‹ La Sainte BibleChapitre 131 sur 1331 · La motion est acceptée, et aussitôt réalisée · texte numérisé non relu

La motion est acceptée, et aussitôt réalisée

36-38. Les conséquences. — Moab, nom dont la racine paraît être Mëab, « a pâtre,» flls du père de sa mère. — Ammon... filius populi nu i : tel est, en effet, le sens des mots ben-'ammi.

Ci en. XX, 1-7.

en ai» mu-: xx

1. Profectus inde Abraham in terram australem, habita vit inter Cades et Sur, et perégrinatue est in Geraiie.

•J. Dixitqne de Sara uxore sua : Soror mea est. Misit ergo Abimelech rcx Gerarœ, et tulit eam.

3. Venit autera Detis ad Abimelech per somnium nocte, et ait il 1 i : En moîieiïs pfoptér mulierem quam tulisti; habet enim virum.

4. Abimelech vero non tctigerat eam, était: Domine, num gentem ignorantem et justam inteiticies?

5. Nonne ipse dixit mihi : Soror mea est; et ipsa ait : Frater meus est? In eimplicitate cordis mei, et munditia manuum mearum, feci hoc.

6. Dixitque ad eum Deus : Et ego scio quod simplici corde feceris; et ideo cuetodivi te ne peccares in me, et non dimisi ut tangeres eam.

7. Nunc ergo redde viro suo uxorem, quia propheta est; et orabit pro te, et vives; si autem nolneris reddere, scito

1. Abraham étant parti de là pour aller du côté du midi, habita entre Cadès et Sur. Et étant allé à Ciérara pour y demeurer quelque temps,

2. Il dit, parlant de Sara sa femme, qu'elle était sa sœur. Abimelech, roi de Gérara, envoya donc chez lui, et fit enlever Sara.

3. Mais Dieu, pendant une nuit, apparut en songe à Abimelech, et lui dit : Vous serez puni de mort à cause de la femme que vous avez enlevée, parce qu'elle a un mari.

4. Or Abimelech ne l'avait point touchée ; et il répondit : Seigneur, punirezvous de mort l'ignorance d'un peuple innocent?

5. Cet homme ne m'a-t-il pas dit luimême qu'elle était sa sœur? et elle-même aussi ne m'a-t-elle pas dit qu'il était son frère? J'ai fait cela dans la simplicité de mon cœur, et sans souiller la pureté de mes mains.

6. Dieu lui dit : Je sais que vous l'avez fait avec un cœur simple ; c'est pour cela que je vous ai préservé afin que vous ne péchassiez point contre moi, et que je ne vous ai pas permis de la toucher.

7. Rendez donc présentement cette femme à son mari, parce que c'est un prophète; et il priera pour vous, et vous

f IV. — Abraham à Gérara. XX, 1 — XXI, 34.

1° Sara est encore merveilleusement préservée. XX, 1 — 1S.

Chap. XX. — 1. Profectus inde: de Marobré, près d'IIébron. — In terram australem : le Négeb, comme précédemment (xn, 9). — Jnter Cades et Sur. Dans quelque fertile oasis, située entre ces deux déserts. Voy. les notes de xvi, 7 et 14. — In Geraria.. Cf. x, 19. Le nom seul de cette ville a survécu , sous la forme de Khirbet - el- Gerar ; ses ruines mêmes sont à peine visibles. Cf. V. Guérin, Description de la Palestine : Judée, n, 254 et ss. Elle n'était pas très éloignée do Gaza (au sud), et appartenait aussi au territoire des Philistins. Cf. xxvi, 1.

2. Dixit... : Soror mea. Comme vingt ans auparavant en Egypte, xn, 13. — Abimelech. Nom que l'on croit avoir été le titre commun des rois de cette contrée. Il signifie : Père du roi, ou bien Père - roi. — Tulit eam. Sara était alors âgée de quatre-vingt-dix ans ; mais elle avait été comme rajeunie miraculeusement pour pouvoir devenir mère. Peut-être aussi Abimelech désirait -il J*

prendre pour épouse, moins à cause de sa beauté qu'afln de s'unir par les liens du sang avec Abraham, qu'U voyait si riche et si puissant. Cf. vers. 22.

3. Dieu prend encore la défense de la mère du peuple privilégié. — Morieris. De la maladie mentionnée au vers. 17, et dont il avait été subitement atteint.

4-5. Abimelech se disculpe devant Dieu (Domine; hébr., 'Adonaï). Il allègue un excellent motif pour obtenir indulgence et pardon : num gentem ignorantem...* Et son ignorance était vraiment invincible, car ipse dixit..., ipsa ait... En résumé, il a agi in simplicitate coi'dis et munditia manuum: deux expressions qui désignent l'innocence, envisagée sous le rapport soit intérieur, soit extérieur. C'était pourtant le rapt et la polygamie; mais Abimelech parle conformément à la moralité relâchée de son pays, qui ne réprouvait que l'adultère proprement dit.

6 -7. Dieu accepte son excuse d'après la môme règle (vers. 6); il lui impose toutefois une condition (mme ergo redde), avec promesse de pardon s'il obéit, avec menace de mort dans le ccç

G en. XX, 8-16.

vivrez. Que si vous ne voulez point la ' rendre, sachez que vous serez frappé de mort, vous et tout ce qui est à vous.

8. Abimélech se leva aussitôt lorsqu'il était encore nuit, et ayant appelé tous ses serviteurs, il leur dit tout ce qu'il avait entendu; et ils furent tous saisis de frayeur.

9. Il manda aussi Abraham, et lui dit : Pourquoi nous avez -vous traités de la sorte? Quel mal vous avions -nous fait, pour avoir voulu nous engager moi et mon royaume dans un si grand péché?

Vous avez fait assurément à notre égard ce que vous n'auriez point dû faire.

10. Et continuant encore ses plaintes, il ajouta : Qu'avez -vous envisagé en agissant ainsi?

11. Abraham lui répondit : J'ai songé et j'ai dit en moi-même : II n'y a peutêtre point de crainte de Dieu en ce paysci; et ils me tueront pour avoir ma femme.

12. D'ailleurs elle est véritablement ma sœur, étant fille de mon père, quoiqu'elle ne soit pas fille de ma mère; et je l'ai épousée.

13. Or depuis que Dieu m'a fait sortir de la maison de mon père, je lui ai dit : Vous me ferez cette grâce dans tous les pays où nous irons, de dire que je suis votre frère.

14. Abimélech donna donc à Abraham des brebis , des boeufs , des serviteurs et des servantes; il lui rendit Sara sa femme;

15. Et il lui dit : Vous voyez devant vous toute cette terre, demeurez partout où il vous plaira.

16. Il dit ensuite à Sara : J'ai donné mille pièces d'argent à votre frère, afin qu'en quelque lieu que vous alliez, vous

quod morte morieris tu, et omnia quœ tua sunt.

8. Statimque de nocte consurgens Abimélech, vocavit omnes servos suos, et locutus est universa verba hœc in auribus eorum , timueruntque omnes viri valde.

9. Vocavit autem Abimélech etiam Abraham, et dixit ei : Quid fecistisnobis? quid peccavimus in te, quia induxisti super me et super regnum meum peccatum grande? quse non debuisti facere, fecisti nobis.

10. Rursumque expostulans, ait : Quid vidisti, ut hoc faceres?

11. Respondit Abraham : Cogitavi mecum , dicens : Forsitan non est timor Dei in loco isto; et interficient me propter uxorem meam;

12. Alias autem et vere soror mea est, filia patris mei, et non filia matris meas, et duxi eam in uxorem.

13. Postquam autem eduxit me Deus de domo patris mei, dixi ad eam : Hanc misericordiam faciès mecum : in ornni loco, ad quem ingrediemur, dices quod frater tuus sim.

14. Tulit igitur Abimélech oves et boves, et servos et ancillas, et dédit Abraha? ; reddiditque illi Saram uxorem suam,

15. Et ait : Terra coram vobis est; ubicumque tibi placuerit, habita.

16. Sarae autem dixit : Ecce mille argenteos dedi fratri tuo; hoc erit tibi in velamen oculorum ad omnes qui tecum

contraire. — Le mot propheta doit être pris ici , d'après le contexte (oraoit) , dans sa signification primitive, de façon à désigner non le prophète qui rend des oracles, mais l'homme qui est uni étroitement avec Dieu et qui intercède («qui parle pour » ) en faveur d'un autre.

8-10. Abimélech obéit sur-le-champ, mais non sans adresser à Abraham quelques reproches, comme autrefois le Pharaon. — Quid peccavimus in te...? Qu'avions-nous fait pour légitimer ta défiance?

11-13. Abraham Justifie sa conduite : 1° par la dépravation morale de tout le pays ( au lieu de forsitan non, il faudrait « omuino non », assertion très forte ) ; 2° par la réalité des faits : Êara est vraiment sa sœur, étant issue du même père que lui (c.-à-d. du même aïeul, commo l'in-

terprète justement la tradition juive); 3° par une convention conclue entre lui et Sara longtemps avant leur arrivée à Gôrara : convention , par conséquent , qui n'avait rien de spécialement Injurieux pour Abimélech.

14-16. Heureuse cessation du malentendu. Le monarque égyptien avait donné des présents à Abraham au temps de l'enlèvement de Sara ; puis, quand il reconnut son erreur, il les obligea l'un et l'autre à quitter le pays. Abimélech se montre plus noble et plus généreux. Au vers. 16, les mots fratri tuo ne sont pas dépourvus d'ironie. — Mille argenteos. Nous en ignorons la valeur, car le sicle ne devait pas encore exister. — Hoc... tibi in velamen. D'après cette traduction, le pronom désignerait les mille pièces d'argent. Et alors deux explications sont possibles : 1° Achète

Page 1