LE RATIONALISME
le rationalisme pur. La raison inclivîdaeîle, obligée de se former un canon des Ecritures, d'en approfondir le sens et d'en extraire un symbole de foi, s'épuise, se consume en vains efforts ; elle est emportée d'une doctrine à l'autre ; ses convictions luiéchapent l'une après l'autre et la laissent dans un vide dont elle a naturellement horreur. Fatiguée de tant de travaux inutiles, désespérant de jamais poser le pied sur la terre ferme de la vérité, elle finit par ne plus ajouter foi à la révélation divine, ou bien elle n'admet que ce qui ne dépasse pas les limites restreintes de son domaine. Du moment qu'elle ne comprend pas intrinsèquement une doctrine quelconque, lors même qu'elle est certainement enseignée par Jésus-Christ, elle la rejette sans scrupule, ou bien elle lui prête un sens radouci qui ne saurait porter ombrage à son orgueil. De là il suit naturellement que tous les faits surnaturels, les miracles les plus évidents, les mystères les plus sublimes, les prophéties les mieux accomplies, les plus extraordinaires disparaissent en face de ces critiques à courte vue. Il semble que, pour eux, la révélation est comme un arbre chargé de branches sèches, de rameaux stériles, qu'il faut émonder soigneusement pour en avoir des fiuits ; ils tranchent à droite et à gauche tout ce qui dépasse la mesure de leur faible raison, au risque de porter atteinte à la substance même de la doctrine révélée.
Aussi l'Allemagne et l'Angleterre qui ont rompa