SCÈNE I
LA SAINTE VIERGE, LE CHfflUR DES VIERGES.
(La seine se passe dans une maison.)
La sainte Vierge déplore la faute d'Eve trompée par le serpent, l’expulsion de nos premiers parents du jardin bienheureux, et l’homme condamné à arroser la terre de ses sueurs; puis la réparation qui ht descendre le Tout-Puissant sur la terre.
Cette réparation, ajoute-t-elle, me rendit mère, moi toujours vierge, -et me ht assister à la passion de mon hls et me perça le cœur d'une grande douleur, comme si je l'avais été d’un glaive... Comment, n’ayant pas souffert dans l’enfantement, suis-je crucifiée dans mon âme? — Le monologue se termine ainsi ; mais pourquoi une pointe acérée pénètre- 1- elle dans mes entrailles? Je suis prête à courir la nuit pour voir quels maux souffre mon hls, mais ces jeunes hiles m’ont conseillé d'attendre le jour.
Le CHŒUR (Vers 91) cherche à la calmer.
La sainte Vierge : On voit des hommes sortir en courant; qu’est-ce? et que signihe cette troupe d’ennemis cachés s’arrêtant pendant la nuit?
Le Chœur : La foule s’écoule tumultueusement, je vois une troupe armée et toute la ville portant des flambeaux et des épées.
La sainte Vierge : Quel est cet homme qui
vient à nous avec empressement? a-t-il quelques nouvelles à nous annoncer?