Evangile ; ch. ni, p
Xe SIECLE.
Coffret d’ivoire au Louvre. (PL XIII.) — Un coffret d'ivoire au Louvre nous montre, sous le numéro du catalogue A, 69, les principales scènes de l’enfance de Notre-Seigneur.
Il est composé de dix plaques d'ivoire, cinq pour le corps du petit meuble et cinq pour le couvercle en forme de pyramide tronquée.
Les plaques d'ivoire sont réunies par de petites lames de cuivre dont trois seulement conservent leur cachet primitif et sont décorées de raies et de points. Aux quatre angles de la saillie qui sépare le coffret de son couvercle, on voit un trou destiné certainement à placer soit un gland, soit une sphère sur un piédouche ou tout autre objet qui marque bien l’angle.
Le coffret a ora,23 de long, om, 15 de large, om, 132 de hauteur sous la saillie supérieure; nous en donnerons ici une courte description, bien que nous nous proposions par la suite de revenir sur ses sujets isolément.
Les quatre faces verticales sont décorées de bas-reliefs entourés d’un encadrement de feuillages. Les faces obliques du couvercle contiennent chacune un bas-relief plus resserré dans son cadre qui n'a pas de place pour le feuillage.
Sur la face droite de l’entrée, les trois mages devant Hérode: ils sont coiffés du bonnet phrygien. Derrière le roi, deux satellites, les cheveux coupés en rond; celui en avant pose la main sur un bouclier ovale.
Au bout, en tournant à droite, la Visitation : une jeune fille est encore dans la maison d’où vient de sortir sainte Élisabeth.
En continuant, la face postérieure nous présente la Nativité. La sainte Vierge assise, l'enfant Jésus entouré de langes. Saint Joseph assis comme à l’ordinaire, la tète penchée sur sa main. Quatre colonnes portent un toit et un rideau sous lesquels la sainte Vierge est assise plutôt que couchée. Sur la même face, la Présentation au temple, où saint Joseph ne paraît pas; la sainte Vierge présente l'enfant à Siméon, Anne est derrière elle.
CH. III. — ANNONCIATION
En retour, au bout, l’Annonciation : l’ange nimbé, d’une haute stature, paraît barbu, la sainte Vierge est assise sur un siège que surmonte le ciborium hémisphérique comme ceux du trône des empereurs byzantins. PL . XïJ I
Les anges, dans ces bas-reliefs, ont un caractère byzantin très-prononcé.
Sur le couvercle, au-dessus de l'entrée des mages devant Hérode, nous voyons l’Adoration des mages. Ils ont le bonnet phrygien et offrent leurs présents à l’enfant Jésus, assis sur sa mère, à l’entrée d’un temple à colonnes. Derrière elle, un personnage assis, portant un livre et que pour cela il est difficile de prendre pour saint Joseph, puis tout à fait derrière une femme debout.
Continuant à droite, toujours sur le couvercle, au-dessus de la Visitation, on voit l’ange parlant à saint Joseph endormi.
En retour, sur une grande face, au-dessus de la Nativité et de la Présentation, la fuite en Égypte dans des conditions où nous ne l’avons pas encore rencontrée. On n’y voit pas l’âne légendaire. La sainte Vierge au milieu, debout, porte l’enfant, qui seul est nimbé. (PL XLII.)4?
Saint Joseph en avant, un bâton à la main, se détourne vers la sainte Vierge et lui indique une ville qui serait le terme de leur voyage. Derrière elle, une femme, probablement Salomé, marche en s’appuyant sur un bâton; puis, à l’extrémité, le jeune homme qui s’y trouve toujours et qui porte un paquet.
Sur la dernière face, au-dessus de l’Annonciation, un ange parle aux trois mages endormis.
On ne peut douter de l’âge de ces ivoires, quand on les rapproche de ceux qui couvrent un Evangéliaire de Metz conservé à la Bibliothèque nationale sous le n° 9390 L Même architecture, même coupe de cheveux, peut-être perfection moindre dans le travail, mais à coup sûr le même caractère qui s’accorde avec l’histoire poulie placer au ixe siècle; quoique inférieure aux