Or, répondant, Job dit
11. Les frayeurs, etc.; métaphore empruntée de la chasse, où l'on effraye la bête pour qu'elle aille se jeter dans le piége qu'on lui a tendu. Compar. Isaïe, xxiv, 11; Jérémie, XLvin, 43, 44.
13. La mort la plus cruelle; littér. et par hébraisme /a mort la premiére-née. Le texte hébreu porte /e premier-né de la mort, c'est-à-dire la maladie la plus mortelle. — * La beauté de sa peau. Allusion à lalépre qui dévore Job et qui s'attaque d'abord à la peau.
15. Soit répandu du soufre, et du feu tombant du ciel, comme à Sodome et à Gomorrhe (Genèse, xix, 24). Peut-être que Baldad fait allusion au feu céleste qui consuma les brebis et les serviteurs de Job (nr, 16). Ou bien qu’on répande du soufre dans son tabernacle pour le purifier, parce qu'il a été souillé par la présence de son cadavre.
18. I] le chassera. C'est probablement Dieu que représente ici le pronom ;/. Nous avons déjà remarqué que Job sous-entend souventle mot Dieu. D'autres traduisent : On le chassera.
20. Son jour fatal; le jour de sa mort. — Les derniers; ceux qui viendront aprés lui. — Les premiers; c'est-à-dire ses contemporains.
1. * VIe discours de Job : Ile réponse à Baldad, xix. C'est le discours le plus important de Job, et, à certains égards, du livre. Comme il ne peut plus compter sur ses amis, Job cherche à se consoler sans leur secours et se tourne plus que jamais vers Dieu. — 19 Reproches à ses amis, 2-5. — 20 Ils doivent songer que c'est Dieu luimême qui le tourmente d'une manière si terrible, 6-12. — 39 C'est pourquoi il lui a retiré l'appui de tous ceux quil'avaient autrefois soutenu, 13-20. — 40 Ils n'en devraient avoir que plus de compassion pour lui, car son droit demeure inébranlable; aussi, il en est certain, il sera vengé dans une autre vie et le dernier jugement lui rendra justice, 21-29. C'est 18 le point culminant de la discussion. La vue de son Rédemp-
[cH. xix.]
2. Jusques à quand affligerezvous mon àme, et me briserezvous par vos discours?
3. Voilà déjà dix fois que vous cherchez à me confondre, et que vous ne rougissez pas de m'accabler.
4. Car si je suis dans lignorance, c'est sur moique monignorance retombera.
5. Mais vous, vous vous élevez contre moi, et vous m'accusez à cause de mes opprobres.
6. Comprenez au moins maintenant que ce n'est pas par un jugement de justice, que Dieu m'a affligé et qu'il m'a environné de ses chátiments.
7. Voici que je crierai, en souffrant violence, et nul ne m'ecoutera; je pousserai des eris percants, et il n'y auri personne qui me fasse justice.
8. 11 a posé une haie tout autour de mon sentier, et je ne puis passer; et dans m»: chemin, il a mis des ténèbres.
9. Il m'a dépouillé de ma gloire, et il a enlevé la couronne de ma téte.
JOB
10. Il m'a détruit de tous côtés, et je péris, et il m'a óté l'espérance comme à un arbre arraché.
11. Sa fureur s'est irritée contre moi; il m'a traité comme son ennemi.
12. Ses soldats sont venus tous ensemble; ils se sont fait un chemin au travers de moi, et ils ont assiégé mon tabernacle tout autour.
13. Il ἃ éloigné mes frères de moi, et mes amis, comme des étrangers, se sont retirés de moi.
14. Mes proches m'ont abandonné, et ceux qui me connaissaient m'ont oublié.
15. Ceux qui demeuraient dans ma maison, et mes servantes m'ont regardé comme un étranger, et j'ai été comme un hôte passager à leurs yeux.
16. J'ai appelé mon serviteur, et il ne m'a pas répondu ; cependant je le priais de ma propre bouche.
11. Ma femme ἃ eu horreur de mon haleine, et j'usais de prière envers les enfants qui sont sortis de moi.
teur attendrit le saint patriarche ; désormais sa fougue est tombée; il n’a plus la méme impétuosité et ne se plaint qu'avec calme; mettant toute sa confiance en Dieu, il cherche moins à se défendre lui-même et se préoccupe plutôt de réfuter la thése de ses adversaires.
3. Vous m'accusez, etc. Vous prétendez que je suis coupable, parce que je souffre des opprobres. ; 6. Ce n'est point en vertu d'un jugement de cette justice qui punit le crime et récompense la vertu que Dieu m'a affligé ; car je ne suis nullement coupable, comme vous l'entendez; mais c'est en sa qualité de créateur tout-puissant et infiniment sage, qui traite ses créatures selon les desseins impénétrables de son infinie sagesse,
et par conséquent sans qu'elles puissent comprendre ses desseins.
12. Is se sont fait un chemin au travers de moi ; c'est le sens littéral de la Vulgate qu'on explique généralement par i/s m'ont foulé aux pieds, en disant que tel est le sens de l'hébreu et du grec; mais on semble oublier que la préposition hébraique et grecque qu'on traduit par sur, au-dessus de, signifie également contre, et que ce dernier sens convient beaucoup mieux ici. Ainsi le sens de la phrase qui parait le pius uaturel est : Ils se sont frayé un chemin contre moi.
11. Les enfants, etc. La plupart des interprétes pensent, d'aprés les Septante, qu'il s'agit ici des enfants que Job avait eus de ses femmes du second rang.