X. Trombelli, iv
FETE ET TÉMOIGNAGES
et au rosaire, ne soit à peu près qu’un résumé de ce que l'Évangile met dans la bouche de l’archange Gabriel et de sainte Élisabeth ; aussi se retranchent-ils, pour justifier leurs critiques, dans l’abus prétendu qu’en font les catholiques; c'est un salut, disent-ils, que l’on doit faire, et non une prière dont ils blâment surtout la répétition. Saint Augustin leur a répondu d’avance en rappelant que Notre-Seigneur avait dit qu’il ne fallait pas beaucoup de discours dans la prière, et que lui-même a répété trois fois la même dans le jardin des Oliviers. La louange de Dieu, d’ailleurs, n’est-elle pas une prière? lorsque dans les acfes, saint Luc dit que Paul et Silas louent Dieu, c’est comme s il disait qu’ils le prient. Ainsi cette salutation qui est la commémoration du plus grand bienfait de notre rédemption est, pour ainsi dire, une prière. Quand les sœurs de Lazare envoyent dire au Christ : « Celui que vous aimez est malade, » cette parole ne renferme-t-elle pas une prière 1 ?
FÊTE ET TÉMOIGNAGES
Les pères des premiers siècles ont fréquemment parlé du mystère de l’annonciation et de sa commémoration solennelle dans un culte public, on peut donc croire sans témérité, que cette fête date des temps apostoliques 2 ; elle est certainement la plus ancienne de toutes3. L’église célèbre le même jour le mystère de l’incarnation. Les anciens la désignent sous différents noms : tels que conception du Christ, annonciation du Christ, etc.
Saint Grégoire le Thaumaturge. — Saint Grégoire en parle en 230 4 : « C’est avec raison, dit-il, que parmi toutes les créatures, Dieu fait
x. Colvenerius, Summa aura, III, 1222.
2. L’abbé Martigny nous dit qu’elle était en pleine vigueur au IVe siècle.