ex tribu Simeon duodecim millia
ne revient pas sur ce trait On peut les regarder comme l'emblème des autres fléaux qui ne tarderont pas à éclater. Cf. viii, 2 et ss. — Signemas. Cotte opération avait un double but :
Marques Idolâtriques portées au fi'out.
(Orient moderike.)
marquer les bons comme étant la propriété' de Dieu , 60 les mettre à l'abri des calamités que d'autres anges allaient lancer sur le monde coupable. Cf. Ex. ix, 4-6. — In fronti'bus : à l'endroit du visage où le signe devait être le plus visible.
4 8. Proclamation du nombre de ceux qui ont été marqués au sceau divin. — Et arc-iivi... Jean ne vit pas l'opéralion, mais il en entendit proclamer le résultat. — NumeruTn... Le cbiffre total, 144 000, est évidemment symbolique ; c'est le produit de 12 000 multiplié par 12, à cause ôeo douze tribus d'Israël, comme va le dire le narrateur, et, dans 12 000, « le coefficient 1000 marque l'Idée de multitude. » C'est donc en réalité le chiffre 12 qui est à la base de tout ce passage; il représente les patriarches, qui avaient été comme le noyau de la nation théocratique, autrefois si chère à Dieu. — Ex omni tribu... Israël. Les commentateurs se demandent depuis longtemps, à propos de ce passage, s'il y est fait mention de l'Israël proprement dit ou de l'Israël mystique, l'Église du Christ. Les partisans de l'interprétation littérale s'appuient, d"un côté, sur le texte même, qui mentionne formellement l'ancien peuple hébreu, avec ses tiouza partie» constitutives, et de l'autre, sur les
vers. 9 et ss., où il e^t parlé très formellement aussi de nombreux élus provenant du monde païen. D'où ils concluent que cette première scène, tout en annonçant qu'un nombre considérable d'Israélites seront sauvés après avoir accepté la foi chrétienne, prédit qu'il y aura encore beaucoup plus de païens parmi les élus. Les partisans de l'interprétation symbolique croient que les 144000 Juifs marqués au sceau divin (cf. vers. 4 et ss.) et la multitude innombrable que décrit le vers. 9 désignent en réalité le^ m'ornes personnes, mais envisagées à des points de vue difftrentK « Aux yeux de Dieu, tous ces hommes forment son propre peuple, ils sont tous dûment inscrits et organisés comme constituant son armée, et chaciin d'eux est connu de lui par son nom ; d'autre part, ils appartiennent à toites les nations, et ils sont trop nombreux pour être comptés. » Les deux opinions sont excellentes ; nous préférons cependant la première , qui nous paraît favorisée davantage par le texte même. D'après elle, les 144 000 figureraient les convertis du judaïsme, tandis que la grande foule représenterait ceux du paganisme. — Ex tribu... Les vers. 5-8 passent on revue les douze tribus Israélites, pour indiquer le nombre d'élus, nombre toujours identique, fourni par chacune d'elles. D'après la meilleure leçon du grec, le participe signati n'est employé qne deux fois : au vers. 5», pour Juda, et au vers, 8^, pour Benjamin. L'ordre dans lequel l'énumération a lieu est celui-ci: Juda est nommé le premier, comme l'héritier des promesses messianiques ; Ruben vient ensuite, en qualité d'aîné ; Joseph et Benjamin terminent la liste, comme étant les plus jeunes ; Gad et Aser, Slméon et Lévi, Issachar et Zabulon sont mentionnés par couples, conformément à leur parenté spéciale et à l'ordre de leur naissance. Mais la liste n'est pas toujours faite d'après l'âge réel des patriarches, ni d'après la dignité de leurs mères. Cf. G-en. x.^ix, 31- XXX, 24; XLix, 1 et ss. ; Nura. i et ii, etc. Joseph étant nommé, son flls Manassé aurait dû être passé sous silence, comme l'a été Epbraïm, Dan n'a pas été mentionné non plus, et pen-
Apoc. vit, 8-12.
signati , ex tribu Levi duodecim millia signati, ex tribu Issachar duodecim raillia signati,
8. ex tribu Zabulon duodecim millia signati, ex tribu Joseph duodecim millia signati, ex tribu Benjamin duodecim millia signati.
9. Post haec vidi turbam raagnam, quam dinumerare nemo poterat^ ex omnibus gentibus, et tribubus, et populis, et linguis : stantes ante thronum et in conspectu Agni, amicti stolis albis, et palmae in manibus eorum ;
10. et clamabant voce magna, dicentes : Salus Deo nostro, qui sedet super thronum, et Agno.
11. Et omnes angeli stabant in circuituthroni, et seniorura, et quatuor animalium ; et ccciderunt in conspectu throni in faciès suas, et adoraverunt Deum,
12. dicentes : Amen. Benedictio, et claritas, et sapientia, et gratiarum actio,
de la tribu de Lévi, douze mille; de la tribu d'Issachar, douze mille ;
8. de la tribu de Zabulon, douze mille; de la tribu de Joseph, douze mille; de la tribu de Benjamin, douze mille étaient marqués du sceau.
9. Après cela, je vis une grande multitude, que personne ne pouvait conjpter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue; ils se tenaient devant le trône et en face de l'Agneau, vêtus de robes blanches, et ils avaient des palmes dans leurs mains.
10. Et ils criaient d'une voix forte, et disaient : Le'^salut est à notre Dieu, qui est assis sur le trône, et à l'Agneau,
11. Et tous les anges se tenaient autour dr. trône, et des vieillards, et des quatre animaux ; et ils se prosternèrent devant le trône sur leurs visages, et adorèrent Dieu,
12. en disant : Amen. Bénédiction, gloire, sagesse, action de grâces, hon-
dant longtemps on voyait en cela la preuve que cette tribu devait donner naissance à l'Antéchrist (voyez saint Irénée, adv. Eser., v, 30, 2 ; saint Hippolyte, de Antlchr., v, 6, etc.) ; mais elle est omise aussi par l'auteur de I Par. iv-vii, probablement parce qu'elle avait disparu de bonns heure. D'ordinaire, dans les ^numérations de ce genre, ce sont les flls de Iiévi qui sont passés sous silence, à cause de leur situation spéciale et parce qu'ils n'avaient pas d'héritage terrestre.
2° Scène dans le ciel : la multitude sans nombre des élus. VIII, 9-17.
9-10. Ces bienheureux, qui appartiennent aux contrées les plus diverses, offrent à Dieu leurs hommages reconnaissants. — Dinumerare nemo... :
par contraste avec les 144 000, dont le dénombrement avait été facile. — Ex omnlhui... Pour la formule, voyez V, g"" et les notes.
— Suantes ante. . . et ■in... : en union Intime avec Dieu et avec l'Agneau. — Amicli... albis... Encore le vêtement des élus. Jut. III, 5 et VI, 11. — Et palmse... L'emblème de la victoire, car souvent la palme était la récompense de ceux qui avaient triomphé dans les jeux publics. Quelques intcr-
Athlète tenant une palme.
(Statae du Vatican.)
prêtes out supposé, mais sans raison suffisante, que ce trait ferait allusion à la coutume Juive de porter et d'agiter joyeusement des branches de palmier durant la fête des Tabernacles. Cf. Lev. XXIII, 40; I Mach. x, 7 (AU. arch., pi. cviir, flg. 3). — Clamabant... (vers. 10) : dans l'élan de leur joie et de leur reconnaissance. — Salus (avec l'article dans le grec) Deo... C.-à-d. : Le salut dont noua jouissons (comp. le vers. 14) revient tout entier à Dieu et à l'Agneau, et nous leur en rendons grâces. Cf. Ps. m, 9.
11-12, Les aages unissent leurs hommages à ceux de la foule des élus. — Ccciderunt... et... Comme plus haut, iv, 10 et v, 8, 14. — Amen (vers. 12). Cf. V, 14»>. Par ce mot expressif, les anges s'associaient au chant des bienheureux. Ils entonnent ensuite leur propre cantique : Benedictio... (sù/apco-TCX ; cf. iv, 9), et..., et... Cf. v, 12 et 13. Les sept substantifs sont accompagnés de l'article dans le grec. — Claritas : v) ôo^a, la gloire.
13-17. L'un des vieillards indique à Jean ce qu'est cette foule considérable. Nous avons Ici, tous une forme dialoguée, l'explication du tableau décrit dans les vers, 9-12. — Le verbe respondit est employé à la manière hébraïque , pour signifier : Il prit la parole. Cf. Matth. xi, 25, etc. — Quis est... et unde...? Le vieillard s'exprime comme s'il supposait que Jean dût comprendre de lui-même la vision. Cf. Ez. IV, 13. — Tu scis. Cf. Ez. xxxvii, 3. Manière respectueuse de dire : Je l'ignore, mais j'espère l'appi'endre de vous. — Qui venerunt. Au participe présent dans le grec : venant. On voyait la foule accourir et sj grouper devant le trône. — De tribulatione... La grande irlbulation (avec un aiLicle cmpliatique) est peut-être celle qui i
Apoc. VII, 13-17.
neiir, puissance et force à notre Dieu dans tous les siècles des siècles. Amen.
13. Et l'un des vieillards prit la parole et rae dit : Ceux qui sont vêtus de robes blanches, qui sont- ils? et d'oii sont- ils venus?
14. Et je lui dis : Mon seigneur, vous le savez. Et il rae dit : Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation, et qui ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau.
15. C'est. pour cela qu'ils sont devant le tri^ne de Dieu, et ils le servent jour et nuit dans son temple ; et celui qui est assis sur le trône dressera sa tente au-dessus d'eux.
16. Ils n'auront plus ni faim ni soif, et le soleil ni aucune chaleur ne frappera plus sur eux ;
17. car l'Agneau, qui est au milieu du trône, sera leur pasteur, et il les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
honor, et virtus, et foi titudo Deo nostro, in ssecula sseculornm. Amen.
13. Et respondit unus de senioribus, et dixit mihi : Ili qui amicti sant stolis albis, qui sunt? et unde venerunt?
14. Et dixi illi : Dotnine rai, tu scis. Et dixit mihi : Hi sunt qui xenerunt de tribulatione magna, et laverunt stolas suas, et dealbaverunt eas in sanguine Agni.
15. Ideo sunt ante thronura Dei, et serviunt ei die ac nocte in lemplo ejus; et qui sedet in throno, habitabit supei* illos.
16. Non esurient, neque sitient arapli us, nec cadet super illos sol, neque ullus sestus ;
17. quoniam Agnus qui in medio throni est reget illos, et deducet eos ad vitae fontes aquarum, et absterget Deus omnem lacrymara ab oculis eorum.
été prédite par le Sauveur (cf. Matth. xxiv, 21). En tout cas, les persécutions n'ont manqué à l'Église à aucune époque de son histoire. — Dealbaverunt. . . in sanguine. . . Paradoxe frappant. Sur la vertu purificatrice du sang de
L'Asrneau snr un trône.
(D'arrès une ancienne mosaïque.)
l'Agneau, voyez i, 5 et xxii, 14; I Joan. ir, 2 ; Hebr. ix, 14, etc. — Ideo (vers. 15) : parce qu'ils ont courageusement supporté les tribulations pour le Christ, et parce qu'ils ont vécu dans la eainteté. — Suit une petite description éloquente des occupations des élus dans le ciel et de leur bonheur indicible ; sunt ante... — Serviunt... Cf. xxu, 3. Le grec ^axpsvovai
marque un service de religion, d'adoration, car les élus sont tous prêtres, d'après i, 6, etc. — In templo : dans le ciel, envisagé comme un temple. Cf. iv, 1 ; xi, 19, etc. — Habitabit super... Plus exactement : Il étendra une tente au-dessus d'eux. C.-à-d. : il les abritera. — Non esurient, neque... (vers. 16-17). Tout ce passage est emprunté à Isaïe, xlix, 9-10, avec de légères modifications. Les derniers mots, et absterget.. ., proviennent d'un autre oracle d'Isaïe, XXV, 8. Sa at Jean remplace les mots « mlserator ejus » du prophète par Agnus qui in medio... — Reget (mieux : « pascet »0... et deducet... Comp. le Ps. xxii, 1-3. Autre paradoxe très touchant : c'est un agneau qui conduit les Irebls au pâturage et à l'abreuvoir. — Vitœ fontes... : uux sources qui procurent la vie. — Omnem lacryi.am... Non seulement les élus n'ont pi as à se préoccuper des choses nécessaires à la vie, objet de tant de sou' is et de tant de travail ; mais toute tristesse est à jamais éloignée d'eux. Cf. xxi, 4. — Il est aisé de comprendre que ces deux visions sont destinées à rassurer l'Église en face des grandes calamités qui la menaceront à la fin du monde. « La vue anticipée de la victoire doit inspirer aux fidèles le courage d'affronter les crises redoutables qui les séparent encore du terme espéré. *
Apoc. VIII, 1-5.