'un autre côté, tous ceux qui aiment montrent ainsi qu'ils
ont leçu de lui leur vie supérieure. — In hoe.^ (vers. 9). Cet amour substantiel, personnel, éterïiel et Infini s'est manifesté dans le temps (apparuit, ètpavepcù6r) : pour la huitième fois depuis le début de la lettre) d'une façon tout idéale. — In 720bis (èv YifJLÎv). Cette formule n'est pas identique à « in nos » : pour nous, ù notre égard. Elle signifie que nous sommes pour ainsi dire la sphère dans laquelle agit et se montre l'amour de Dieu. — Quoniam... misit. Le parfait aizi^r- TaXy.£v exprime un acte accompli une fois pour toutes, et dont le résultat demeure. — Filium... unigenitum. Avec beaucoup de force dans le grec : Le Fils de lui, l'unique. Les deux idées sont ainsi mises successivement en relief. ( f. Joan. m, 16. L'adjectif [i,ovoyevY)ç n'est appliqué à Jésus -Christ que par saint Jean : quatre fois dans son évangile (Joan. i, 14, 18; ni, 16, 18) et ici même. — Ut vivamus per... But tout miséricordieux de ce divin envoi. Comme fils d'Alam, nous avions été condamnes à la mort éternelle; grâce au sacrifice du Fils de Dieu, la vie spirituelle nous a été donnée. Cf. ii, 2. — Per eum (ôi'auToO) : par lui « comme cause efficiente de la vie ». — In hoc eM... (vers. 10). Voici en quoi consiste l'amour; voici à quoi nous pouvons reconnaître sa vraie nature. — Non quasi...; sed quoniam... lie grec serait plus exactement traduit par « Non quod..., seJ quod... » Désireux de mieux faire ressortir la grandeur de l'amour que Dieu a témoigné aux hommes en leur donnant sou Fils unique pour rédempteur, l'apôtre en rappelle la spontanéité, le désintéressement parfait : Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers; l'initiative est venue de lui (sed ipse prior...). — Misit... propitiationem pro... Pensée parallèle à « ut vivamus per eum » du vers. 9, mais avec gradation ascendante. Voyez ii, 2 et le commentaire. — Carissimi (vers. 11). C'est la sixième et dernière fois que les lecteurs sont interpellés par ce titre. D'ailleurs, nous ne rencontrerons désormais qu'une seule apostrophe directe, à la dernière ligne de l'épître, v, 21. — Si (c.-à-d. , puisque)... dilexit... Conclusion pratique de ce qui vient d'être dit au sujet de l'amour de Dieu pour nous. Tous les mots sont
Dieu nous a aimés, nous aussi nous devons nous aimer les uns les autres.
12. Personne n'a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous.
13. A ceci nous connaissons qne nous demeurons en lui, et lui en nous : à ce qu'il nous a donné de son Esprit.
14. Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme sauveur du monde.
15. Tout homme qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.