CHAPITRE I
IMMACULÉE CONCEPTION
Attente générale du Messie. — Les Argonautes 1330 ans avant Jésus-Christ.
Prophéties bibliques. — David 1071 avant Jésus-Christ. — Figures de Marie. — Traditions chep les Gentils.
croient pas à sa mère, x. Nicolas, t. II, p. 68.
A R i e était prédestinée au salut du genre humain, et c’était une opinion traditionnelle des anciens Hébreux que le Messie et la Vierge, de laquelle il devait naître, ont été l’unique cause finale de l'univers. Quel but en effet plus digne de la grandeur et de la bonté de Dieu, plus déterminant de la création, que de s’unir personnellement à son ouvrage, que de le déifier et de l’élever à sa félicité infinie 1 !
Tous les Pères sont d’accord pour faire voir la sainte Vierge annoncée par les prophètes, présentée par les évangélistes et respectueusement saluée par les anges.
Les Juifs ont à cet égard une foi commune avec nous; seulement, en ne voulant pas appliquer à Jésus le caractère de Messie, ils ne
Les musulmans lui rendent de pieux hommages ; des auteurs protestants,
Grotius, Leibnitz, Luther lui-même, ont été des avocats de la sainte Vierge 1.
Saint Augustin a dit : « Seule elle mérite d'enfanter Dieu et l’homme, elle est devenue le trône de Dieu, la cour du roi éternel, ainsi que nous l’ont enseigné les patriarches, les prophètes et les apôtres, dans des figures et des discours que nous croyons de foi certaine, parce que Dieu ne nous a jamais trompés. » (De Castro)2.
La virginité chez tous les peuples, dans tous les temps, même les plus corrompus, a toujours été l’objet de la vénération et du culte des hommes. Saint Jérôme rapporte un grand nombre d'exemples prouvant ce respect des anciens pour la virginité. D'où vient ce respect universel? La tradition des premiers patriarches peut seule nous l’expliquer : une vierge devait donner au monde le libérateur que toutes les nations désiraient.
Chez les Romains, une coutume ancienne s’opposait à l’exécution capitale d’une vierge 3.
Après la virginité, la maternité était aussi tellement vénérée chez les anciens que, même pendant les fureurs des païens contre les chrétiens, on attendait qu’une femme enceinte condamnée au supplice ait donné le jour à son enfant.
« Quoi donc de plus merveilleux que la réunion prodigieuse, incompréhensible de ces deux faits! » et pourtant le mystère de la Vierge qui devait enfanter a été connu des païens. Cette croyance existait chez les Latins, chez les Gaulois, les Chaldéens, les Perses et les Ethiopiens4.
La doctrine de l'incarnation dans le sein d’une vierge était répandue parmi les peuples de l’Amérique 3,qui durent la recevoir de l’Occident comme nous de l’Orient.
On doit donc voir là un reste des traditions primitives. N’est-il pas doux de penser que, depuis le commencement du monde, tout homme de bonne foi, quelle que soit la fausseté de la