Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même
On voit par ces mots que les chi-étiens s'étaient mis dès l'origine, conformément à l'usage juif Buivi par Jésus lui-même (cf. Matth. xv, 36; XXVI, 26, etc.), à faire des prières avant et après les repas. Voyez Act. xxvii , 35 ; I Tim. IV, 4, etc. — Nemo enim... (vers. 7). La pensée se généralise, selon la coutume que suit saint Paul de rattacher toujours les cas spéciaux à des principes supérieurs. IjC chrétien, quoi qu'il fasse, dit ici l'apôtre, doit toujours se proposer Dieu comme la fin de ses actes, se souvenant que chacun d'eux sera examiné au tribunal du souverain Juge. — Sihi vivit , et... moritur. Vivre et mourir : dans ces deux expi-essions se résume toute notre existence ici - bas. L'homme naturel , le païen , le chrétien devenu indifférent ne songent qu'à vivre pour eux-mêmes, selon leurs goûts, leurs caprices ou leurs passions. Le chrétien a un maître, Jésus -Christ (comp. le vers. 4), auquel il est tenu de consacrer toutes ses actions, pour lequel il doit vivre et mourir, — Preuve qu'il en est vraiment ainsi : sive..., sive... (vers. 8). A trois reprises, le substantif Domino est très accentué. — In hoc (c.-à-d., (î: in hune finem ») enim... (vers. 9). Par sa mort et ea résurrection, Jésus -Christ s'est acquis un souverain domaine sur tous les hommes, qu'ils soient morts ou vivants (ut... dominetur) ; c'est pour cela que les chrétiens ont le devoir d'agir toujours pour lui. — Au lieu de resurrexit, quelques-uns des plus anciens manuscrits grecs ont e2^-/](r£v, « vixit. » La Vulgate a lu àvlorr), à la suite de nombreux manuscrits, d'Origène, etc. D'autres témoins ont réuni les deux leçons : Il est ressuscité et il a vécu. Dans tous les cas, le ç^erbe ï'!^-r\(Tzv ne peut désigner en cet endroit que la résurrection de Jésus - Christ.
10- 12. Puisqoe nous dépendons tous du Christ, personne n'a le droit de condamner son i)rochain.
— Tu autem... Apostrophe directe, comme au vers. 4. Après avoir émis ces idées générales, saint Paul revient à la question pratique, qu'il discute brièvement. — Le trait Quid judicas... se rapporte aux faibles ; le suivant, Quare spernis..., aux forts, Comp. le vers. 3. — Omnes eïiim... Au jugement incompétent des hommes l'apôtre oppose le jugement de Dieu , le seul qui soit juste et légitime. D'après la plupart des manuscrits grecs, il faut lire xov 0£Oû, « Dei, » et non toO XpiTxoO, Christi. D'ailleurs, c'est par son Christ que Dieu jugera le monde. — Scriptum est... (vers, 11), C'est un passage d'Isaïe, XLV, 23, cité librement d'après les LXX, qui sert à démontrer ici que tous les hommes comparaîtront devant le tribunal de Dieu, — Les mots Vivo ego, dicit Dominus sont substitués par saint Paul à la formule : « Je jure par moi-même, » dont ils sont l'équivalent. — 3Iihi flectetur... Cet hommage d'adoration, que tous les hommes rendront à Dieu d'après la prophétie , suppose qu'ils reconnaîtront en lui leur Maître souverain, par conséquent leur Juge, — Et omnis lingua... Dans Isaïe : "Et toute langue jurera par Dieu, C'est la même pensée : tous rendront un culte au Seigneur. — Itaqne... (vers, 12). Conclusion de tout ce qui précède r ce n'est point aux hommes, mais à Dieu, que nous avons des comptes à rendre ; que l'on cesse donc de se juger et de se critiquer mutuellement.
2° Il faut, sur le point en litige, se laisser guider aussi par la charité, et par la considération du tort que l'on pourrait faire au prochain* XIV, 13-23.
Après avoir examiné la question du côté de Dieu , l'écrivain sacré l'envisage du côté des hommes, c.-à-d., du côté des faibles, puisque c'est narticulièrement aux forts qu'il adressera la
KoM. XIV, 13-17.
- 13- Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; mais jugez plutôt que vous ne devez pas placer devant votre frère une pierre d'achoppement ou de scandale.
14. Je sais et je suis persuadé dans le Seigneur Jésus que rien n'est impur en soi-même, et qu'une chose n'est impure que pour celui qui l'estime impure.
15. Mais si pour un aliment tu attristes ton frère, dès lors tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas , par ta nourriture, perdre celui pour qui le Christ est mort.
16. Que le bien dont nous jouissons ne soit donc pas une occasion de blasphème !