Ce que les frères ayant su
ils le conduisirent à Césarée, et
l'envoyerent à Tarse.
31. L'Eglise cependant jouissait de la paix dans toute la Judée, la Galilée et le pays de Samarie; elle s'établissait marchant dans la crainte du Seigneur, et elle était remplie de la consolation du Saint-Esprit.
32. Or il arriva que Pierre, en les visitant tous, vint voir les saints qui habitaient Lydde.
ACTES DES APOTRES
33. Et il trouva là un homme du nom dEnée, gisant depuis huit ans sur un grabat, étant paralytique. |
34. Et Pierre lui dit : ₪66, le Seigneur Jésus-Christ te guérit; lève-toi et fais toi-même ton lit.
Et aussitót il se leva.
35. Et tous ceux qui habitaient Lydde et Sarone le virent, et ils se convertirent au Seigneur.
36. ll y avait à Joppé, parmi les disciples, une femme du nom de
30. * « Césarée de Palestine, qu'il faut distinguer de Césarée de Philippe, était une place forte, bâtie par Hérode, sur les bords de la mer, en l'honneur de César-Auguste, et munie d'un port de premiére importance. Le gouverneur romain résidait dans ses murs, avec un corps de troupe italien sur la fidélité duquel il pouvait compter. Le diacre Philippe s'y établit. Deux siècles et demi plus tard (315-340), cette ville avait pour évéque le premier historien de l'Eglise, Eusébe, et la maison du centurion Corneille, transformée en église, était devenue un lieu de pèlerinage.» (L. BAcugz.) — « Césarée, l'ancienne et splendide capitale d'Hérode, n'a plus un seul habitant, raconte Lamartine. Ses murailles, relevées par S. Louis pendant sa croisade, sont néanmoins intactes, et serviraient encore aujourd'hui de fortifications excellentes à une ville moderne. Nous franchimes le fossé profond qui les entoure, sur un pont de pierre à peu prés au milieu de l'enceinte, et nous entrámes dans le dédale de pierres, de caveaux entr'ouverts, de restes d'édifices, de fragments de marbre et de porphyre dont le sol de l'ancienne ville est jonché. Nous fimes lever trois chacals du sein des décombres qui retentissaient sous les pieds de nos chevaux; nous cherchions la fon taine qu'on nous avait indiquée, nous la trouvámes avec peine à l'extrémité orientale de ces ruines; nous y campâmes. Vers le soir, un jeune pasteur arabe y arriva avec un troupeau innombrable de vaches noires, de moutons et de chèvres; il passa environ deux heures à puiser constamment de l'eau de la fontaine pour abreuver ses animaux, qui attendaient patiemment leur tour, et se retiraient en ordre aprés avoir bu, comme s'ils eussent été dirigés par des bergers. Cet enfant, absolument nu, était monté sur un âne; il sortit le dernier des ruines de Césarée, et nous dit qu'il venait ainsi tous les jours, d'environ deux lieues, conduire à l'abreuvoir les troupeaux de sa tribu établie dans la montagne. Voilà la seule rencontre que nous fimes à Césarée, dans cette ville où Hérode, suivant Josèphe, avait accumulé toutes les merveilles des arts grecs et romains. » — « Tarse, sur les bords du Cydnus, était la capitale de la Cilicie. C'était une ville libre, qui élisait ses magistrats; mais il n'est pas certain qu'elle fût colonie romaine, ni qu'elle jouit du droit de municipe. Aussi eroit-on que le titre de citoyen romain, acquis à S. Paul dés sa naissance, était un privilege de. sa famille et non de sa patrie. Il est certain qu'il y avait en Asie, en particulier à Ephése et à Sardes, des Juifs qui avaient recu ce titre, soit pour leurs services militaires, soit pour quelque autre motif. La proximité de la mer et le voisinage de Chypre permettait à Tarse d'étendre son commerce et d'écouler les produits de son industrie. Ses écoles, que S. Paul avait pu fréquenter dans sa jeunesse, étaient célè-\ bres en Orientet rivalisaient, dit-on, avec celles d'Athènes et d'Alexandrie. » (L. Bacuez.)
32. Les saints. Voy. vers. 13. — * Lydde, bourgade de la tribu de Benjamin, appelée aussi Diospolis du temps des Romains, à peu de distance de la Méditerranée.
35. * Sarone. C'est la plaine de Saron qui est ici désignée. Elle s'étendait de Césarée de Palestine jusqu'à Joppé. Elle était trés fertile et par conséquent peuplée.
36. Tabitha en syriaque, et en grec Dorcas, veut dire gazelle. — * Joppé, aujourd'hui Jaffa, dont le nom signifie belle, sur la Méditerranée, aux confins de la tribu
263 4 Tabithe, qui veut dire par interprétation Dorcas. Elle était remplie de bonnes œuvres et elle faisait beaucoup d'aumónes.
37. Oril arriva en ces jours-là qu'étant tombée malade, elle mourut. Aprés qu'on l'eut lavée, on la mit dans une chambre haute.
38. Et comme Lydde était près de Joppé, les disciples ayant appris que Pierre y était, envoyèrent vers lui deux hommes, pour lui faire cette prière : Hâte-toi de venir jusqu'à nous.
39. Or Pierre, se levant, vint avec eux. Et lorsqu'il fut arrivé, ils le conduisirent dans le cénacle, et toutes les veuves l'entourèrent pleurant, et lui montrant des tuniques et des vétements que leur faisait Dorcas.
40. Alors, ayant fait sortir tout le monde, Pierre, s'agenouillant, pria; et, se tournant vers le corps, il dit : Tabithe, lève-toi. Et elle ouvrit les yeux, et ayant vu Pierre, elle se mit sur son séant.
ACTES DES APOTRES
[cn. x.]
41. Alors, lui donnant la main, illaleva; et quand il eut appelé les saints etles veuves, il la leur rendit vivante.