‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 42 sur 106 · JUSTIFIE TOUTES LES ERREURS · texte numérisé non relu

JUSTIFIE TOUTES LES ERREURS

Encore une fois, est-il croyable que le Sauveur du monde ail donné à son Eglise une base aussi ruineuse, qu'il ait laissé sa doctrine en proie aux disputes humaines, à la perversité et à la faiblesse de notre raison ? D'où sont nées toutes les hérésies monstrueuses qui ont infesté les premiers siècles de l'Eglise chrétienne et que les protestants répudient, comme nous, avec horreur ? Uniquement de la fausse interprétation des Ecritures. C'est ce qui faisait dire à saint Augustin : « Les hérésies n'ont pas eu d'autre origine que les Ecritures qui, bien que bonnes en elles-mêmes, ne sont pas bien comprises» W.

Le théologien Eck reconnaissait la même vérité, lorsqu'il disait à Luther : « Martin, il n'est aucune des hérésies qui ont déchiré l'Eglise, qui ne soit née de l'interprétation des Ecritures. La Bible est l'arsenal où chaque novateur est venu puiser des arguments» (2).

« Si le monde doit subsister plus longtemps, dit Luther, je le déclare, avec toutes ces interprétations diverses qu'on nous donne sur l'Écriture, il ne nous reste d'autre moyen de conserver l'unité, que de recevoir les décrets des conciles et de nous réfugier sous leur autorité. » — « Rien ne discrédite autant notre Evangile que nos discordes intestines !...0n sait assez qui éviter, mais non| qui suivre » . — « Il est

(1) Aug. Tract. 18 in Joan. : " Non alîunde natœ sunt harese» nisi dum Scripturse bonae intelliguntur non bene. "

(2) Voyez Audin, Histoire de Luther, t. I, c. 20.

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de grande importance, écrivait Calvin à Mélanchton, qu'il ne passe aux siècles à venir aucun soupçon des divisions qui régnent parmi nous ; car il est ridicule au- delà de tout ce qu'on peut imaginer, qu'après avoir rompu avec tout le monde, nous nous accordions si peu entre nous, dès le début de noire réforme» Ci).

« Mais, reprend l'Abbé Constant, à quoi bon constater par l'histoire un fait qui arrive tous les jours sous nos yeux parmi les protestants ? Est-ce que, par exemple, la Faculté de Genève, qui ne croit pas à la divinité de Jésus-Christ, interprète comme la Faculté de Montauban, qui la défend encore, ce passage de saint Jean : Et le Verbe était Dieu ? Ces paroles : Ceci est mon corps, ont-elles la même signification pour les Luthériens de l'Alsace qui croient à la présence réelle, que pour les Calvinistes de la Suisse qui la rejettent ?

« Est-ce que le docteur Gorham et le tribunal su- 'prême de l'Eglise d'Angleterre, qui ont décidé que la réception du baptême était facultative pour le salut, prennent dans le môme sens que l'évêque d'Exeter ces paroles de Notre Seigneur : Allez, enseigniez toutes les nations, baptisez-les, etc. — Si quelqu'un ne renaît dans Veau, etc. ? »

« Est-ce que nous ne voyons pas les sectes qui pullulent par centaines en Angleterre et aux Etats-Unis soutenir toutes que les rêveries qui forment leur sym-

(1) Voyez Mgr. Charvaz, évêquo do Pignerol, Le guide du catéchumène vaudoie, Paris, 1840. II, 9, 10 et 11.

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