‹ La Sainte BibleChapitre 13 sur 1331 · Le début de la création. I · texte numérisé non relu

Le début de la création. I

Chap. I. — 1. Ce verset ne contient pas un sommaire do VHexaméron ; il raconte le premier acte du Créateur, la production de la matière cosmique, qui fut, ensuite façonnée par des élaborations progressives. — In principio, d'une manière absolue; au commencement du temps, du monde. Cf. Joan. i, 1. Quoique plein de beauté, le sens métaphysique « In Filio », attaché par quelques Pères à cette locution , s'écarte de la lettre. — Creavit. Dans les chap. i et n de la Genèse , quatre verbes distincts expriment l'action créatrice de Dieu : bara', créer (i, 1, 21, 27); 'aiah , faire (i, 7, 16, 25, etc.); yaçar, former (ii, 19); banah, bâtir (n, 22). Len trois derniers désignent l'organisation de subsVxnces déjà existantes; bara', aux formes kal et niphal, signifie toujours : « creare ex nihilo, » et n'est employé que pour marquer une œuvre divine, n s'agit donc ici d'une création dans le sens strict. Cf. II Mach. vu, 28. — Deus. Hebr.: 'Elohim, pluriel de majesté; le singulier, 'Eloùah, est rare et poétique. La racine est 'ul, être fort; selon d'autres, 'alah, craindre, vénérer. C'est le plus commun des noms divins; il est

répété plus de deux mille fols dans la Bible hébraïque. — Cœlum et terrant : c.-ù-d. l'univers entier, qui, envisagé au point de vue de l'iiomme, se décompose, en effet, en deux groupes d'êtres créés : le ciel au-dessus de nous, la terre sous nos pieds. — Quelle date fixer à cette première création? La Bible est muette sur ce point, et les systèmes de chronologie qui prétendent nous donner l'âge exact du monde sont tous erronés et sans base solide. U paraît sûr, du moins, d'après les divers calculs des savants, que Vin principio remonte à une très haute antiquité. Cf. ilan. MM., nn. 278-279. — Plusieurs anciens Docteurs ont pensé que la création des anges est tacitement Impliquée dans le mot cœlum, et U n'y a aucune difficulté à l'admettre après eux. 2. Terra autem. Transition. Le narrateur va s'occuper plus spécialement de la terre, et il en décrit d'abord l'état primordial, qui était un état de chaos. — Inanis et vacua; en hébreu, tôhu vabôhu, dont nous avons fait « tohu-bohu », pour désigner le pêle-mêle, le désordre. Allitération sauvage et pittoresque; sa vraie traduction serait « vastitas et inanitas », à l'abstrait. — Et tenebrse: des ténèbres opaques, affreuses, la lumière n'existant pas encore, recouvraient faclem abyssi. L'hébreu t'hôm montre qu'il s'agit d'un immense océan sans rivages, dans leauel les rudiments du globe terrestre étaient plongés. — Spiritus est ambigu , comme le ruah du texte primitif, et peut signifier «vent» ou «esprit ». SI l'on adopte la première interprétation avec les interprètes juifs et quelques Pères, Dei serait un superlatif à la façon hébraïque ( « montes Del, cedrl Del »), pour marquer un vent violent, lancé par le Créateur 6ur l'abîme humide, en vue de le dessécher. Mais il est plus conforme à la tradition, a l'usage biblique des mots « Esprit de Dieu » (Gen. Xli, 3S ; Ex. xxxi, 3; Num. xxrv, 2; Jud. in, 10; Is. xi, 2, etc.), et au contexte, de voir ici une énergie et une personne divines, que des révélatioas

Gen. I, 3-6.

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