‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 125 sur 142 · POSSÈDE L'UNITÉ · texte numérisé non relu

POSSÈDE L'UNITÉ

plète et de la part des évêques et de la part des fidèles ; tous les dissentiments antérieurs se sont effacés en présence de ja sanction pontificale attachée aux décrets de la vénérable assemblée, Mettez maintenant sa foi à l'épreuve des siècles ; remontez aux catacombes, passez au moyen-âge ou aux temps de la réforme, et comparez là doctrine de l'Eglise Romaine à ces époques avec celle qu’elle professe maintenant et je vous défie d’y découvrir le moindre changement, la plus faible divergence.

Mais, nous disent nos adversaires, est-ce que l'Eglise Romaine n'a pas varié dans sa foi lorsqu'elle a défini, en 1854, le dogme de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge, et, en 1871, celui del’infaillibilité pontificale ? Les Révérends Bancroft @) et Burns @ s'étonnent que ces dogmes n’aient pas été découverts auparavant, s'ils existaient ; là-dessus ils débiteni des ineffabilités, pour ne pas dire davantage ; ils vont jusqu’à assigner comme cause de la guerre francoprussienne cette dernière définition ; puis le Dr. Burns rappelle le grand schisme d'Occident, les disputes entre les Scotistes et les Thomistes, entre les Jésuites etles Jansénistes, entre l'Evêque de Montréal et le Séminaire de Saint-Sulpice, afin d’en conclure qu'il n’y a pas plus d’unité dans l'Eglise Romaine que dans le protestantisme.

À cela je réponds d’abord d’une manière générale

(1) Morning Chronicle, 15 Février. 1872, (2) Morning Chronicle, 27 Février, 1874.

que l'Eglise ne crée jamais de nouveaux dogmes ; ils sont tous contenus dans la révélation écrite ou non écrite, bien que tous n’y soient pas contenus d’une manière également claire, également précise ; c’est cette dernière raison qui établit une différence de date, non pas entre telle et telle croyance de l’Eglise— puisque l'Eglise a toujours cru implicitement ou explicitement tout ce qu’elle croit aujourd’hui—mais entre telle et telle définition de foi de l'Eglise. Un nouveau dogme, comme s'expriment nos adversaires, n’est donc pas une doctrine nouvelle, prise en dehors de la révélation, imaginée par le caprice du Pape et des évêques ; non, ce n’est qu'une définition ou déclaration nouvelle que l'Eglise nous donne d’une doctrine ancienne, primitivement révélée, mais qui, à cause de sa révélation moins explicite dans l’'Ecriture et la Tradition, n'avait été crue encore dans l'Eglise qu'implicitement @). En-d’autres termes, l'Eglise ne change pas l’objet de la foi, elle ne se fabrique pas des

croyances à son gré ; son rôle se borne à constater,

lorsque les circonstances le requièrent, que telle doctrine est véritablement révélée, c'est-à-dire contenue dans la Sainte Ecriture ou dans la Tradition ; c’est toujours la parole de Dieu qui nous est enseignée et proposée, non pas par la raison individuelle comme dans le protestantisme, mais par l'infaillible

(1) Rua, Course de conférences sur la religion, t. II, p. 339, Voyes ‘aussi Franzelin, De divina traditione et Scripturd, p. 238.

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