‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 5234 sur 5262 · NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

NOUVEAU TESTAMENT

Note 1, p. 2326 et 2475 (Matt., 1, 1-17 et Lu^, πὶ, 23-33). — LA DOUBLE GÉNÉA- LOGIE DE NOTRE SEIGNEUR EN 8. MATTHIEU ET EN S. LUC.

Pour rendre compte des différences qu'on remarque entre ces deux généalogies, il y ἃ deux sentiments :

Le premier tient que S. Matthieu a donné la généalogie de S. Joseph, et S. Luc celle de la sainte Vierge. Cette hypothése semble plausible pour deux raisons :

19. Il était naturel que S. Matthieu, écrivant pour les Juifs, fit voir que Jésus était l'héritier. de David, et qu'il prouvát, par sa généalogie légale ou paternelle. qu'on ne pouvait contester au Christ le droit de succession. Il convenait également que S. Luc, qui écrivait pour les Gentils, considérât le Sauveur comme né de la femme, et qu'il exposát sa généalogie réelle. Aprés avoir annoncé si expressément que Jésus n'avait pas de père sur terre, il serait étonnant qu'il eût donné sa généalogie légale par son pére putatif. Ajoutez que, dans le cas οὐ il aurait voulu la citer, on ne verrait pas pourquol il n'aurait pas suivi la méme ligne que S. Matthieu.

2*Les termes employés par S. Luc : Jesus était, comme l'on croyait, fils de Joseph,qui le fut d' Héli, se prêtent sans etfort à cette explication, soit qu'on traduise simplement : Jésus passait pour étre fils de Joseph, lequel l’élait d'Héli, en rapportant à Joseph le relatif qui, soit qu'on entende: Jésus était regardé comme né de Joseph, mais il létait d'Héli, en rapportant le pronom relatif au mot Jésus énoncé précédemment. — Dans le premier cas, il faut admeltre que Joseph tient la. place de Marie son épouse ou qu'il est. nommé comme gendre d'Héli, mais on sait que tel était l'usage chez les Hébreux; et S. Luc n'avait pas à craindre 06 tromper personne par cette substitution, les chrétiens étant avertis par S. Matthieu. que le véritablé pére de S. Joseph était Jacob, et la tradition assignant au père de la sainte Vierge précisément le nom de Joachim, synonyme d'Eliachim ou d'Héli. — Dans le second cas, les termes de la traduction écartent la difficulté et l'empéchent méme de s'offrir à lesprit. Il est vrai que ces mots: Qui fut d'Héli, ne doivent pas s'entendre d'une filiation stricte, mais d'une simple descendance, puisque Héli serait l'aieul de Notre Seigneur et non son pére proprement dit; mais c'est le sens qu'on donne à ces mots dans une foule d'endroits de l'Ecriture et le seul qui s'offre ici, si l'on continue de rapporter à Jésus les mots qui suivent: Qui fut de Mathat, qui fut de Dieu. ll est vrai encore que cette traduction aurait peine à s'accorder avec le grec, si l'on s’attachait au texte recu; mais l'aecord devient facile si l'on admet une lecon qui ne parait pas avoir moins d'autorité, celle des manuscrits du Vatican et גו‎ | Sinai, les plus anciens de tous.

Un second sentiment, trés ancien et très commun chez les Docteurs jusqu'au quinzième siècle, regarde les deux généalogies comme propres à S. Joseph, et elle en explique les différences par un usage juif, celui du lévirat. En Judée, quand une femme restait veuve et sans enfant, elle devenait l'épouse de son beau-frére ou d'un de ses proches, et les enfants qui naissaient de cette union prenaient le nom du premier mari défunt; ils étaient censés les siens. De là pour un grand nombre la pluralité des généalogies, les lignes fictives ou légales s'adjoignant aux lignes naturelles ou à la descendance réelle. De là pour S. Joseph une double filiation, Jacob

étant son pere naturel indiqué par S. Matthieu, et Héli, frère utérin de Jacob et mort avant lui sans enfant, étant son père légal. désigné par 8. Luc. De méme pour Salathie]. (L. BACUEZz.)

Note 2, p. 2327 et 2469 (Matt., τι, 1 et Luc, 11, 8). — BETHLÉEM.

Bethléem, « la maison de pain », ainsi appelée sans doute à cause de la fertilité de son territoire, était la patrie de David et de Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle appartenait à la tribu de Juda et avait été surnommée Ephrata, « la fertile », pour la distinguer d'une autre Bethléem de la tribu de Zabulon.

« Bethléem est bâtie: [à 822 mètres d'altitude] sur un monticule qui domine une longue vallée. Cette vallée s'étend de l'est à l'ouest: la colline du midi est couverte d'oliviers clair-semés sur un terrain rougeátre, hérissé de cailloux; la colline du nord porte des figuiers sur un sol semblable à celui de l’autre colline. » (CHATEAU- BRIAND.)

« La colline occidentale a des pentes abruptes du cóté du midi et beaucoup plus douces vers le nord; vers le couchant, elle n'est presque plus escarpée, et vers l'orient, la pente est plus douce encore. La seconde colline, qui lui fait face de ce cóté, est moins haute, mais plus large. La ville est ainsi partagée en deux parties qui se répondent, et comme sur trois points elle est environnée de vallées, elle offre aux regards un horizon très étendu et trés varié. Jadis entourée de murs, elle est actuellement ouverte, et c'est plutót un grand village qu'une ville proprement dite. Sa longueur de l'ouest à l'est atteint à peine neuf cents pas, et sa largcur en moyenne ne dépasse point deux cent cinquante pas. » (V. GoÉRIN.)

Ainsi élevée sur sa double colline, avec les champs de blé et les vignobles qui s'étendent à ses pieds, Bethléem est comme le type du village juif. Le puits, dont David désirait boire de l'eau, est non loin de la porte. A l'est sont les collines sauvages où paissaient les troupeaux de David, du prophète Amos et des autres pasteurs bethléémites.

Le climat de Bethléem est assez froid, à peu prés identique à celui de Jérusalem. La neige y tombe de temps en temps en hiver, mais elle fond vite. L'air y est assez vif et le vent y souffle quelquefois avec violence.

L'église de la Nativité s'élève aujourd'hui au-dessus de la grotte où est né Jésus-Christ. Elle est située dans la partie septentrionale de la colline orientale, audessus de la vallée des caroubiers. C'est dans la crypte de l'église, sous le chœur, qu'est la grotte de la Nativité. Elle a 12 métres 40 de longueur de l'est à l'ouest sur 3 m. 90 de largeur et 3 de hauteur, et servait d'étable au temps de Notre Seigneur. Les parois du rocher, ainsi que le pavé, disparaissent actuellement sous un revétement de marbre. Dans une petite chapelle, à l'est, on voit sous l'autel une étoile d'argent avec cette inscription : Hic de Virgine Maria Jesus Christus natus est. Tout auprès, du côté du midi, est la chapelle de la Crèche, où l'on descend par trois marches. On y voit une créche de marbre avec un enfant Jésus en cire. La véritable crèche, ou plutôt les fragments qui en restent, ont été transportés à Rome en 642 et sont conservés aujourd'hui dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, dans la cappella del Presepe. Ces fragments sont cinq petites planches minces, d'un bois noirci par le temps, dont les plus longues ont environ vingt-cinq centimétres de longueur. Elles sont liées ensemble et placées dans deux belles coquilles en cristal simulant un berceau.

A l'est de Bethléem s'étend une petite vallée, nommée Ouadi el-Scharábéh, qui se dirige vers la mer Morte. Elle a une lieue de longueur environ et est trés fertile. C'est là que s'élevait la Tour du Troupeau, Migdal Heder (Gen., xxxv, 21) auprès de laquelle Jacob fit paitre ses brebis, et où, dit S. Jérôme, veillaient, à environ mille pas de Bethléem, les bergers qui entendirent le Gloria in excelsis au moment de la Nativité (Luc, 11, 14). Sainte Hélène fit construire en ce lieu une église dédiée aux saints Anges. On n'y voit plus qu'une grotte formant une chapelle souterraine où l'on descend par vingt-une marches; on y remarque les restes d'un pavé en mosaïque, des peintures sur bois et des débris de colonnes; elle est située au milieu d'une plantation d'oliviers entourée d'une clôture. Dans le voisinage est un champ appelé le champ de Boos

(Ruëh, u-u1). À dix minutesrde la grotte est le village de Deir er-Haouat ou Couven: des pasteurs. On croit que c'est de là qu'étaient les bergers à qui !es anges annoncérent la naissance du Sauveur. Le village d'oü ils étaient porte aujourd'hui le nom de Beit-Sahour; il est situé à quinze minutes vers l'est-sud au-dessous de Bethléem, sur une colline assez basse qui s'étend de l'ouest à l'est. On y remarque d'anciennes cavernes qui servent encore maintenant d'habitation à quelques familles ou d'abris à quelques troupeaux.

Les coutumes et les mœurs antiques se sont conservées jusqu'à présent à Bethléem «Le costume des Bethléémites, s'il faut en croire l'opinion commune, dit le P. de Géramb, est 8 peu prés ce qu'il était au temps de Notre Seigneur Jésus-Christ. Celui des femmes, soit à la ville, soit aux environs, m'a particulièrement frappé. Elles sont habillées absolument comme la sainte Vierge, dans les tableaux qui la représentent; ce sont, non seulement les mêmes formes de vêtements, mais les mêmes couleurs : robe bleue, manteau rouge, ou robe rouge, manteau bleu, et un voile blanc .pardessus. La première fois qu'il m'arriva d'apercevoir de loin une Bethléémite portant dans ses bras un petit enfant, je ue püs m'empêcher de tressaillir : il me semblait voir venir à moi Marie et l'enfant Jésus. — Une autre fois, mon émotion ne.fut pas moins vive: je voyais un vieillard à cheveux blancs et barbe blanche, conduisant un âne le long de la montagne sur laquelle Bethléem est située; il était suivi d'une jeune femme habillée de bleu et de rouge, et parée d'un voile blanc. J'étais à Bethléem ; je me crus au temps de Gésar-Auguste. Un instant, les deux personnages furent pour moi Joseph et Marie, venant, pour obéir aux ordres du prince, se faire enregistrer. — Le costume des paysans reporte aussi la pensée vers des souvenirs touchants: il est, assure-t-on, tout à fait semblable à celui des bergers du temps de la naissance du Sauveur, et dâte de plus de deux mille ans. C'est une espèce de chemise ou tunique serrée autour du corps par une courroie, et un manteau par-dessus. Point.de chaussure: on va ordinairement pieds nus. »

Note 3, p. 2528 (Matt., 11, 2). — L'ÉTOILE DzS M^GES.

S. Matthieu rapporte que des mages vinrent à Bethléem pour adorer Jésus-Christ, et qu'ils y furent conduits par une étoile qui allait devant eux et qui s'arréta à lendroit oü était l'enfant. Or, disent les adversaires de nos divines Ecritures, personne n'ignore que les étoiles, à raison de leur immense élévation, ne peuvent indiquer une ville, pas méme un pays, bien moins encore une maison.

La difficulté des incrédules tombe d'elle-méme, dés que l'on considére que le terme asíer employé dans le texte grec, et le mot latin stella de la Vulgate, sont susceptibles non seulement du sens d'étoile proprement dite, mais encore d'un simple météore lumineux qui, vu à une certaine distanee, a toutes les apparenees d'une étoile... Le mot grec aster se trouve employé par Homère dans le sens d'un météore, auquel il compare la descente de Minerve sur la terre. Aristote s'en ést également servi avec la méme signification... « Nous pouvous méme, sans sortir de notre langue, dit Bullet, donner un exemple de cette double acception. On appelle parmi nous étoile un météore qui parait souvent en été en forme d'une étoile qui tombe (étoile filante), et ce n'est pas seulement le peuple qui parle ainsi; nos philosophes, qui se piquent d'une grande exactitude dans leurs expressions, ne s'expliquent point autrement. Les Arabes appellent aussi étoiles ces météores lumineux qui semblent tomber du ciel. » (J.-B. Grains.) -

Note 4, p. 2330 (Matt., ,זו‎ 22). — LA GALILÉE.

La Galilée, « cercle, circuit », qui joue un si grand rôle dans l'histoire évangélique, est à peine mentionnée dans l'Ancien Testament. On l'appelait « la Galilée (ou le cercle, l'habitation) des Gentils » (Matt., iv, 15), parce que les Gentils ou paiens y habitaient en grand nombre. A l'époque des Machabées, ils y étaient plus nombreux

que les Juits eux-mêmes. Ils venaient princrpalement de la Phénicie et étaient attirés par la richesse de cette fertile contrée.

Au commencement, on ne donnait le nom de Galilée qu'à la partie haute du pays, qui s'étend vers l'ouest au nord du lac de Tibériade, et qui était occupée par les tribus d'Aser, de Zabulon et d’Issachar (d'où l'application de la prophétie d'Isaie faite par S. Matthieu, 1v, 14-16). Après la captivité, les Juifs reprirent peu à peu possession du pays, en s'établissant d'abord au sud, mais la population fut toujours une population mixte. ₪

Du temps de Jésus-Christ, la Galilée formait une province particulière et 56 1% en Galilée supérieure et en Galilée inférieure. Joséphe nous a laissé une description des deux Galilées : « Au couchant, dit-il, elles ont pour limites les frontières du territoire de Ptolémais et le Carmel, montagne appartenant autrefois aux Galiléens et maintenant aux Tyriens; au midi, la Samarie et Scythopolis (voir la note sur la Décapole) jusqu'aux rives du Jourdain; au levant, l'Hippéne et la Gadaritide, ainsi que la Gaulanitide et les frontières du royaume d'Agrippa; au septentrion enfin, Tyr et toute la région des Tyriens. La Galilée inférieure se développe en longueur depuis Tibériade jusqu'à Zabulon, qu'avoisine sur la cóte Ptolémais, et, en largeur, depuis le bourg de Xaloth, situé dans la Grande Plaine, jusqu'à Bersabée, où commence la Galilée supérieure. Celle-ci s'étend de là en largeur jusqu'à Baka, qui la sépare du pays des Tyriens, et en longueur depuis Thella, bourg voisin du Jourdain, jusqu'à Meroth. » | :

Les montagnes les plus hautes de la Galilée inférieure s'élévent à peine à six cents métres au-dessus de la. Méditerranée. « Parsemées d'innombrables vallées généralement trés fertiles, elles étaient elles-mémes autrefois cultivées jusqu'à leur sommet, et sur leurs pentes s'étageaient de belles plantations d'oliviers, de figuiers, de vignes et d'autres arbres fruitiers que des broussailles ont en partie remplacées depuis longtemps; à leur pied croissaient, comme maintenant encore, du blé, de l'orge et d'autres céréales. » (V. GUÉRIN.)

Note 5, p. 235) (Mall, 11, 23). — NAZARETH.

Nazareth, dont le nom signifie vraisemblablement « rejeton », est une bourgade de.Galilée qui n'est pas mentionnée une seule fois dans l'Ancien Testament. Elle doit toute sa célébrité au séjour qu'y a fait Notre Seigneur. 08/16 en étages sur un amphithéâtre entouré de toutes parts de collines, elle est à 210 mètres environ au-dessus de la plaine d'Esdrelon. C'est un des endroits les plus agréables et les plus gracieux de la Palestine. Ses maisons à toits plats et toutes en pierre, avec leurs murs d'un blanc. éblouissant, sont encadrées dans la verdure. Partout des jardins, des oliviers, des figuiers et des cactus.

Sur l'emplacement de la maison de la sainte Vierge s'éléve aujourd'hui l'église de l'Aunonciation, au sud de la ville. Cette église a été construite dans sa forme actuelle en 1130; elle a reçu divers embellissements en 1817. La maison qu'avait habitée la sainte Famille fut transportée miraculeusement à Lorette à la fin du פוווצ‎ siècle. Elle était auparavant à l'endroit qui porte aujourd'hui le nom de Chapelle de l’Annoncialion, dans la erypte de l'église, du même nom. > Cette chapelle est divisée par un mur en deux parties. La première partie contient lautel de l'Annonciation. En face de l'autel, à gauche, on voit deux colonnes en granit qui marquent, selon la tradition, la place où se tenaient l'ange Gabriel et Marie à l'heure de l'Annonciation. L'autel, fort simple, orné seulement d'un tableau moderne représentant l’Annoncialion, est entouré de lampes d'argent, et sur la table de granit qui forme la paroi du fond, on lit ces mots : VERBUM CARO RIG FACTUM EsT. À droite de l'autel, une petite porte conduit dans une arrière-salle (chapelle de S. Joseph), où l'on trouve un autre

, autel adossé au précédent, et orné d'un tableau représentant la Fuite en Egypte,

(Sur l'autel on lit cette inscription : Hic ERAT sUBDITUS iLLIS.) De là un escalier de quelques marches monte dans une petite chambre taillée dans le roc, qui représente la cuisine de la sainte Vierge. » (ISAMBERT.)

Au nord-est de l'église de l'Annonciation, dans le quartier musulman actuel, est situé l'Atelier de S. Joseph. On croit qu'une église avait été construite sur cet empla-

tes Croisés. Il. n’en reste que quelques débris, sur une, partie desquels ו‎ ont élevé une chapelle de 1858 à 1859. Il est impossible de savoir au juste comment était disposé ce lieu du temps de Notre Seigneur. \

A quatre minutes de Nazareth, au nord-est, est la Fontaine de la Vierge, dont la source est enfermée aujourd'hui dans la partie septentrionale de l'église de 5 Gabriel qui appartient aux Grecs. L'eau passe dans un canal devant l'autel de l'église, à gauche, et est ainsi conduite à la Fontaine proprement dite, où l'on voit toujours des femmes qui viennent y remplir de grandes urnes à forme antique. Cette eau est bonne et abondante et. sert à arroser les jardins de Nazareth en méme temps qu'elle abreuve ses habitants. Comme c'est l'unique fontaine qu'on rencontre dans toute Ja localité, on ne saurait douter que la sainte Vierge et l'enfant Jésus ne s'y soient

rendus souvent

Note 6, p. 2332 (Matt., ut, 7). — LES PHARISIENS.

Les Pharisiens ne passaient pas pour alléger le joug de la loi. En général, leur doctrine était exacte. Cependant Notre Seigneur leur reproche de s'écarter, sur des points importants, de la justice et de la vérité : « Ce sont des aveugles, dit-il, et des conducteurs d'aveugles. » Tandis qu'ils poussaient jusqu'au scrupule l'exactitude aux petites choses, ils se mettaient peu en peine du grand précepte de la charit®. Is disaient: « OEi! pour œil et dent pour dent, » ce que S. Augustin appelle justt?4 injustorum. lls comptaient pour peu de chose les fautes intérieures. Ils éludaient certaines obligations par des subtilités. Ils en exagéraient d'autres au-delà de toute mesure, surtout la loi du sabbat.

Leur caractére était bien plus répréhensible que leur enseignement. Sauf un petit nombre, dont la vertu contrastait avec les défauts de la secte, entre autres Nico dème, neveu de Gamaliel, ils étaient orgueilleux, fiers de leur savoir, pleins de pré tention, de dédain pour leurs fréres, insensibles aux faiblesses et aux besoins du prochain, avares, hypocrites. Ils disaient et ne faisaient point. Ils affectaient l'aus térité, le jeûne, les ablutions fréquentes, les longues prières; mais tout cela pat amour-propre et par intérêt. Il leur fallait partout les premières places et les témoi gnages de respect. Ils rendaient eux-mêmes des honneurs aux prophètes, quand ils étaient morts; mais durant leur vie, quand ceux-ci les reprenaient de leurs vices, ils les persécutaient et cherchaient à les perdre. lls passaient les mers et parcou raient le monde pour faire des prosélytes, mais dans la seule vue de les attacher à leur secte et de leur inoculer leurs principes et leurs vices. En somme, Notre Seigneur leur préférait les publicains, quoique odieux au peuple et regardés, dit Tertuilien comme des pécheurs de profession. Aussi les frappe-t-il, peu de temps avant sa mort des plus terribles malédictions. De leur cóté, les pharisiens ne pouvaient le souffrir, lis étaient jaloux de sa réputation, de son influence et de ses miracles. Aprés lui avoir tendu toutes sortes de pièges et lui avoir suscité toutes sortes d'oppositions ils finirent par le faire attacher à la croix. (L. BACUEZ.)

Note 7, p. 2332 (Matt., ux, 7). — LES SADDUCÉENS.

L'origine du nom des Sadducéens est douteuse. D'aprés la tradition commune ues Juifs, les Sadducéens étaient ainsi appelés de Sadoc, disciple d'Antigone de Socho, lequel avait recu la loi orale de la bouche de Simon le Juste, le dernier membre de la Grande Synagogue. Quoi qu'il en soit, du temps de Notre Seigneur, la secte des Sadducéens se composait surtout des membres de l'aristocratie juive. Sur la plupart des points, ils étaient en opposition avec les Pharisiens. Ceux-ci affirmaient que Moise, outre la loi écrite, avait donné aux lsraélites une loi orale, qui s'était conservée par tradition. Les Sadducéens le niaient. Leur priucipale erreur, qui leur est reprochée expressément dans l'Evangile, consistait à rejeter le dogme de la résurrection des morts. 115 n'admettaient pas non plus l'existence des anges. Les Sadducéens disparaissent de l'histoire avec le premier siécle et cédent la place aux Pharisiens dont les croyances deviennent bientôt tout à fait prédominantes parmi les Juifs.

AbPENDICE. 3023

Note 8, p. 2334 (Matt., 1v, 18). — LA MER DE GALILÉE OU LAC DE TIBERIADE ET DE GÉNÉSARETH.

« Ce lac, auquel les Hébreux donnaient aussi le nom de mer, comme à tous les amas d'eau un peu considérable, s'appela. d'abord 100 de Cennérelh, de Génésarelh ou de Génésur : dénominations qui, bien que diverses, ne désignaient qu'une seule et même ville, מט‎ seul et méme pays à l'extrémité méridionale de la Galilée. On le nommait encore mer de Galilée, parce que vers le nord et l'orient il était enveloppé de cette province. {l ne prit le nom de Tibériade que lorsqu'Hérode eut fait bâtir cette ville, sur l'emplacement, dit-on, de Génésareth, en l'honneur de Tibère, lors de l'élévation de-ce prince à l'empire. — Quoique dépouillé des villes, des villages et des magni-

‘ques maisons! qui l'embellissaient il y a deux mille ans, et malgré la nudité des montagnes qui l'entourent, ce lac n'en offre pas moins encore aujourd'hui un aspect délicieux. Bordé de tous côtés de lauriers-roses, qui inclinent leurs branches toufïues et fleuries sur la tranquille surface de ses ondes limpides, il présente l'image charmante d'un immense miroir encadré dans une guirlande de verdure et de fleurs. C'est une miniature du lac de Genève. » (Dg GÉRAMB.)

Tous ceux qui l'ont visité ont été ravis d'admiration par sa beauté. « La mer de Galilée, large d'environ une lieue à l'extrémité méridionale, s'élargit insensiblement, dit Lamartine, les montagnes qui la resserrent [au sud] s'ouvrent en larges golfes des deux cótés, et lui forment un vaste bassin [ovale], où elle s'étend et se développe dans un lit d'environ quinze à douze lieues de iour. Ce bassin n'est pas régulier dans sa forme, les montagnes ne descendent pas partout jusqu'à ses ondes: tantót elles s'écartent à quelque distance du rivage et laissent entre elles et cette mer une petite plaine basse, fertile et verte comme ג1‎ plaine de Génésareth; tantôt elles se séparent et s'entr'ouvrent pour laisser pénétrer ses flots bleus dans des golfes creusés à leur pied et ombragés de leur ombre.

» La main du peintre le plus suave ne dessinerait pas des contours plus arrondis, plus indécis et plus variés que ceux que la main créatrice a donnés à ces eaux et à 668 montagnes; elle semble avoir préparé la scène évangélique pour l'œuvre de grace, de paix, de réconciliation et d'amour qui devait une fois s'y accomplir. A: l'orient, les montagnes forment, depuis les cimes du Gelboé, qu'on entrevoit du côté du midi, jusqu'aux cimes du Liban, qui se montrent au nord, une chaine serrée, mais ondulce et flexible, dont les sombres anneaux semblent de temps en temps prêts à se détendre et se brisent méme çà et là pour laisser passer un peu de ciel.

» Au bout du lae, vers le nord, cette chaine de montagnes s'abaisse en s'éloignant; on distingue de loin une plaine qui vient mourir dans les flots, et, à l'extrémité de cette plaine, une masse blanche d'écume qui semble rouler d'assez haut dans la mer. C'est le Jourdain qui se précipite de là dans le lac. Toute cette extrémité nord de la mer de Galilée est bordée d'une lisière de champs qui paraissent cultivés.

» Les bords de la mer de Galilée, de ce cóté dela Judée, n'étaient, pour ainsi dire, qu'une seule ville. Les débris multipliés devant nous et la multitude des villes et la magnificence des constructions que leurs fragments mutilés témoignent, rappellent à ma mémoire la route qui longe le pied du Vésuve, de Castellamare à Portici.

' Comme là, les bords du lac de Génésareth semblaient porter des villes au lieu de

inoissons et de forêts. » (LAMARTINE.)

Note 9, p. 2358 (Mait., xu, 46). — LES FRÈRES DU SAUVEUR.

Matt., xit, 46, ses rréres, c'est-à-dire ses cousins ou ses proches en général. Chez les Hébreux, comme chez les autres peuples de l'antiquité, le mot frére se prenait souvent dans ce sens plus étendu Ainsi dans la 662686, xiu, 8, Abraham et Lot sont appelés fréres; cependant Lot n'était que le neveu d'Abraham, puisque celui-ci était frère d'Aran, le père de Lot (Gen., xi, 21). De méme dans la Genèse, xxix, 15, Laban est dit frére d'Abraham; mais ce méme Laban était petit-fils de Nachor, le propre irére d'Abraham, et, par conséquent, son petit-neveu. Dans le livre de Tobie, vn, ἃ,

Raguel donne le nom de frère à Tobie, son véritable cousin (vers. 2). Dans le méme livre, vir, 9, le jeune Tobie, parlant à la fille de Raguel. qui était simplement sa cousine, lui dit: Ma sœur. On peut voir d'autres exemples daus le Lévilique, xxv, 48; Deutéron,, v, 4, 8, etc. Pour n'en citer qu'un seul pris d'un autre peuple, nous ferons remarquer que, dans Quinte-Curce, Amyntas est appelé frére d'Alexandre, bien qu'il ne fût que son cousin germain, du côté de son père. Ainsi l'Evangile a pu donner le nom de frères et de sœurs de Jésus à des personnes qui étaient simplement) ses proches; mais la-t-il donné réellement? ll nous semble qu'il n'y a pas lieu: d'en douter. — Toute l'antiquité chrétienne, comme le remarque justement D. Calmet, a toujours cru que Marie avait conservé sa virginité aprés, comme avant et pendant lenfantement miraculeux de son divin fils Jésus. Quant à l'objection de quelques anciens hérétiques, tels qu'Eunomius et Helvidius, prédécesseurs des protestants et | des rationalistes modernes, nous y avons suffisamment répondu. (page 2), par des arguments qu'une saine critique ne saurait légitimement récuser. Toutefois nous croyons devoir en ajouter ici un nouveau en faveur de ceux de nos lecteurs qui ne sont pas étrangers à la philologie sacrée. Tl est certain que le terme hébreu becór, rendu dans le texte grec par prôtotokos, et, dans la Vulgate, par primogenitus ou premier-né, signifie proprement, comme phéler réhem (ou simplement phéter), qui lui sert souvent d'explicatif, fente, ouverture, et ce qui fend, ce qui ouvre un. sein (quod aperit vulvam). Or il ny a rien là qui prouve que la trés sainte Vierge ait eu d'autres enfants aprés Jésus-Christ. — Nous ajouterons, avec Aberlé (Dict. della Théol. cathol.), que si ces frères de Jésus-Christ, dont parle l'Evangile, avaient été ses véritables frères selon la chair, il serait très singulier que jamais Marie n'eüt été appelée leur mére; il serait tout à fait inconcevable que Jésus eüt recommandé sur la croix sa mère à saint Jean (Jean, xix, 26, 21), tandis qu'ayant d'autres fils, c'eüt été le devoir naturel de ceux-ci de la recueillir, et ils n'y auraient certainement pas manqué. — On ne voit daus le Nouveau Testament, comme fils de Marie, que Jésus, et c'est précisément par opposition avec ceux qui sont appelés ses fréres, qu'il est désigné comme le fils de Marie (Marc, vr, 3). — La manière dont Jésus, du haut de la croix, recommande sa mére à saint Jean prouve encore qu'il. était le fils unique de Marie, car il est dit littéralement : Voilà le fils de vous; avec l’article déterminatif, qui aurait évidemment manqué, s'il y avait encore d'autres fils de Marie. — Un nouvel argument en faveur de notre thése est la possibilité de démontrer quelle fut, en dehors de la trés sainte Vierge, la véritable mére de ceux qui sont appelés les frères du Sauveur. Saint Matthieu cite (xxvii, 56), parmi les femmes présentes au crucifiement, une Marie, mère de Jacques et de Joseph; saint Marc le dit également (xv, 40), et, de plus, il distingue ce Jacques d'un autre Jacques, fils de Zébédée, par le surnom de 76 petit (o0 mikros) ou le mineur. Comme il ne parait en général dans le Nouveau Testament que deux Jacques, il n'y a pas de doute que le premier ne soit celui que saint Paul nomme (Galat., 1, 19) le frère du Seigneur, celui à qui sa position comme premier évéque de Jérusalem, donnait alors une haute importance; celui enfin dont l'épitre fait partie du Nouveau Testament. — Saint Jude, au commencement de son 'épitre, se nomme /rère de ce Jacques. Ainsi on trouve dans le Nouveau Testament pour trois des frères du Seigneur, Jacques, Joseph-et Jude, une Marie qui est leur mère, et qui est différente de la mère de Jésus. Or, cette Marie est, sans aucun doute, identique avec la Marie nommée par saint Jean (xix. 25) la femme de Cléophas et la sœur de la mère du Seigneur. Cléophas, ou selon une autre: forme de ce méme nom, Alphée, était par conséquent le pére de Jacques, de Joseph et. de Jude; et, en effet, Jacques est, en plusieurs circonstances (Matt., x, 35 Marc; ut, 48; Luc, νι, 15; Act., 1, 18), nommé 76 fils d'Alphée. Pour Simon ou Siméon, il est expressément désigne comme le fils de Cléophas par Hégésippe, le plus ancien historien de l'Eglise. 11 est donc incontestable que les quatre frères de Jésus étaient simplement ses cousins du côté de sa mère; et si, d'après la donnée d'Hégésippe, Cléophas tait un frère. de; saint Joseph, ils l'étaient aussi vraisemblablement du côté paternel, — On a objecté que deux, sœurs vivantes n'ont pas pu porter le méme now. Mais il fallait prouver que cela n'avait jamais lien chez les Juifs, surtout dans les derniers temps. Cet usage existait incontestablement chez les Latins, puisque, sur les quatre filles qu'avait Octavie, la sœur de l'empereur Auguste, et. qui vécurent en méme temps, deux se nommaient, sans autre surnom, Marcella, et les deux autres Octavie. — On a dit encore que, d'aprés saint Hilaire, saint Epiphane, Théophilacte et plu-

sieurs autres anciens, saint Joseph avait eu des enfants d'une autre femme avant son mariage avec la sainte Vierge, et que ce sont ces enfants que l'Ecriture appelle lea fréres de Jésus-Christ. Origéne remarque à ce sujet que c'est le faux évangile de saint Pierre ou celui de saint Jacques qui ἃ donné lieu à cette opinion. Il est certain qu'elle n'est nullement fondée sur la tradition, et il est trés vraisemblable que ceux qui, l'ont adoptée l'ont fait uniquement parce qu'ils ont cru devoir prendre ici le mot-frére dans sa signification propre, en l'étendant seulement aux fréres de lits différents. Les interprètes ont donc pu avec raison dresser le tableau généalogique suivant, lequel montre que les prétendus fréres de Jésus n'étaient que ses cousins.

Anne. — Joachim.

Cléophas ou 410266, — Marie. Marie. = Joseph. | Jacques, Joseph, Jude, Siméon, Jésus, apôtre. Spa évéq.

e Jérusalem.

Nos adversaires, nous ne l'ignorons pas, ont opposé à nos arguments des difficultés plus ou moins spécieuses; mais ils sont forcés de convenir que ces difficultés ne dépassent pas les limites de l'hypothése, et que sous ce rapport méme notre sentiment est le mieux fondé en raisons. Quoi qu'il en soit, nous avons pour nous toute l'antiquité chrétienne, qui a toujours cru que Marie avait conservé 0 RES après avoir enfanté Jésus-Christ. Or, un pareil témoignage, si on consu ih ἃ uo critique, doit l'emporter sur toutes les hypothéses, méme les plus séduisantes.

(J.-B. GLAIRE

Note 10, p. 2358 (Matt., xit, 8). — LES PARABOLES DE L'ÉVANGILE.

« La beauté et le charme, même littéraire, des paraboles de l'Evangile m'ont attiré... La parabole évangélique est un petit drame, et je n'hésite pas à dire qu'à considérer la vérité des caractéres et de l'action, ces drames sont plus vivants et plus animés que les apologues les plus admirés. Ils représentent la vie du monde et de la terre aussi bien que s'ils n'étaient pas destinés à nous enseigner la vie du ciel... Les caractères que j'admire dans les paraboles évangéliques [sont] la variété des détails, la vivacité de l'action, et, de plus, l'élévation et la pureté de la morale; c'est là ce qui fait la divine supériorité de la parabole évangélique sur l'apologue oriental... La lecon que donne la fable est d'une morale médiocre et toute mondaine: la lecon évangélique indique à l'homme la voie à suivre pour arriver au ciel. La parabole a toutes les formes et tous les agréments de la fable; elle a de plus une morale toute divine... Nulle part ce caractère de la parabole, égale à l'apologue pour la forme, supérieure pour la morale, n'éclate mieux que dans les grandes paraboles de l'enfant prodigue ou du mauvais riche. L'enfat prodigue est passé en tradition dans la litérature; le mauvais riche est entré dans la peinture, dont il est devenu un des sujets favoris... L'action est vive et frappante; elle grave profondément dans l'esprit la morale qu'elle contient; c'est un drame que personne n'oublie une fois qu'il l'a vu et qui rappelle à chacun de nous la lecon qu'il exprime... ll y a dans les auteurs anciens bien des récits allégoriques destinés à exprimer des vérités morales ou métaphysiques. La Gréce aimait ces mythes, à ce point méme qu'elle en oubliait le sens pour la forme; Platon se servait souvent de ces fables symboliques; mais il n'y a aucun de ces récits mythologiques qui, même dans Platon, puissent étre comparés aux paraboles évangéliques. Ils n'ont ni la simplicité ravissante, ni la vérité expressive, ni l'utilité et la clarté morale de la parabole. א‎ (SaiNrT-MaRC GIRARDIN.)

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