Labarte, I, pi. VIII
placée devant un groupe de maisons qui semble avoir l’importance d’une ville. Marie porte un manteau bleu, une robe verte ornée de fleurs blanches et de pois rouges, des souliers noirs lacés d’or ; Élisabeth un manteau bleu, une robe rouge, fleurs d’01* et pois blancs. (Voyez, pour ce manuscrit, Ev., I, p. 23.)
XIe SIEC LE.
Saint-Marc de Venise. — Le xie siècle représente la Visitation au dôme de Saint-Marc de Venise, dans une mosaïque très-importante où les deux cousines sont disposées comme à l’ordinaire ; la jeune fille qui soulève le rideau sort de la maison du côté de Marie. {Év., pl. IX, p. 2.)
Bibliothèque nationale , n° 74. (Pl. XV.) — Le manuscrit de la Bibliothèque nationale n° 74, qui nous a ouvert une mine vraiment inépuisable, reproduit ce sujet dans toute sa simplicité ; on y remarquera comme toujours que la sainte Vierge a les souliers rouges, et Élisabeth noirs. La sainte Vierge est à gauche.
Librairie Firmin-Didot. — M. Firmin-Didot possède un joli ivoire que nous croyons pouvoir attribuer à cette époque, et dans lequel les saintes, au lieu de s’embrasser, se serrent seulement les mains.
Vatican, n° 39. (Pl. XVIII.) — Un manuscrit de la bibliothèque Vaticane, catalogué sous le n° 39 et qui nous a déjà fourni un exemple d’Annonciation, nous donne encore la Visitation , la Nativité, la Présentation de Notre-Seigneur au temple, une belle figure de la sainte Trinité et une madone. Le dessin en est assez correct, les tètes expressives, les costumes d’une extrême richesse. Nous n’avons pu savoir positivement l’âge de ce beau manuscrit; nous croyons cependant pouvoir le rapporter au xie siècle qui nous a laissé tant de monuments remarquables et qui poussait si loin le luxe d’ornementation. Dans la Visitation, la sainte Vierge, à
CH. IV. — LA VISITATION
gauche, porte un manteau rouge ponceau, relevé avec des filets noirs et blancs; la robe bleue, les saillies blanches, les fonds des plis noirs, souliers bruns, avec pois blancs; sainte Élisabeth un manteau vert, une robe rouge violacé, des filets blancs et bruns, une coiffure bleue.
XIIe SIÈCLE.
'Païenne, Pise. (PI. XVII.) — Le xne siècle nous offre au moins autant d’exemples de la scène évangélique qui nous occupe ; et nous choisirons parmi les plus intéressants ceux des portes de bronze de Pise, de Bénévent et de Païenne. Nous avons publié dans l’Évangile le bronze de Pise; celui de Païenne qui est non-seulement de la même époque, mais aussi du même auteur Bonanno, lui ressemble tout à fait. A Païenne, la seule différence consiste dans la suppression du dôme au-dessus de la maison et dans le geste des visiteuses qui se serrent la main droite, laissant la gauche libre pour un mouvement oratoire qui indique chez le sculpteur plus de sentiment et de science du dessin.
Bénévent. (PI. XVII.) — A Bénévent nous sortons tout à fait delà donnée byzantine et nous nous trouvons devant un véritable tableau. Les deux saintes, en se rencontrant, s’inclinent, Élisabeth plus profondément et elles se tendent les mains qui ne se rejoignent pas encore. Une petite figure, à droite, est sans doute celle de la servante. Au fond on distingue un palais précédé par deux vases symétriquement placés et posés sur des tètes de lion. Ce panneau offre une vie et un naturel que nos représentations nous ont rarement montrés.
Célestin II (i 143-1 144)) donna à la ville de Città di Castello un devant d’autel en argent où l'on voit ciselée une Visitation1.
Nous pourrions répéter ici les réflexions que