Evangile , ch. ni, p
2. Il a été décrit par Ferrario, Monumenti santi e profani di S. Amlrogio in Milano, 1824.
ICONOGRAPHIE
L'Annonciation nous montre la sainte Vierge assise sous un dais, l’ange au dehors s’approche, il a les ailes encore déployées, la vergeàla main, le bras levé.
Les figures n’offrentpas un dessin très-correct, les pommettes saillantes, les yeux à fleur de tête, les attitudes souvent peu gracieuses. Ajoutons que leclat de l’or rend assez difficile d'apprécier le modèle et nous a même opposé quelques obstacles dans les dessins que nous avons pris.
Sainte-Marie in Transtévère. — Au ixc siècle, à cette époque d’une renaissance qui dura peu, on voit se multiplier davantage les représentations des sujets religieux. A Sainte-Marie in Transtévère, nous avons déjà reproduit la sainte Vierge et l’ange sculptés à mi-corps sur un linteau de porte. La Vierge en orante ouvre les bras et les mains, l’ange porte une verge surmontée d’nne boule, les deux figures sont nimbées '.
Ivoire Spit\er. (Pl. X.) — Nous devons à l’obligeance de M. Spitzer la communication d'un ivoire très-remarquable, tout jauni par le temps et d’une grande délicatesse d’exécution. Il a probablement fait partie d'un de ces coffrets dont nos musées ont conservé des spécimens. Il a om,z6 sur om,o8 et représente trois scènes : l'Annonciation, la Visitation, la Nativité. Une riche architecture en décore les fonds ; elle semble, par beaucoup de détails , se rattacher au xi° siècle, et rappelle dans ses tours et ses dômes l’église de Saint-Front de Périgueux et surtout Notre- Dame de Poitiers. Des colonnes s’y trouvent comme dans des monuments du xne siècle. Certains ajustements de plis, à l’extrémité des manteaux, nous rapprochent de quelques manuscrits du xie siècle. D’un autre côté, le propriétaire indique ce petit monument comme étant du ixe siècle, où l’art, plus pur qu’au xie, justifierait la perfection du travail que nous examinons.
i. Évangile } ch. m, p. 15.
La première scène à gauche est l’Annonciation. L’ange debout, nimbé, tenant à la main gauche une verge surmontée d'une boule, lève la main droite vers la sainte Vierge. Celle-ci, nimbée, assise dans une riche maison, tient un fuseau de la main droite et une pelote de la main gauche. Ses pieds sont posés sur un escabeau élevé.
Bibliothèque de l’oArsenal. — L’Annonciation et la Nativité figurent au folio 18, sur la même page d'un manuscrit latin très-intéressant de la Bibliothèque de l’Arsenal, coté L. 33. C.
On lit sur le premier folio DOMINO — PAPE DA — MASO. HIE — RONIMUS — SALUTEM.
Au folio 6 on lit : Eusebius Carpiano FRI, in Domino salutem.
Le folio 18 nous montre une Annonciation, l’ange avec nimbe et ailes orange , tunique bleue, manteau jaune, filets bleus; la sainte Vierge, robe et voile roses, manteau bleu 1. Toutes ces couleurs sont fort ternes, les compositions sont belles, le dessin mauvais sent trop la copie.
Évangéliaire de Soissons. ( Bibliothèque nationale. 8850.) — L’Évangéliaire de Soissons,
x. A la Nativité, l’enfant Jésus porte des langes rouges, un nimbe d’or. La sainte Vierge, couchée, a un voile blanc, une robe verdâtre, un lit bleu. Saint Joseph, une tunique bleue, robe de dessus jaune à reflets bleus.
Du folio 20 au folio 21, quatre pages pourpre, lettres d’or.
Folio 69. Un crucifix, les pieds séparés.
En face. Ensevelissement.
Folio 98. Notice sur saint Luc : « Lucas sirus natione, antiocensis arte, medicus, discipulus apostolorum postea Paulum secutus... »
Folio 104. Les saintes femmes au tombeau.
Folio 105 Première apparition. — Saint Thomas (gravé Ev., II, pl. XCVU). Cio. oLaE O. Ce A- C ii .A y~C‘ À-t vv 4. te, ioxO . C) ^ LV11 f v c* H ^ v’ vi.v \ c . C CLv
Folio 105. Saint Luc — en face 106, Jésus-Christ assis. X < ■ Siècle- , v»y fi. £ a'i .
Folio 155 : Hic est Joannes evangelista unus ex discipulis.
Folio 157. Ascensio Domini (gravé Ev., pl. C).
Folio 158-159, 2 feuilles pourpre, majuscules lettres dorées.
CH. III, — ANNONCIATION
écrit de 800 à 826, provient de l’abbaye de Saint-Médard.
En 827, Louis le Débonnaire, dans une visite solennelle à l’abbaye, apporte entre autres présents l'Evangéliaire dont nous parlons. En 1169, Enguerrard fait changer la couverture et en continue l’origine. En 1663, nouvelle constatation du livre par Donnai, dans Y Histoire de la ville de Soissons. Voici ce qu’en dit D. Martène : « De tous les anciens monuments il ne reste à cette abbaye qu’un texte des Evangiles, qu’on 11e peut trop estimer. Il est écrit en lettres d’or onciales : toutes les pages sont en deux colonnes, mais travaillées avec tant de soin qu’il n’y en a pas deux semblables. «
Lors de la suppression des couvents et de l’apport des bibliothèques aux chefs-lieux des districts, l’Evangéliaire de Saint-Médard disparut sans qu’on pût en retrouver la trace, puis se retrouva à la bibliothèque du roi, où il fut reçu, le 25 août 1790, par Cousin de Perceval , mais sans sa riche couverture datant de plus de six cents ans L
Ce livre, commencé avec tant de soin, se termine avec la plus grande négligence; on y suit la fatigue et la négligence de l’artiste. Ne pourrait-on pas aussi y voir la précipitation exigée par l’empereur, voulant apporter son Evangéliaire en 827, à Soissons? Cela donnerait peut-être une date précise. Ce beau livre a dû prendre un grand nombre d'années de travail à son habile auteur. On sait que Gottschalck a consacré plus de sept ans à illustrer l'Evangéliaire de Charlemagne qui a figuré au Musée des souverains.
Cet Évangéliaire, conservé à la Bibliothèque nationale sous le n° 8850, présente le grand fait évangélique de l’Annonciation à une échelle presque microscopique : la sainte Vierge assise ouvre les bras; 1 ange, sans ailes, tient la verge L
1. M. de Bastard (Pl. LXXXV) a reproduit 6 de ses 10 miniatures en lithochromie.
2. Ce magnifique manuscrit, de o"',22 sur om^6, relié en veau, semble avoir beaucoup servi ; il a été donné par Louis le Débonnaire à Saint-Médard de Soissons. Il a été malencontreusement relié au xvilC siècle,
Au commencement de 1 Évangile de saint Luc, M. Fleury voit saint Joachim et sainte Anne où nous avons cru reconnaître une Visitation.
Bibliothèque nationale, manuscrit 5 10. (Pl. XI.) Au folio 3 du beau manuscrit 510 de la Bibliothèque nationale, œuvre du ixe siècle, nous trouvons une Annonciation dans toute sa simplicité évangélique1 2. La sainte Vierge, debout sur un tabouret devant sa maison , vient de se lever de son siège au moment de l’apparition de l’envoyé divin. Elle est vêtue d'un manteau bleu qui lui couvre la tète et d'une robe rouge. Les souliers sont d’un rouge plus foncé. Près d’elle, posée sur un guéridon , une corbeille remplie de pelotes de fil indique le travail auquel elle se livrait. L’ange, nu-pieds, aux ailes étendues, arrive, tient une verge dans sa main gauche et fait signe à la Vierge de sa main droite. Tous deux ont un nimbe d'or : une inscription grecque complète la caractéristique du sujet.
Bibliothèque nationale , manuscrit 9386. — La Bibliothèque nationale, dans le manuscrit n° 9386, nous présente le même sujet sous des formes hideuses; nous en parlons après la nia-
où l’art du relieur consistait surtout à serrer les feuillets et à couper les marges pour la dorure sur tranche.
On voit au Ier folio, verso, les deux apôtres, l’agneau ; au-dessous les quatre symboles des évangélistes près du temple.
Folio 6, verso. Le temple, animaux; quatre cerfs avec clochettes, coqs poursuivant une perdrix.
Folio 7. Concorde des évaugélistes, quatre colonnes, jolies miniatures d’animaux.
Folios 13 et 17. Ornements par l'évangéliste saint Mathieu et figure de cet évangéliste.
Folio 8r. Saint Marc. Il y a dans ces belles peintures de petits camaïeux, figures blanches sur fond bleu.
Folio 82. Une lettre majuscule et quatre têtes nimbées.
Folio 123. Saint Marc. Dans le haut un tout petit ange et un évêque encensant un autel.
Folio 124. L’Annonciation et la Visitation.
Folio 180. Saint Luc; puis dans le haut, en tout petit, les noces de Cana et la Cène.
Folio 181. Lettres ornées, en haut le Christ et un homme, à l’opposé la Samaritaine.