XXI. 11. Nomb., xxxi, 17, 18. .אס
n’ont pas reçu de femmes? Toutes les femmes en Benjamin sont tombées à la fois,
17. Et nous devons avec un grand soin et un grand zèle, pourvoir à ce qu’une des tribus d'Israël ne soit pas détruite.
18. Cependant nous ne pouvons leur donner nos filles, liés par le serment et la malédiction dans laguelle nous avons dit : Maudit celui qui donnera de ses filles pour femmes à Benjamin!
19. Ils prirent donc cette résolution, et ils dirent : Voici que la solennité anniversaire du Seigneur est à Silo, qui est située au septentrion de la ville de béthel, et au cóté oriental de la voie qui de Béthel s'étend jusqu'à Sichem et au midi de la ville de Lébona.
20. Et ils ordonnerent aux enfants de Benjamin, et dirent : Allez, et cachez-vous dans les vignes.
21. Et iorsque vous verrez les filles de Silo s'avancer pour former des danses, selon la coutume, sortez soudainement des vignes, prenez parmi elles chacun votre femme, et allez dans la terre de Benjamin.
22. Et lorsque leurs peres et leurs freres viendront se plaindre de vous, et vous accuser, nous leur dirons: Ayez pitié d'eux ; car ils ne les ont pas enlevées par le droit des combattants et des vain-
16. Sont tombées à la fois, sous les coups du glaive. Voy. vers. 10, 11.
19. * Béthel. Voir Genése, xu, 8. — Lébona, ville au nord de Silo.
20. * Cachez-vous dans les vignes. Les vignes qui, du temps de Josué et des Juges, étaient aux environs de Silo, ont aujourd'hui disparu. Avec la ruine du village, la désolation s'est répandue sur les collines d'alentour.
queurs; mais quand ils ont demandé à les avoir, vous ne les avez pas données; ainsi c'est de votre cóté qu'est la faute.
93. Et les enfants de Benjamin firent comme il leur avait été commandé; et, selon leur nombre, chacun enleva une des filles qui formaient des danses, pour en faire sa femme; et ils s'en al-
(cu. xxr.] lèrent dans leurs possessions,
rebâtissant les villes et. y habi-
tant.
24. Les enfants d'Israël aussi retournerent, selon leurs tribus et leurs familles, dans leurs tabernacles. En ces jours-là, il n’y avait point de roi en Israél, mais chacun faisait ce qui lui paraissait juste.
23. Rebátissant. C'est le sens qu'exige l'article qui se trouve en hébreu devant le mot villes. Les villes dont il est ici question existaient déjà; et d'ailleurs, comme nous l'avons remarqué dans un autre endroit (Nombr., xxxn, 34), le verbe hébreu bálir, signifie souvent par extension rebátir, reconstruire, reslaurer, embellir un
édifice,
INTRODUCTION
AU LIVRE bE RUTH
Le petit livre qui porte le nom de Ruth a pour objet principal de nous faire connaitre la généalogie de David, le fondateur de la race royale, et celle de Jésus-Christ. Cette généalogie, qui n'est point donnée par le livre des Rois, se lit ici, rv, 18-21; elle est incomplète, car de Pharés, fils de Juda, jusqu'à David, elle ne comprend que dix membres, ce qui est insuffisant pour un intervalle de six à huit siécles; mais l'auteur ἃ voulu nous indiquer seulement les principaux ancêtres du grand roi, et établir qu'il descendait de Juda, fils de Jacob. L'histoire d'une Moabite, Ruth, a fourni à l'écrivain sacré l'occasion de raconter l'origine du véritable fondateur de la monarchie israélite. Elle vivait du temps des Juges; c'est pourquoi ce livre est considéré comme une sorte d'appendice ou de supplément au livre méme des Juges. Il est d'ailleurs impossible de fixer à quelle date précise se sont passés les événements mentionnés dans Ruth. Des critiques ont pensé que c'était pendant les invasions des Madianites qu'avait eu lieu la famine dont parle 1, 1; Josèphe dit que Booz vivait du temps d'Héli, aprés la mort de Samson. On ne peut résoudre la question. Nous ne savons pas davantage quel est l'auteur de cet écrit. Le style ne ressemble ni à celui du livre des Juges ni à celui des deux premiers livres des Rois. Plusieurs l'ont attribué à Samuel, d'autres à Ézéchias, mais sans preuves. Il a été probablement composé peu aprés la mort de David, puisque la généalogie finale s'arrête à ce roi, tv, 22.
Le livre de Ruth nous fait pénétrer dans l'intérieur d'une famille bethléhémite et nous trace un tableau achevé de la vie domestique. C’est une ravissante idylle d'une incomparable fraicheur, d'une grâce charmante, d'une délicate sobriété de touche, une œuvre d'art exquise. Le plus habile poéte n'aurait pu imaginer des caractères mieux harmonisés et mieux choisis. Quelle belle figure que celle de Booz, homme de foi, plein de l'idée de Dieu, dont la pensée est présente à tous les détails de sa vie, diligent et soigneux dans la culture de ses terres, bon pour ses serviteurs, condescendant envers eux, aimé de tous; libéral envers les étrangers, respectant le droit des autres et observant la loi, jusque dans son amour pour Ruth, sa parente! — Quelle touchante et sympathique figure que celle de cette Moabite, d'un dévouement si généreux pour sa belle-mére et pour la mémoire de son époux, d'une modestie si simple, d'une patience si grande dans le support de la pauvreté, d'une docilité si candide aux avis de Noémi! Cette étrangère, adoptée par le peuple de Jéhovah, à cause de ses vertus, destinée à devenir un des ancétres du Messie, n'est pas seulement pour nous un beau caractére : elle est le gage de notre vocation à la foi, pour
nous, gentils, qui avons été appelés comme elle de l'erreur à la vérité. — Noémi est le type de la mère de famille, de la femme forte que devait chanter plus tard l'auteur des Proverbes; c'est la femme religieuse, fidèle à remplir ses devoirs avec tact, sagesse et prudence, comptant toujours sur Dieu, dans l'ad- 'versité comme dans la prospérité. — Et pour faire contraste à ces figures si attachantes, Orpha, qui n'est point méchante, mais qui n'a pas le cœur assez généreux pour suivre jusqu'au bout sa belle-mére, la quitte aprés l'avoir embrassée et renonce ainsi à la vraie religion, comme sans s'en douter, pour retourner chez elle, vers son peuple et « vers ses dieux, » et demeurer paienne.
« Le petit livre de Ruth, dit Roos, est placé au milieu de livres remplis de récits de guerres et d'autres grands événements comme une peinture gracieuse et incomparable d'honnéteté, de décence, de sagesse et de droiture... Cette belle histoire renferme des types de toutes les vertus nécessaires dans la vie domestique et sociale. C'est la gloire éternelle du Dieu d'Israél d'avoir été honoré, au milieu de la liberté dont son peuple jouissait à cette époque, par tant de chasteté, de justice, d'amour, de bienséance. Qu’étaient donc Noémi, Booz, Ruth? C'étaient des paysans. Combien charmante est leur éloquence! Combien touchante leur amitié! Combien délicate leur conduite! Quelle prudence et quel jugement ils manifestent |
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