Ortusque est ei statim sol, post
2« La lutte avec l'ange, vers. 22-32.
2?-2i. Jacob et les siens liassent le gué du Jaboc. Le Jaboc, appelé aujourd'hui Ouadi es Zcrkn, ou Torrent bleu , est le plus considérable des affluents du Jourdain ; il servit plus tard de limite aux tribus de Gad et de Manassé, à l'est de ce fleuve. Il coule rapidement à travers un ravin profond.
24-25. Description de la lutte mystérieuse. — Mansit solus : sur la rive septentrionale du Jaboc , après avoir surveillé le passage du gué. — ikee vir... Un ange sous la forme humaine, d'après Os. xn, 4; ou Dieu lui-même, comme plusieurs Pères et commentateurs le concluent du vers. 30. — Luctabatur... Fait réel, et non pas allégorie plus ou moins vague. Jacob conserva longtemps les traces de la lutte. — Nervum femoris. Le mot hébreu désigne l'-« ischion », ou ta cavité osseuse dans laquelle s'emboîte et se ment l'os du lémur.
COM-MKNT. — I.
2C-29. Jacob, malgré sa blessure, remporte une double victoire. Victoire matérielle d'abord -.Non dimUlam te; puis victoire morale, en forçant son adversaire de le bénir. Il avait en effet compris, à la durée du combat, la nature supérieure de celui contre qui il luttait. — Nomen tuum... Israël. Nom qui se décompose ainsi : isra , il a été fort contre; 'El, Dieu. Ce changement de nom est ensuite expliqué avec la paronomase habituelle : contra Deum fortis fuisti (saryÇa *im 'Elohim). — Quanto magis... Cette dernière parole contient l'explication du duel symbolique. Dieu avait voulu rassurer ainsi Jacob au sujet de son frère; « Israël » n'a rien à craindre de personne. Déuo mination glorieuse, qui ne tardera pas à devenir celle de la race de Jacob.
30 - 32. Triple conclusion de l'épisode. 1° 2STomen loci... Phanuel. Hébr. : P'nyel, face de Dieu. 2° Claudicabat pede- Jacob ne s'aperçut fie sa luxation que lorsqu'il se mit n marcher.
G en. XXXII, 32 — XXXIII, 8.
h transgressus est Phanucl ; ipsfl vero claiidicabat pede.
32. Quara ob causam non comcdunt nerviun lilii Israël, qui emarcuit in femore Jacob, usque in prse entera «Hem, eu quod tetigei'it nervura femoiis ejus, tt obstupuerit.
qu'il venait de nommer Phannel, il vit e soleil qui 6e levait, mais il e trouva boiteus d'une jambe.
'A2. C'est pour cette raison que jusqu'aujourd'hui les entants d'Israël ne mangent point du nerf des btte, venant de celui qui l'ut touché en la cuisse de Jacob, et qui demeura sans mouvement.
CIIAPITliE XXXIII
1. Elevans autem Jacob oculos buos, vidit venientem Esau, et cum eo quadringentos viros; divisitque tilios Liœ et Rachel, ambarumque famularum,
2. Et posuit utramque ancillam, et liberos earum, in principio; Liam vero, et tilios ejus, in secundo loco ; Rachel autem et Joseph novissimos.
3. Et ipse progrediens adoravit pronus in teiTam septies, donec appropinquaret frater ejus.
4. Currens itaque Esau obviam fratri suo, amplexatus est eum; stringensque collum ejus, et osculans ftevit.
5. Levatisque oeulis, vidit mulieres et parvulos earum, et ait : Quid sibi vol un t isti? et si ad te pertinent? Respondit : Parvuli sunt, quos donavit mihi Deus servo tuo.
6. Et appropinquantes ancilhc et filii earum, incurva ti sunt.
7. Accessit quoque Lia cum pueris suis, et cum similiter adorasseut, extremi Jo?eph et Rachel adoraverunt.
8. Dixitque Esau : Qusenam sunt istœ turmae quas obviam habui? Respondit :
Ut invenirem gratiam coram domino meo.
1. Jacob, levant ensuite los yeux, vit Esau, qui s'avançait avec q tatre cents hommes, et il partagea les entants de Lia, de Rachel et des deux servantes.
2. Il mit à la tête les deux servantes avec leurs enfants, Lia et ses enfants au second rang, Rachel et Joseph au dernier.
3. Et lui, s'avançant, se prosterna sept fois en terre, jusqu'à ce que son frère fût près de lui.
4. Alors Esau courut au-devant de son frère, l'embrassa, le serra étroitement et le baisa en versant des larmes.
5. Et, ayant levé les yeux, il vit les femmes et leurs enfants, et il dit à Jacob : Qui sont ceux-là? Sont-ils à vous? Jacob lui répondit : Ce sont les petits enfants que Dieu a donnés à votre serviteur.
6. Et les servantes , s'approchant avec leurs enfants , le saluèrent profondément.
7. Lia s'approcha avec ses enfants, et, l'ayant aussi salué, Joseph et Rachel le saluèrent les.derniers.
8. Alors Esaiï lui dit : Quelles sont ces troupes que j'ai rencontrées? Jacob lui répondit : Je les ai envoyées pour trouver grâce devant mon seigneur.
3° Xon comedunt nervum... Le <t nervus ischiaticus, » que les Grecs appellent le tendon d'Achille. — Usque in liodierntim diem : ce que les Israélites contemporains pratiquent encore.
§ IV. — La rencontre de Jacob et d'Esail. XXXIII, 1-20.
Scène toute dramatique. Les caractères des deux frères sont peints sur le vif.
Chap. XXXIII. — 1-2. Dernières mesures de Jacob pour se concilier les bonnes grâces d'Esaii.
— Elevant... vidit. Moment si redouté; mais Dieu avait calmé les craintes de son serviteur.
— Divisitque fillos... : en trois groupes, rangés
d'après l'ordre de la dignité et de l'affection.
3-4. Début touchant de l'entrevue. Jacob salue son frère avec tout l'apparat de la politesse orientale ; Esau, laissant de côté tout formalisme, s'abandonne aux caresses et aux larmes.
5-7. Jacob présente à Esau ses femmes et ses enfants. Gracieux détails.
8-11. Le genre simple et cordial d'Esaii et les manières plus solennelles de Jacob se retrouvent dans la scène suivante, où le premier accepte , quoique avec hésitation , le cadeau de son frère. — Qusenam... istse turmset II le savait, d'après xxxn, 17-21 ; mais U voulait préparer un refus délicat (cf. vers. 9). — Le compliment do
Gen. XXXIII, 0-17.
l.Tl
9. Esaiï lui répondit : J'ai des biens eu abondance", mon frère ; gainiez pour vous ce qui est à vous.
10. Jacob ajouta : Ne parlez pas ainsi, je vous prie ; mais si j'ai trouvé grâce devant vous, recevez de ma main ce petit présent. Car j'ai vu aujourd'hui votre visage comme si je voyais le visage de Dieu. Soyez-moi donc favorable,
11. Et recevez ce présent que je vous ai offert et que j'ai reçu de Dieu , qui donne toutes choses. Esaiï, après ces instances de son frère, reçut avec peine ce qu'il lui donnait ;
12. Et il lui dit : Allons ensemble, et je vous accompagnerai dans votre chemin.
13. Jacob lui répondit : Vous savez, mon seigneur, que j'ai avec moi des enfants fort petits, et des brebis et des vaches pleines ; si je les lasse en les faisant marcher trop vite, tous mes troupeaux mourront en un même jour.
14. Que mon seigneur marche donc devant son serviteur, et je le suivrai tout doucement, selon que je verrai que mes petits le pourront faire, jusqu'à ce que j'arrive,chez mon seigneur, en Séir.
15. Esaiï lui dit: Je vous prie, qu'il demeure au moins quelques-uns des gens que j'ai avec moi pour vous accompagner dans votre chemin. Jacob lui répondit : Cela n'est pas nécessaire; je n'ai besoin, mon seigneur, que d'une seule chose, qui est de trouver grâce devant vous.
16. Esaiï s'en retourna donc le même jour en Séir, par le même chemin qu'il était venu.
17. Et Jacob vint à Socoth, où, ayant bâti une maison et dressé ses tentes, il appela ce lieu -là Socoth, qui veut dire les tentes.