Lorsque les astres du matin me louaient tous ensemble, et
(cg. xxx vit. |
que tous les fils de Dieu étaient transportés de joie?
8. Qui a renfermé la mer dans des digues, quand elle s’élançait comme sortant d'un sein,
9. Lorsque je lui mettais un nuage pour vêtement, et que je l'enveloppais d'obscurité comme des langes de l'enfance?
10. Je l'ai environnée de mes limites, j'y ài mis un verrou et une porte à deux battants;
11. Et jai dit : Tu viendras jusque-là, et tu n'iras pas plus loin; et ici tu briseras tes flots orgueilleux.
12. Est-ce que depuis ta naissance tu as commandé à l'étoile du matin, et tu as montré à l'aurore son lieu?
mauvaise comme dans la bonne fortune, mais aucun des interlocuteurs ne l'a soupconné, et, à vrai dire, ce but ne pouvait étre connu que par une révélation. A Dieu seul il appartient de trancher le différend; lui seul peut distribuer à chacun le blàme et l'éloge, déclarer Job innocent, tout en lui reprochant les excès de parole dans lesquels il s'est laissé entrainer; faire sentir à ses trois amis leur dureté et leur opiniàtreté. Il semble que Dieu ne saurait intervenir sans s'abaisser, et cependant comme il apparait en maitre souverain! Ill ne se justifie pas, il ne dit pas un seul mot pour expliquer sa conduite, il dédaigne de parler des questions spéculatives qui ont été l'objet du débat; il a fait résoudre le probléme en téte du livre par l'écrivain inspiré, qui nous a découvert le secret divin dans le prologue. Maintenant les choses se passent tout autrement que Job ne l'avait imaginé, quand il réclamait la présence de Dieu. Surpris, accablé par les questions que son Seigneur lui adresse, il comprend quelle a été sa présomption et son imprudence, il s'humilie et se tait. Dieu veut nous rappeler notre ignorance, nous apprendre à nous abaisser devant lui et à reconnaitre que la véritable sagesse consiste à ne pas tenter de pénétrer ce qui est impénétrable. Comment pourrions-nous sonder les plans du Seigneur et scruter ses desseins, puisqu'il est si grand et que nous sommes si petits?
2. * Discours de Dieu, xxxvin-xLr. — Il se divise en trois parties. La première renferme la description des phénomènes de l'ordre physique, la seconde la description du règne animal, la troisième celle de deux animaux particulièrement remarquables, lhippopotame et le crocodile. La première et la seconde partie sont à peu près 60816 longueur, xxxvur, 1-38; xxxvir, 39-xxxix, 30; la troisième a près du double de longueur, xL-xLI. — Ire Partie, xxxvirr, 1-38. — 19 Dieu interroge Job. Lui qui veut disputer avec le Tout-Puissant, a-t-il assisté à la création, à l'emprisonnement de l'océan et à l'asservissement de la lumiére, 2-15? — 29 A-t-il découvert le secret des mystères de la nature, 16-30, et — 3°, en particulier, des lois qui régissent les astres, 31-38?
3. Ceins, etc. Ceindre ses reins se disait chez les anciens Hébreux d'un homme qui entreprend un voyage, ou qui va au combat. — Et tu me répondras; liltér. et par hébraisme : Et réponds-moi.
1. Les fils de Dieu; c'est-à-dire les anges. Compar. Jeb, 1, 6.
12, Son lieu; le lieu où clle doit naitre.
[cu. xxxvir.] JOB. 1077
13. Et as-tu tenu, en les ébran- 22. Est-ce que tu es entré dans lant, les extrémités de la terre, | les trésors de la neige, ou as-tu et en as-tu chassé les impies? apercu les trésors de la gréle, 14. Eile sera rétablie comme 23. Que j'ai préparées pour le une terre molle de cachet, etelie | temps de l'ennemi, pour le jour demeurera comme un vêtement. | de 18 guerre et du combat? 15. La lumiere des impies leur 24. Sais-tù par quelle voie se sera Óté, et leur bras élevé sera | répand 18 lumiere, et se distribue brisé. la chaleur sur la terre?
16. Est-ce que tu es entré dans 98. Qui a donné cours àl'ondée les profondeurs de la mer, et as- | la plus impétueuse, et une voie iu marché dans les extrémités de | au tonnerre éclatant, l'abime? 96. Pour faire pleuvoir sur une 11. Est-ce que les portes de la | terre sans homme dans un désert, mort ont été ouvertes pour toi? | où aucun des mortels ne deetles portes ténébreuses,lesas-tu | meure, vues ? 27. Pour inonder une terre inac- 18. Est-ce que tu as considéré | cessible et désolée, et y produire l'étendue de la terre? Enseigne- | des herbes vertes?
moi, si tu les connais, toutes ces 28. Qui est le père de la pluie?
choses : ou qui a engendré les gouttes de 19. En quelle voie la lumière | la rosée?
habite, et quel est le lieu des té- 29. Du sein de qui est sortie la
nèbres ; glace? et la gelée du ciel, qui l'a 20. En sorte que tu conduises | engendrée?
chacune d'elles à son terme, et 30. À la manière de la pierre
que tu connaisses les sentiers de | les eaux se durcissent, et la sur-
leur demeure. face de l’abime devient solide. 91. Car savais-tu alors que tu 31. Est-ce que tu seras capable
devais nailre? et le nombre de | de joindre ensemble les brillantes
tes jours, l'avais-tu connu? étoiles des Pléiades, ou pourras-
13. * As-tu tenu, en les ébranlant, les extrémités de la terre, comme on saisit les deux bords d'un manteau ou d'un tapis pour le secouer.
14. Elle; c'est-à-dire la terre. Cette explication, donnée par beaucoup d'interprétes, parait la plus simple, la plus naturelle et la mieux liée à ce qui précéde; mais alors il faut supposer que, dans la Vulgate, le substantif signaculum est mis pour l'adjectif signatorium, sorte d'hébraisme qu'elle imite d'ailleurs assez souvent. Le sens de ce passage expliqué grammaticalement de cette manière sera donc que la terre, après que les méchants en auront disparu, reprendra son ancienne forme, comme une terre molle reprend la sienne, aprés qu'on y a appliqué un cachet, parce qu'elle n'a pas assez de consistance pour couserver l'empreinte du cachet. — Un vélement magnifique, splendide; c'est le sens de l'hébreu. — * Une terre molle de cachet. Les Orientaux se servent encore aujourd'hui, en guise de cire à sceller, d'une argile particulitre.