‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 3570 sur 5262 · DANIEL. — INTRODUCTION · texte numérisé non relu

DANIEL. — INTRODUCTION

jours admis au contraire Daniel comme un livre canonique et digne de foi. Toute la partie qui subsiste encore en hébreu et en araméen est acceptée sans contestation par les Juifs et les chrétiens; quant à la partie qui n'existe plus qu'en grec, elle est rejetée par les Juifs et les protestants; mais le concile de Trente en a consacré avec raison l'autorité. — Les principales preuves de l'authenticité de Daniel sont les suivantes : — 1° Le témoignage du Nouveau Testament, Matth., xxiv, 15; Héb., xi, 33; etc. — 2° Celui de Josèphe; il raconte, qu'on montra les prophéties de Daniel à Alexandre le Grand, quand ce dernier visita Jérusalem. — 99 Le premier livre des Machabées, qui est presque contemporain des événements qu'il raconte, suppose l'existence du livre de Daniel, bien plus, la eonnaissance de la version grecque de ce livre, par conséquent celui-ci avait été écrit assez longtemps avant celte époque. — 4^ On ne peut expliquer l'admission de Daniel dans le canon juif qu'en le regardant comme une œuvre authentique. Ce canon était clos avant l'époque des Machabées, et par conséquent tous les écrits qu'il contient sont d'une date antérieure. — 5? La connaissance minutieuse que possède l’auteur des mœurs, des coutumes, de l'histoire et de la religion chaldéennes est une preuve qu'il était contemporain des faits qu'il raconte; aprés la ruine de l'empire de Nabuchodonosor par les Perses et les Médes, personne n'aurait pu étre initié à tant de détails minutieux dont les découvertes modernes confirment l'entiére exactitude. — 6° La langue est celle dun homme vivant à l'époque de la captivité. Il avait l'habitude de s'exprimer dans les deux langues, hébraique et araméenne; du temps des Machabées, on ne parlait plus qu'araméen : l'emploi de certains mots, d'origine aryenne et non sémitique, ne s'explique non plus que par l'habitation de Daniel à la cour des rois perses : un Juif écrivant en Palestine n'aurait jamais usé de pareilles expressions.

Le livre de Daniel se divise en deux parties très distinctes : la première, 1-vi, est historique; la seconde, vrr-xir, est. prophétique. Dans la partie historique, Daniel parle à la troisième personne; dans la partie prophétique, à la première, le verset d'introduction excepté, vir, 1 et x, 1. Malgré cette différence de langage, on admet généralement l'unité du livre. L'emploi successif des deux personnes s'explique par la nature du sujet : 16 prophète raconte sous forme de narration impersonnelle les faits et les événements symboliques, parce qu'ils peuvent étre directement contrólés, mais il parle en son propre nom, quand il rapporte des révélations et des visions personnelles, parce qu'elles tirent leur autorité du témoignage méme du prophète à qui elles ont été communiquées. On remarque quelque chose d'analogue dans les autres prophètes, /s., vit, 3; xx, 2; xxxvi-xxxix. — Un appendice, contenant l'histoire de Susanne et celle de Bel et du dragon, xir-xiv, termine le livre de Daniel dans la Bible latine.

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de son dieu, et il mit les vases CHAPITRE PREMIER. dans la maison du trésor de son Daniel, Ananias, Misaël et Azarias, choisis dieu. ΠΕ. Ε pour servir à la cour de Nabuchodo- 9. Et le roi dit à Asphénez, prénosor. Ils ne veulent pas se souiller en posé des eunuques, de choisir mangeant des viandes de la table du | d'entre les fils d'Israël, et de la roi. Dieu les remplit de lumières. . 1 race des rois, et des princes, |. En la troisieme année du 4. De jeunes hommes qui fusregne de Joakim, roi de Juda, Na- | sent sans aucun défaut, d'une puchodonosor, roi de Babylone, | belle apparence, et instruits en vint à Jérusalem et l'assiégea. toute sagesse, habiles dans les 2. Et le Seigneur livra en sa | sciences et dans les arts, et qui main Joakim, roi de Juda, et une | pussent demeurer dans le palais partie des vases de la maison de | du roi, afin qu'il leur apprit les Dieu; et il les emporta dans la | lettres et la langue des Chaldéens. terre de Sennaar, dans la maison 5. Et le roi établit qu'on les

1-21. * Ire Partie : Partie historique, r-vr. — Le but de cette partie du livre de Daniel n'est point de donner une histoire sommaire de la captivité ou de la vie du Prophéte, mais de nous faire connaitre les moyens que Dieu employa, pendant cette période de chátiment et de désolation, pour consoler, encourager et soutenir Israél, en lui montrant que Dieu ne l'avait pas abandonné. — 1» Le premier chapitre forme l'introduction à tout le livre, en nous apprenant comment Daniel fut élevé à la cour méme du roi.

1. En la lroisième année, etc. Nabuchodonosor partit de Babylone vers la fin de cette année, et vint former le siége de Jérusalem du commencement de la suivante (Jérém., xxv. 1). — * La lroisième année du règne de Joakim est l'an 606 avant J.-C. — Sur Nabuchodonosor, voir Jérém., XXI, 1.

2. La terre de Sennaar; ancien nom de la Babylonie (Genèse, x, 10. — Son dieu ; Bel ou Bélus, dont le temple était le plus riche et le plus somptueux de tous ceux de Babylone.

3. Préposé des eunuques (prepositus eunuchorum); c'est-à-dire, chef des officiers de la cour. On donnait communément le nom d'eunuques aux officiers du palais des rois d'Orient, parce que pour l'ordinaire ils étaient réellement eunuques. — Des princes; des premiers par le rang; c'est le vrai sens du tyrannorum de la Vulgate, expliqué par l'hébreu ou plutôt par l'idiome des anciens Perses, car l'hébreu Pharlemin ou Parlemin, tire probablement son origine de Pardomim, qui signifie en effet les grands, les premiers (primi, magnates). Nous dirons de méme des différentes lecons des Septante, partommein, porthemmein, phortommin, porthommein).

4. De jeunes hommes (pueros). Tout ce qui est dit de Daniel et de ses compagnons dans ce chapitre et les suivants, prouve qu'ils étaient au moins adolescents. D'ailleurs le terme hébreu est pris plus d'une fois dans ce sens, aussi bien que le mot latin puer, qui se dit d'un garcon de 17 ans, et que Cicéron lui-même a appliqué à Octave âgé de 19 ans. — Les lettres (litteras) ; les caractères, l'écriture des Chaldéens qui différait de celle des Hébreux. C'est aussi le sens du texte original, et en parti- 2ulier des Septante qui traduisent d'ailleurs (vers. 17) 16 inóme mot hébreu par grammaire. — * L'écriture cunéiforme ou assyrienne, qu'on enseignait dans l'école royale, était très compliquée et fort difficile à apprendre. On enseignait de plus, dans cette école, une langue antique, nécessaire pour bien comprendre les monuments an-

ciens, la grammaire, l'histoire, la géographie, l'astronomie, les sciences magiques, etc.

‘est ce que nous attestent les livres écrits sur des tablettes d'argile, qui formaient

es bibliothèques assyro-chaldéennes, et dont des restes considérables ont été re-‏ ן ו trouvés,‏ En présence du roi; pour le servir, s‏ .9

[cn. 1.

nourrirait chaque jour de ses propres mets et qu'ils boiraient du vin dont il buvait lui-méme, afin qu'étant ainsi nourris pendant trois ans, ils pussent ensuite demeurer en présence du roi.

6. Or, entre ces jeunes hommes, il se trouva des enfants de Juda, Daniel, Ananias, Misaël et Azarias.

7. Et le préposé des eunuques leur donna des noms, appelant Daniel, Baltassar; Ananias, Sidrach ; Misaél, Misach ; et Azarias, Abdénago.

8. Mais Daniel résolut dans son cœur de ne point se souiller par les mets dela table du roi, et par le vin dontil buvait, et il demanda au préposé des eunuques de ne point se souiller.

9. Or, Dieu fit trouver à Daniel grâce et faveur devant le prince des eunuques.

10. Et le prince des eunuques dit à Daniel : Moi je crains mon seigneur le roi, qui a déterminé pour vous les mets et le vin; or, s'il voit vos visages plus maigres que ceux des autres jeunes hommes de votre àge, vous livrerez ma téte à la condamnation du roi.

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