Vous ne favoriserez pas le pauvre dans vos jugements
4. Si vous rencontrez le bœuf de votre ennemi ou son âne lorsqu'il est égaré, ramenez -le -lui.
5. Si vous voyez l'âne de celui qui vous hait tombé sous sa charge, vous ne passerez point outre, mais vous l'aiderez à le relever.
6. Vous ne vous écarterez point de la justice pour condamner le pauvre.
7. Vous fuirez le mensonge; vous no ferez point mourir l'innocent et le juste, parce que j'abhorre l'impie.
8. Vous ne recevrez point de présents, parce qu'ils aveuglent les sages mêmes et qu'ils corrompent les jugements des justes.
9. Vous ne ferez point de peine à l'étranger, car vous connaissez l'état des étrangers, puisque vous avez été vousmêmes étrangers dans l'Egypte.
10. Vous sèmerez votre terre pendant six années, et vous en recueillerez les fruits.
CiiAr. XXIII.— 1-3. Quelques développements du huitième précepte du Décalogue. — Non suscipies... De même les LXX ; plus probablement, d'après l'hébr. : Tu ne susciteras pas de faux rapports. Cf. Lev. xrx, 16. — Sec... ut pro impio... Hébr.: « Cum Impio. » Cette association avec le méchant, en vue de rendre un faux témoignage, est bien dépeinte par la locution junges manum. — Non sequeris turbam... Ne pas se mettre timidement et sottement à la suite d'une majorité Inique. — Pauperis... non misereberis...: de façon k devenir partial en sa faveur. La pitié égare parfois.
4-5. Défendre les droits même de ses ennemis. Exemples dramatiques, pleins de charité, qui rappellent ceux de l'Évangile. (Alatth. v, 40-42.)
6-9. Quatre règles pour les juges. — Première règle: être juste pour les pauvres (vers. 6). — Non declinabis... Hébr. : Tu ne courberas pas (eu mauvaise part ; c.-à-d. tu ne fausseras pas) le
droit du pauvre. Comp. le vers. 3. Donc se tenir dans un juste milieu. — Seconde règle : n'infliger la peine capitale que lorsque le crime est clairement démontré (vers. 7). — Mendaciùm, dans l'acception de sentence injuste (hébr. : tu t'éloigneras de la parole de mensonge). — Aversor impium. Mieux : Je n'Innocenterai pas le coupable. D'où il suit que les cas douteux devaient être abandonnés au souverain Juge, puisque les criminels étaient sûrs de ne pas échapper à ses vengeances , quand même ils auraient été absuus par les tribunaux humains. — Troisième règle (8): interdiction aux juges d'accepter des présents (quee.. excœcant, etc.; traits pittoresques). La justice a toujours été si vénale en Orient! — Quatrième règle ( 9 ) : soutenir les droits des étrangers. C'est une simple nuance de xxu, 20. — Advenarum animas. C.-à-d. les sentiments qu'éprouvent les étrangers.