AVIS
Comme on le voit dans le Rescrit apostolique qui figure parmi les piéces suivantes, Sa Saintelé Pie IX a daigné charger Son Eminence le Cardinal archevéque de Bordeaux, Mgr l'archevéque de Paris et Mgr l'archevéque de Bourges, d'examiner notre traduction et d'en permettre la publication, pourvu qu'elle soit entiérement conforme à l'ancienne Vulgate latine authentique; qu'elle ne contienne rien de contraire à la foi et aux moeurs, et qu'elle soit accompagnée de notes ou de commentaires tirés des saints Pères de l'Eglise, ou de savants interprètes catholiques. Les trois prélats, aprés examen fait, ayant reconn que notre version réunissait ces diverses condilions exigées par le Saint-Père onf donné leur epprobation reproduite un peu plus bas. Mais, il faut bien le remarquer, ceite commission du Saint-Pére ne doit pas être considérée comme une approbation solennelle et proprement dite du Saint-Siège. Disons, en effet, que cette approbation solennelle n'a été jamais donnée dans l'Eglise qu'à la Vulgate latine, déclarée authentique par le Concile de Trente.
Que le lecteur nous permette d'ajouter ici un mot à ce qui a été dit sur la littéralité de notre version dans l'Avertissement. Quelques nouvelles objections rendent celte addition nécessaire.
Ainsi on a prétendu qu'en voulant catquer quelquefois les mots sur la tournure ou sur l'expression latine, nous ne nous sommes pas souvenu de la régle posée par saint Jérôme lui-même : Magis sensum è sensu, quàm ex verbo verbum transferre (Præfat. in lib. Judith). Bossuet, Sacy, cités dans le même avertissement, ont déjà parfaitement répondu à celte objection. De notre cóté, nous dirons que, sans avoir oublié ce texte, nous nous sommes souvenu de cet autre du méme Père : Melius est in divinis libris transferre quod dictum est, licet non intelligas quar? diclum sit, quàm auferre quod. nescias (In Ezech. xx); et nous répéterons, avec D. Calmet, expliquant ce passage : « Il est de trop grande conséquence, dans la traduction d'un texte, de déterminer un sens que peut-étre l'auteur a voulu exprés laisser suspendu : ce n'est point exprimer son sens, c'est agir contre ses fins et ses intentions (Comm. littér. Præf. génér., t. T, p. 4). »
On nous a reproché encore d'avoir reproduit avec un soin minutieux dans nos notes les différences les plus légéres qui se trouvent entre le latin et le francais, comme, par exemple, notre remarque : sont des biens, littéralement et par hébraisme, sont en biens, ou pour biens (Eccli., xxxix, 32). Nous l'avouons franchement, nous nous serions bien gardé de les faire, si nous n'avions eu un but utile en les faisant. Or, ce but, c'est de montrer contre les détracteurs de la Vulgate la fidélité avec laquelle saint Jérôme s'est attaché à reproduire, dans toutes ses nuances les plus fines et les plus délicates, le texte original. Ainsi, dans le passage de l'Ecclésiastique, le grec porte à la lettre sont en biens ou