‹ La Sainte BibleChapitre 127 sur 1331 · Dixitque Lot ad eos : Quœso, Domine mi · texte numérisé non relu

Dixitque Lot ad eos : Quœso, Domine mi

19. Quia invenit servus tuus gratiam coram te, et magnificasti misericordiam tuam quam fecisti mecum, ut salvares animam meam, nec possum in monte salvari , ne forte appréhendât me rnalurn, et moriar;

Le substantif hébr. corrélatif n'est employé qu'ici et IV Reg. vi, 18.

12-14. Vains efforts pour associer au salut de Lot les fiancés de ses filles. Visus est quasi ludens loqui, comme un homme qui plaisante.

2° La divine vengeance, vers. 15-29.

Les vers 16-23 racontent d'abord comment Lot échappa à la destruction terrible.

15-16. Ce ne fut pas sans quoique difficulté que Lot lui-même et ses plus proches parents se décidèrent à quitter Sodome : cogebant, dissimulante ( hébr., hœsitante ) illo, apprehenderunt manum...

17. Pressante injonction des anges : Salva anU ii. um (pour « vitam »); c'est maintenant son

affaire. Deux conditions lui sont prescrites : 1° noli respicere...; épreuve imposée à sa foi , ou , selon d'autres, manière de lui dire qu'il devait s'enfuir au plus vite, sans permettre à la curiosité de ralentir sa marche ; 2° In monte... La chaîne de montagnes située à l'est de la Pentapole.

18-20. Lot, avant de se séparer des anges, leur demande humblement une faveur. Au vers. 19, il allègue les motifs sur lesquels s'appuyait sa requête : 1° la bonté de Dieu à son égard ; 2» la crainte de ne pouvoir atteindre assez promptement les montagnes indiquées. — Le vers. 20 contient la supplique proprement dite. Civitas hac: pronom pittoresque; Lot montrait du doigt la ville. Parva : hébr, mis'âr ( la même expression est répé-

MX, 20-28.

20. Est civitas hœc juxta, ail quam possum t'ugore, parva, efsalvabor in ea; numquid non modica est, et vivet anima mea?

21. Dixitque ad eum : Ecce etiarn in hoc suscepi preces tuas, ut non subvertara urbeni pro qua locutus es.

22. Festina et salvare ibi, quia non potero facere quidquam donec ingrediai is illuc. Idcirco vocatura est noraen urbis ilïius Segor.

23. Sol egressus est super terrara. et Lot ingressus est Segor.

24. Igitur Dominus pluit super Sodomara et Gomorrham sulphur et ignem a Domino de caelo,

25. Et subvertit civitates has , et omnem circa regionem, universos habitatores urbium, et cuncta terrse virentia.

26. Respiciensque uxor ejus post se, versa est in statuam salis.

27. Abraham autem consurgens mane, ubi steterat prius cum Domino,

28. Intuitus est Sodomam et Gomorrham, et universam terram regionis ilïius; vidirque ascendentem favillam de terra quasi fornacis fumum.

20. Mais il y a près d'ici une ville où je puis fuir; elle est petite, je puis m'y sauver. Vous savez qu'elle n'est pas grande, et elle me sauvera la vie.

21. L'ange lui répondit : J'accorde encore cette grâce à la prière que vous me Laites, de ne pas détruire la ville pour laquelle vous me parlez.

22. ILItez-vous de vous sauver en ce lieu-là, parce que je ne pourrai rien l'aire jusqu'à ce que vous y soyez outré. C'est pour cette raison que cette ville fut appelée Ségor.

23. Le soleil se levait sur la terre au même temps que Lot entra dans Ségor.

24. Alors le Seigneur fit descendre du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu,

25. Et il perdit ces villes, et tout le pays d'alentour, et tous les habitants des cites, et tout ce qui avait quelque verdure sur la terre.

26. Or la femme de Lot regarda derrière elle, et elle fut changée en une statue de sel.

27. Or Abraham s'étant levé le matin, vint au lieu où il avait été auparavant avec le Seigneur,

28. Et regardant Sodome et Gomorrhe , et tout le pays d'alentour, il vit des cendres enflammées qui s'élevaient de la terre comme la fumée d'une fournaise.

tée pour modica). En insistant sur la petitesse de la ville, le suppliant voulait dire qu'une localité si peu considérable n'était pas sans doute corrompue comme Sodome, et qu'il serait plus aisé à Dieu de l'épargner.

21-22. Ecce etiam in hoc... Aimable acquiescement, malgré le peu de foi de Lot. Une condition, pourtant -.festina. — Conclusion historique : idcirco... Segor; en hébr. : So'ar, {Jeu de mots avec mis*ar, petite ). Le nom primitif était Bala, d'après xrv, 2. La plupart des interprètes contemporains placent Ségor dans l'ouadi es-Saneh, à une heure environ du S.-E. de la mer Morte.

2-1. Description de la ruine de la Pentapole, 2 1-28. — Super Sodomam et Gomorrham. D'après Deut. xxix, 22, Adama et Seboïm furent également détruites ; on ne mentionne ici que les deux vUles principales. — Pluit... sulphur et ignem. Les interprètes discutent sur la manière dont eut Heu ce terrible phénomène : vraie pluie de soufre incandescent, éruption volcanique, ou la foudre produisant une conflagration parmi les matières si inflammables ( soufre et bitume ) qui abondent dans cette région ; telles sont les principales hypothèses.— A Domino de cœlo. i Jéhovah fit pleuvoir... de Jéhovah, du ciel. J> L'expression est remarquable. Selon plusieurs Pères ( S. Ignace, S. Justin martyr, Tertullien, S. Cyprien, 3. Atba-

nase, etc.), le premier « Dominus » désignerait le Verbe ; le second , Dieu le Père.

25. Et subvertit... Le résultat produit fut xine destruction universelle (omnem, universos. cuncta ) ; rien n'échappa. C'est à tort qu'on a rattaché à cet événement la formation de la mer Morte, qui doit remonter à une époque bien antérieure. Il serait possible, cependant, que la partie la plus méridionale et la moins profonde du bassin datât de la ruine de la Pentapole, et recouvrit au moins en partie l'emplacement des cités maudites. Voy. Chauvet et Isambert, Si/rie et Palestine, p. 367 et ss. ; de Saulcy, Voyage autour de la mer Morte; de Luynes, Voyage d'exploration à la mer Morte, I, 359 et ss.

26. Versa est in statuam salis. D'après l'hébr. : « Et elle fut une stèle (une colonne) de seL » Ou par une incrustation rapide, à la suite d'une mort foudroyante; ou par un soulèvement des masses de sel gemme qui existent au sud de la mer Morte (la femme de Lot aurait été alor3 saisie au milieu des blocs ). Le livre de la Sagesse, x, 7, et Jésus -Christ lui-même, Luc. xvn, 32, signalent le caractère historique de cet épisode. Cf. Josèphe, Ant. I, 11.

27-29. L'écrivain sacré revient à Abraham, pour lui attribuer, après Dieu, le salut de Lou — Consurgens mane: anxieux de savoir ce qui s'était passé. — Ubi steterat : là où il avait adresré

Gen. XIX, 29-38.

29. Lorsque Dieu détruisait les villes de ce pays-là, il se souvint d'Abraham, et délivra Lot de la ruine de ces villes dû il avait demeuré.

30. Lot étant dans Ségor, eut peur d'y périr, s'il y demeurait. Il se retira donc sur la montagne avec ses deux filles, entra dans une caverne, et y demeura avec elles.

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