Non est enim regnum Dei csca et
parole. La charité demande, dira -t -11, que l'on tienne compte des appréciations et de la conscience d'autrui, et qu'en agissant on ne pense pas uniquement à soi.
13. Tiansition et introduction. — Les mots Non ergo amplius... récapitulent l'alinéa qui précède ; les suivants, SC(Z hoc judicate..., résument d'avance celui-ci. — Offendiculum, : ce contre quoi on vient se heurter et qui occasionne une chute. — Scandalum : un piège moral.
14-18. Ne pas froisser iEutilement les sentiments des faibles. Saint Paul commence par établir qu'en somme les choses en question sont tout à fait indifférentes par elles-mêmes, et en cela il donne tacitement raison aux forts ; mais il partira de cette concession pour leur prescrire strictement leui*s devoii's. — Scio et... Assertion très solennelle. D'après le grec : Je sais et je suis convaincu. Cette science, cette conviction, il les a, non comme un homme ordinaire, mais comme ministre de Jésus -Christ, auquel il est étroitement uni : in Domino. . . C'est donc l'enseignement même du Chx'ist qu'il va reproduire.
— Commune, xoivov, était une expression technique chez les Juifs, pour désigner ce qui était impur, et par conséquent interdit, d'après la loi. Cf. I Mach. i, 50, 65; Act. x, 14, 28; XI, 8, etc. — Per ipsum. D'après la meilleure leçon du grec : « per semetipsum » (ô:' eauTOÙ), par soi- même, par sa propre nature. La variante ôc' a-^ToO, qu'a suivie la Vulgate, est très probablement une correction ; le pronom « ipsum » désignerait le Sauveur, qui a abrogé les préceptes de la loi mosaïque relatifs au pur et à l'Impur. — Nisi ei quL.. Restriction importante en ce qui concerne la moralité des actes. Si quelqu'un, quoique à tort, suppose que tel aliment est interdit , il ne peut pas en manger sans pécher; car alors il agirait contre sa conscience, ce quj. n'est Jamais permis. Comp. le vers. 23*».
— Si... propter... (vers. 15), La particule yâp ienim) est trop bien garantie pour qu'on lui substitue ùé, « autem, » sur l'autorité do manuscrits moins importants. Elle crée quelque
difficulté pour la liaison des pensées; mais on peut fort bien rattacher le vers. 15 à la seconde partie du 13«', qui était encore présente à l'esprit de l'écrivain sacré. — Les mots propter cibum sont très accentués : pour un mets ! — Contristatur. Peine très vive et grosse de conséquences d'api-ès la suite du verdît, puisque saint Paul suppose qu'elle peut conduire à la perte de la vie éternelle ceux qui en sont atteints. Cela montre que les faibles, attristés de voir d'autres chrétiens mépriser leur conduite et mener une vie plus libre que la leur, s'indignaient contre eux, au point de commettre un péché mortel. — Cibo... perdere, pro quo... Il y a une ironie sanglante dans l'association de ces trois idées. — Non... blasphemetur... (vers. 16). C.-à-d., que ne soit point blâmé à tort et décrié comme une chose mauvaise. Les anciens commentateurs sont en désaccord à propos des mots bonum nostrum (ou « vestrum », d'après une variante qui ne change rien au sens). On leur a fait représenter tour à tour la foi chrétienne, la religion chrétienne, le roj'aume de Dieu, etc.; le blâme dirigé contre ce bien proviendrait des païens ou des Juifs, scandalisés de voir la discorde éclater parmi les chrétiens. Mais il ressort du contexte que les reproches viennent dos faibles, et l'on admet généralement aujourd'hui que le bien en question est la liberté chrétienne, dont les âmes scrupuleuses disaient beaucoup de mal à Rome, à cause de la conduite peu généreuse des forts. Voj^ez I Cor. x, 29-30. — Non est enim... (vers. 17). Cette autre locution énergique est bien dans le genre de saint Paul. L'essence du royaume de Dieu, c.-à-d., du christianisme, ne consiste pas dans la liberté de manger de toutes sortes d'aliments , de boire du vin, etc. N'attachez donc pas, dit l'apôtre aux forts, une telle importance à cette liberté, que vous en veniez à lui sacrifier l'union entre frères. — Justitia... Ce substantif et les deux suivants décrivent la vraie nature du royaume de Dieu. Il est vraisemblable qu'ils se rapportent aux devoirs des chrétiens entre eux, et non à leurs
Rom. XIV, 18-23.
potus, sed justitia, et pax, et gaudium in Spiritu sancto;
18. qui enira in hoc servit Christo, placet Deo, et probatus est hominibus.
19. Itaque quae pacis sunt sectemiir, et qiiae sedificationis sunt in invicem custodiaraus.
20. Noli propter escam destruere opus Dei. Omnia quidem sunt munda ; sed malum est honiini, qui per ofiendiculum mauducat.
21. Bonura est non manducare carnem, et non bibere vinum, neque in quo f rater tuus ofïenditur, aut scandalizatur, aut infirmatur.
22. Tu fidem habes? Pênes temetipsum habe coram Deo. Beatus qui non judicat semetipsum in eo quod probat.