Forster, traduit par de Suckau; sculpture, 1. 1, p
mutilee par 1 incendie de 1823, donne sur un de ses panneaux une Annonciation où la sainte Vierge est debout, levant la main droite et cachant la gauche sous son manteau; l’ange ailé leve la main droite et soutient son manteau de la gauche, les deux figures sont nimbées et n’ont pas d’attributs.
Cette porte est construite en bois; mais au dehors elle est entièrement recouverte de lames de bronze de trois lignes d’épaisseur environ. Les sujets puisés dans le Nouveau Testament représentent l’histoire de la Vierge et de Jésus- Christ.
Cologne. — Cologne nous offre sur la porte de Sainte -Marie, au Capitole, une multitude de sujets évangéliques qu’on peut classer dans les types du xie siècle ou, selon d’autres, du commencement du xnc. Elle rentre dans notre sujet par sa date romane et par les beaux basreliefs qu’on y a sculptés à la gioire de Marie. Nous la décrirons ici puisque l’Annonciation est la première scène que nous y rencontrons x, relative à notre sujet.
L’Annonciation sort du type ordinaire; Lange, au lieu de la verge de messager qu'il porte le plus souvent, présente ici à Marie une lourde croix, comme pour lui annoncer que les grandeurs qu’il lui prophétise sont d’abord des grandeurs de souffrance. Par derrière, la servante joint les mains sur sa poitrine avec un geste d’étonnement et de stupeur. Le reste du panneau, à droite, est occupé par la Visitation. La figure placée à l’angle est celle d’Élisabeth ; l’autre, celle de Marie. Ces deux saintes se serrent les mains. En descendant aux petits compartiments de dessous, nous trouvons la sainte Vierge offrant l’Enfant aux adorations des mages. Nous appelons spécialement l’attention du lecteur sur la Nativité, représentée d’un façon remarquable ; c’est un des rares exemples où la liberté et le sens bien compris de l’Évangile ont affranchi le
1. Voyez Aus’m Weerth Kunstdcnkmaier des Chris. Mitl. — Gaillabaud, vol. II. — Sulpice Boisserée, Monuments du Bas-Rhin.
ICONOGRAPHIE
sculpteur des règles byzantines. Ici la sainte Vierge est figurée auprès du berceau de son fils, mais assise et non couchée, comme on nous la montre sans cesse. La pose rappelle celle du manuscrit syriaque. Elle a un escabeau sous les pieds. Saint Joseph occupe dans ce tableau une place non moins honorable, la seule distinction entre la Mère de Dieu et lui, c’est qu’elle a un nimbe et que lui en est dépourvu. Au fond, on aperçoit la crèche élevée sur des arcades; les deux animaux et l’étoile, symbole de la Divinité, suspendue au-dessus de l’enfant.
Dans le panneau au-dessous, qui est double en largeur, on distingue le songe de saint Joseph et la fuite en Egypte. Cette représentation est fort barbare. La sainte Vierge, montée sur l’âne, occupe un siège à dossier et, au lieu de porter l’enfant dans ses bras, elle le retient dans un pli de son manteau, de sorte que ses bras disparaissent complètement.
Dans la présentation, la sainte Vierge est séparée du grand prêtre par la table de circoncision, elle lève l’enfant vêtu d’un manteau et
d’une robe. Dans le fond, apparaît saint Joseph avec les deux tourterelles, tous les personnages sont nimbés. La dernière scène où intervienne la sainte Vierge, est l’Ascension. Elle a les bras levés en signe de prière et d’adieux au Sauveur, elle est vue de profil et fait un geste singulier. Ce qui nous frappe le plus dans l’examen de cette porte, c'est, comme nous l’avons dit, l'affranchissement qui la soustrait à la loi byzantine, alors omnipotente dans les arts depuis le Bosphore jusqu'à la mer du Nord.
La porte a 4'", 50 de hauteur totale, les deux vantaux 2m,5ode largeur, chaque panneau, non compris les encadrements, égale om,32 de hauteur. Cette sculpture, quoique grossière, est d’un grand relief et d’un puissant effet. Placée à l’extrémité de l'hémicycle de droite, cette porte ne paraît pas occuper aujourd’hui la place qui lui a été destinée à l’origine.
Nous croyons intéressant à ce propos de donner un tableau des sujets contenus dans les portes les plus célèbres, avec l’indication du rang qu’ils occupent sur les vantaux.