‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 5151 sur 5262 · J'ai beaucoup de choses à | amis par leur nom · texte numérisé non relu

J'ai beaucoup de choses à | amis par leur nom

12. * Démétrius, dont on ne sait que ce qui est dit ici de lui, fut probablement chargé de porter cette lettre de saint Jean à Gaïus. 44. Par leur nom; c'est-à-dire chacun en particulier.

RIT estes —

—— —o002€00o«—— INTRODUCTION

L'auteur de cette Epitre est l'Apótre S. Jude, qu'on appelait aussi Thaddée ou Lebbé. Il se dit lui-méme frére de Jacques, ce qu'il faut entendre de S. Jacques le Mineur, l'autre apótre du méme nom, frére de S. Jean, ayant subi le martyre depuis longtemps et étant alors beaucoup moins connu. S. Jude prend ce titre, plutót que celui d'apótre, soit parce qu'un autre apótre ayant porté son nom, la qualité d'apótre ne le désignerait pas d'une maniére aussi précise, soit parce que sa parenté avec l’évêque de Jérusalem est de nature à le rendre plus cher aux Juifs convertis auxquels il parait s'adresser. Cette Lettre a toujours fait partie de la version italique. Elle est mentionnée dans le canon de Muratori, comme dans ceux des Conciles de Laodicée (363) et d'Hippone (393). On la trouve citée dés les premiers temps par Tertullien (200), Clément d'Alexandrie (165-200), Origéne (186-255), S. Pamphile, etc., et l'on ne la voit rejetée positivement nulle part. Néanmoins, ce qu'elle dit de la lutte de S. Michel contre Satan, 9, et de la prophétie d'Enoch, 14, excitait quelque défiance, de sorte qu'elle a été placée par Eusébe parmi les antilégoménes, et qu'on la compte aujourd'hui au nombre des deutérocanoniques.

Le but de S. Jude, comme celui de S. Pierre, dans sa seconde Epitre, est de prémunir les fidéles contre les séductions des docteurs gnostiques. Il part de ce principe, que la foi a été livrée aux saints une fois pour toutes, 3, et que c'est pour s'en étre écarté, 4-7, et pour avoir abandonné la société qui en fait profession, que les sectaires sont tombés dans des abimes d'erreur, d'impiété et d'immoralité. En conséquence, il exhorte les fidéles à se souvenir des vérités qui leur ont été annoncées au commencement par les Apótres, à s'édifier euxmémes sur le fondement de leur trés sainte foi, à persévérer dans l'espérance et la charité, et à sauver tous ceux qu'ils pourront soustraire au feu de la vengeance divine, 19-23.

.Les coincidences de l'Epitre de S. Jude avec la seconde de S. Pierre ne peuvent sexpliquer que par une imitation volontaire de la part de l'un ou de l'autre Apôtre. Un certain nombre de commentateurs attribuent cette imitation à S. Pierre, en alléguant pour raison que, dans sa premiére Lettre, il a reproduit pareillement plusieurs pensées de S. Paul. Néanmoins, la supposition contraire parait plus vraisemblable. En effet : — 1° Il n'y a pas de parité entre les allusions que S. Pierre a pu faire dans sa première Epitre à certains passages de saint Paul et un emprunt si littéral et si étendu, qui comprendrait la plus grande

partie de l'Epitre de S. Jude. — 2° S. Pierre n'avait pas d'intérêt à s'approprier la Lettre de S. Jude. S. Jude, au contraire, trouvait un avantage à citer S. Pierre : il ajoutait à sa considération et à son autorité personnelles celle du Prince des Apótres et du chef de l'Eglise. — 3° L'Epitre de S. Pierre parait avoir été écrite la première. Elle parle au futur; elle prédit les hérésies qui vont bien- 161 paraître, 11, 1-3 : celle de S. Jude parle au passé, elle donne les faits qu'elle décrit pour l'accomplissement des prophéties faites par les Apótres. Par suite, S. Jude combat les sectaires avec plus de force et les caractérise d'une maniére plus précise. — 4° Le style de S. Jude est meilleur, plus soigné, plus soutenu. On y voit moins de répétitions. — 5? S. Jude parait commenter et expliquer S. Pierre. Au verset 10, il développe et éclaircit ce que S. Pierre avait laissé dans l'ombre, et au verset 9, sa citation du livre de l'Assomption de Moïse semble avoir pour but de confirmer un fait qu'a avancé S. Pierre. L'Epitre de S. Jude nous semblerait donc postérieure et d'une date assez rapprochée de la ruine de Jérusalem.

Quoi qu'il en soit, du reste, la ressemblance si visible qui existe entre ces deux Epitres est une preuve de leur authenticité. On ne se fait pas faussaire pour le plaisir de transcrire, et l'on n'a pas d'intérét à s'approprier ce qui est sans autorité. (L. BAcuzz.)

N. qu 184

EPITRE

DE SAINT JUDE

Page 1