Propterea Isetamini, cseli, et qui
dans la lutte qu'il soutiendra jusqu'à la fin du monde contre Jésus-Christ et les siens, ne sera jamais vainqueur. »
7-9. Guerre dans les sphères célestes et défaite du prince des démons. — Factum... prselium... Ce cpmbat n'a jamais cessé depuis la révolte de Satan; il se renouvellera plus formidable que jamais aux derniers jours, comme il sera dit plus bas, xvi, 13 et ss. ; xx, 7 et ss. — Michael. Ce glorieux archange, déjà « champion de Dieu » et de son peuple sous l'Ancien Testament (cf. Dan. x, 13, iîl ; xii, 1), l'est aussi sous la nouvelle alliance; 11 vient au secours de l'Israël chrétien, menacé par les anges rebelles. Sa lutte contre Satan est aussi mentionnée par saint Jude, 9; mais là il s'agit probablement de sa chute primitive. — Non valuerunt (vers. 8). L'issue du combat ne pouvait être douteuse. La défaite des mauvais anges est exposée en termes dramatiques ; non seulement ils furent impuissants à vaincre, mais 11 ne resta pas trace d'eux dans le ciel (neque locus...). — Le vers. 9 développe cette pensée en un langage majestueux, et sur le ton du triomphe : projectus est. — Draco ille..., serpens... L'énumération est encore plus solennelle dans le grec, où la plupart des mots sont précédés de l'article. L'épithète antiquus nous ramène à la tentation primitive ( Gen. m , 1 ; cf. Sap. ii , 24 et II Cor. xi , 3 ). Dans le Talmud aussi, Satan est appelé l'antique serpent. — Diabolus et Satanas. Le premier nom est d'origine grecque (otâêoXoç, le calomniateur);, le second, d'origine hébraïque (Satan, radver.«aire). Cf. Job, i, 6 et ss. — Qui seducit... Cf. XX, 3, 7, 9. C'est par là surtout qu'il est dangereux pour les hommes. — Projectus est in... Cf. Luc. X, 18; Joan. xii, 31. La phrase, qui avait
été interrompue pour énumérer les titres de Satan, est maintenant reprise et achevée.
10-12. Chant de triomphe dans le ciel au sujet de la défaite du démon. — Vocem magnam. Cf. VI, 6; XI, 12, 15, etc. D'après quelques commentateurs, qui s'appuient sur les mots « fratrum nostrorum >^, cette voix aurait été celle des chrétiens déjà entrés dans la gloire. C'était plutôt celle des anges. — L'adverbe nunc est fortement souligné : Maintenant que Satan est vaincu, impuissant. — Salus, et..., et... Les quatre substantifs sont précédés d'un article dans le texte grec : Le salut, la force... Nous avons vu plus haut des formules de louange analogues à celle-ci. Cf. iv, 11; v, 12 et 13; vu, 10, 12; XI, 15, — Et potestas Christi. Jésus-Christ peut dire plus que jamais : Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Cf. Matth. xxviii, 18. — Quia... Motif delà louange. Les mots fratrum nostrorum désignent les hommes, auxquels les esprits célestes donnent aimablement le titre de frères, par sympathie. — Qui accusabat. L'emploi de l'indicatif présent dans le grec dénote un fait perpétuel. Sur ce fait, voyez I Par. xxi, 1-2; Job, i, 6 et ss.; ii, 1 et ss.; Ez. m, 1, etc. — Et ipsi... (vers. 11) : à savoir, les frères des anges ; les chrétiens fidèles, d'après les mots qui suivent (vicerunt propter...). — Propter sanguinem... C'est grâce au sang du Christ qu'ils ont pu remporter la victoire. Cf. V, 9 et VII, 14. — Propter terbum... Cf. vi, 9. A cause du témoignage courageux qu'ils ont rendu à leur Sauveur. — Non dilexerunt... usque... Pour la pensée, voyez Luc. xiv, 26 et Joan. XII, 25. Ces chrétiens généreux n'ont pas aimé tellement la vie, qu'ils n'aient été disposés à la sacrifier pour le Seigneur. — Propterea,.,
Apoo. XTI, 13-16.
habitatis in eis. Vee terrge et mari, quia descendit diabolus ad vos, habens iram magnam, scieiis quod raodicum tempus habet,
13. Et postquam vidit draco quod projectus esset in terram, persecutus est mulierem quae peperit masculum.
14. Et datée sunt mulieri aise duse aquilse magnse, ut volaret in desertum in locum suum, ubi alitur per tempus, et tempora, et dimidium temporis, a facie serpentis.
15. Et misit serpens ex ore suo post mulierem, aquam tanquam flumen, ut eam faceret trahi a fiumine.
16. Et adjuvit terra mulierem, et aperuit terra os suum , et absorbuit flumen quod misit draco de ore suo.
cieux , et vous qui y habitez. Malheur à la terre et à la mer, car le diable est descendu vers vous avec ime grande colère, sachant qu'il n'a que peu de temps.
13. Et quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l'enfant mâle,
14. Mais à la femme furent données les deux ailes du grand aigle, afin qu'elle s'envolât au désert, dans son lieu, où elle est nourrie pendant un temps, des temps, et la moitié d'un temps, loin de la présence du serpent.
15. Et le serpent lança de sa gueule, après la femme, de l'eau comme un fleuve, afin qu'elle fût entraînée par le fleuve.
16. Mais la terre secourut la femme, et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa gueule.
cœli (vers. 12). La défaite de Satan et son expulsion du céleste séjour sont naturellement une cause de grande allégresse pour le ciel et ses habitants. Au lieu de qui habitatis^..., le grec porte : Vous qui y avez vos tentes. Voyez vu, 15^ et les notes; xm, 6. — Vœ terrx et... Contraste avec la joie du ciel. La terre sera plus que jamais le théâtre de tous les agissements de Satan, maintenant qu'il a été chassé du ciel par un décret irrévocable. La mer est mentionnée aussi, comme faisant partie du globe terrestre. — Quia descendit... : ainsi qu'il a été dit au vers. 9. Circonstance qui doit ajouter à l'effroi des humains : il est descendu habens iram..., par suite de sa défaite ignominieuse. De plus, il sait que son pouvoir ne durera que peu de temps : sciens quod. . . Selon toute probabilité, le modicum tempus ne diffère pas des trois ans et demi que signale le vers. 14, ni des 1260 jours du vers. 6. Déjà le premier avènement du Chribt a singulièrement diminué la puissance de Satan ; le second la ruinera totalement, en le chassant lui-même à jamais dans l'abîme éternel. Cf. xx, 9-10.
40 Haine du dragon contre la mère mystique du Christ. XII, 13-18.
Il se met immédiatement à l'œuvre, ainsi que le vers. 12'' le faisait pressentir. Nous avons ici la suite de la description commencée au vers. 6, et momentanément interrompue.
13-16. Le dragon essaye en vain de nuire à l'Église, car elle est l'objet de la protection particulière de Dieu. — Postquam vidit... Lorsqu'il se rendit bien compte de l'étendue de sa défaite. — Datse sunt... aise... (vers. 14). Le grec a un double article : Les deux ailes du grand aigle lui furent données. Frappant symbole du secours accordé par le ciel à la mère mystique du Christ. L'image représente la ra-
pidité de la fuite, et par conséquent la sécurité la plus entière. — Ut... in desertum. Des mots in locum suum et ubi alitur..,, il ressort que l'écrivain sacré a en vue la même retraite qu'au vers. 6. L'alimentation mystérieuse de la femme se rapporte à tous les moyens par
Aigle sur une monnaie grecque.
lesquels le Christ soutient et défend son Église. — Per tempus... et... et... C.-à-d., d'après le sentiment le plus vraisemblable, pendant une année, deux années et la moitié d'une année. L'expression est empi'untée à Daniel, vu, 25 (voyez le commentaire). Le sens est : jusqu'à l'avènement du Christ. — Et misit... (vers. 15), et adjuvit... (vers. 16). autres figures, soit de la haine profonde de Satan et de sa violence perfide, soit de la protection incessante et toute puissante du Seigneur. La terre personnifiée joue un rôle compatissant. Comparez Num. xvi, 30-33, comme contraste.
17-18. Ne pouvant se venger sur la mère du Christ, le dragon l'attaque dans ses autres enfanta.
Apoc. XII, 17 — XTII, 3.
17. Et le dragon fut irrité contre la feinine, et il alla faire la guerre à ses autres enfants, qui gardent les commandements de Dieu, et qui ont le témoignage de Jésus -Christ.