CHAPITRE VII
Eloge de l'Epouse, sa fidélité, ses désira ardents.
1. Que verras-tu dans la Sulamite, sinonles chœurs des camps?
Que tes pas sont beaux dans les chaussures, fille de prince! Les jointures de tes jambes sont comme ces colliers qui ont été faits par la main d'un habile ouvrier.
2. Ton nombril est une coupe faite au tour oü il ne manque jamais de liqueur. Ton sein est comme un monceau de blé entouré de lis.
10, 11. Si c’est l'Epoux qui parle dans ces deux versets, nous pensons qu'ils doivent s'expliquer ainsi : Bien que je sois descendu dans le jardin des noyers, afin de voir les fruits des vallées, c'est-à-dire si la vigne avait fleuri et si les grenades avaient germé, je n'ai pu m'en assurer, parce que j'ai été tout troublé par la rapidité avec laquelle m'entrainaient les quadriges du cocher Aminadab. Si c'est l'Epouse qui parle, rien ne s'oppose à cette méme explieation. Enfin, si on ne met que les paroles du verset 10 dans la bouche de l'Epouse, et qu'on attribue à l'Epoux celles du verset 41, le nescivi ou je n'ai pas su siguifiera: Je ne me suis pas aperçu que tu fusses descendue dans le jardin, parce que j'ai été troublé par la rapidité, ete. — Aminadab; au lieu de ce mot qui se lit dans la Vulgate et les Septante, l'hébreu porte Aammi nádi, c'est-à-dire mon peuple, spontané ou prompt, noble, généreux, chef, prince, qui pourrait bien être un nom propre synonyme de Hamminädäb, qui se trouve luiméme comme nom propre dans plusieurs endroits du texte sacré. Cependant quelques anciennes versions grecques portent peuple, conducteur, chef.
12. * Sulamite, la pacifique, nom correspondant à Salomon, qui signifie le pacifique.
1. Que verras-tu. Suivant les uns, ce sont les paroles de l'Epoux qu'il s'adresse à lui-méme ou qu'il adresse aux filles de Jérusalem, d'autant que l'hébreu et les Septante portent le pluriel que verrez-vous; suivant les autres, c'est l'Epouse elle-méme qui parle; suivant d'autres enfin, ce sont les filles de Jérusalem. — Les chœurs des camps ; c'est-à-dire, probablement, les assemblées, les réunions dans les camps, l'armée. L'Epouse a été déjà comparée (vr, 9) à une armée raugée en bataille.
3. Tes deux mamelles, comme deux faons jumeaux d'un chevreuil.
4. Ton cou, comme une tour d'ivoire. Tes yeux comme les piscines en Hésébon, qui sont à la porte de la fille de la multitude. Ton nez est comme la tour du Liban, qui regarde contre Damas.
ὃ. Ta téte est comme le Carmel; et les cheveux de ta téte, comme la pourpre d'un roi, liée et £einte dans des canaux de teinturiers.
6. Que tu es belle, et que tu es gracieuse, Ô ma très chère, pleine de délices!
Ta stature est semblable à .ד un palmier, ettes mamelles à des grappes de raisin.
8. J'ai dit : Je monterai sur un palmier, etj'en prendrai lesfruits; et tes mamelles seront comme
CANTIQUE DES CANTIQUES
(cn. vit.]
les grappes dela vigne, et l'odeur de ta bouche comme celle des pommes.
9. Ton gosier est comme un vin excellent, digne d'étre bu par mon bien-aimé, etlongtemps savouré entre ses lèvres el ses dents.
10. L'Epousx. je suis à mon bienaimé, et son retour est vers moi.
11. Viens, mon bien-aimé, sortons dans la campagne; demeurons dans les villages.
12. Dès le matin, levons-nous pour aller dansles vignes, voyons si la vigne a fleuri, si les fleurs produisent des fruits, si les grenadiers ont fleuri : là je t'offrirai mes mamelles.
13. Les mandragores ont répandu leur parfum. ἃ nos portes sont toutes sortes de fruits ; nouveaux etanciens, mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi.
4. Tes yeux, etc. Les Hébreux donnaient aux fontaines le nom d'yeux ; c'est ce qui fait ici une des beautés de la comparaison. — Hésébon, ville ancienne et célèbre au delà du Jourdain. — La fille; c'est-à-dire, suivant le style des Hébreux, la ville. — De la multitude; du peuple. Ainsi, (a fille de la multitude signifie la ville où réside le peuple. — * Les piscines d'Hésébon sont mentionnées dans 11 Machaóées, xir, 16, qui nous apprend qu'elles étaient trés grandes. — À /a porte de la fille de la multitude, en hébreu, à la porte de Bath-Rabim.
5. L'auteur compare les rubans, les frisures et les autres ornements de la tête de l'Epouse au Carmel, montagne magnifique, fertile, chargée de vignes, d'arbres fruiliers, etc. — Sicut purpura, etc. Anciennement on liait les tresses des cheveux avec des rubans de pourpre.
8. * Je monterai sur un palmier, et j'en prendrai les fruits. 1l y a des palmiers máles et des palmiers femelles. Le fruit de ces derniers n'est bon qu'autant qu'il a été fécondé par le palmier mâle. « Le 21 mars, raconte Hasselquist dans son Voyage en Palestine, les fleurs d'un palmier femelle s'étaient ouvertes pendant la nuit. J'allai les voir le matin, pendant que la rosée tombait encore. Je trouvai le jardinier qui était monté sur ce palmier, aussi grand que nos plus grands sapins. Il avait pris uvec lui un bouquet du palmier mâle et s'en servit pour en imprégner les fleurs écloses, s'assurant ainsi de bons fruits pour la récolte. »
9. Digne d'étre bu, etc.; littéral. digne de mon bien-aimé pour boire, el pour savourer, etc. : ce qui est une construction purement hébraïque.
13. Le terme hébreu, traduit dans la Vulgate par mandragores, ἃ été vendu de bien de manières différentes par les interprètes. Celle de mandragores, qu'on lui donne assez généralement, ne nous parait pas être la vraie, d'autant que la mandragore appartient à la famille des so/anées, laquelle comprend les plantes qui ont une odeur désagréable, un aspect sombre, De plus, la mandragore est justement classée parmi
[cu. vu.)