His ita iimtis orantis scilicet orsis
Germine felices talis rediere parentes
CH. XV. — CULTE
court et rencontre son époux bien-aimé et se précipite à son cou, en rendant grâce au Seigneur de l’avoir retrouvé. Neuf mois s'écoulent et vient ce grand jour où la très-noble mère enfante une bile qui sera honorée jusqu’à la fin des siècles. Au bout de huit jours les prêtres viennent et demandent quel nom ses parents veulent lui donner. Joachim prie le ciel; à peine avait-il fi ni de parler qu’une voix forte tonne du haut du ciel ordonnant d’appeler Mairie la parfaite jeune fille, ce qui en latin veut dire « étoile de la mer » .
Deux ans étaient révolus, l’heureuse mère de la divine Marie avait, suivant l'usage juif, cessé de nourrir sa tille; elle s’empresse de conduire au temple, avec une digne offrande, celle qui est destinée elle-même à devenir le temple du Seigneur. L’enfant conduite au temple en monte rapidement les quinze degrés, ce que son âge ne semblait pas lui permettre. Le peuple et les prêtres sont dans l’admiration; Anne la mère en rend grâce à Dieu. Les prières terminées, les parents, heureux de posséder une pareille enfant, retournent chez eux en laissant dans le temple la petite Marie.
Cette enfant, à peine sortie du berceau, brillait dans l’ univers par la maturité de ses mœurs et l’on ne vit rien d’enfantin fait par ses membres délicats; mais elle suivait rigoureusement les préceptes de la loi et se livrait à l’étude des
Indolis, in templo parva rémanente Maria.
331. Hæc quia, continuo cunis substracta, puella Maturis omni lucebat rnoribus orbi Nec quicquam membris gessit puerile tenellis.
Ast in præceptis fuerat justissima legis Nec non carminibus semper studiosa Davidis.
Hæc prudens, humilis, fervens dulcedine mentis, Omnibus atque placens tota virtute refulgens.
Hanc hominis maledicentem non audiit auris, Offensant sed nec quisquam cognoverat unquam. Semper erat mitis nec non gratissima cunctis,
Et, quæ nempe suo profluxit ab ore loquela, Nectare gratiolæ fuerat condita supernæ.
Et. cum quis verbis illi benedixit amicis,
Mox grates Domino curavit reddere summo,
Nec sic divinis linguam retineret ab odis; Exemplumque suis in se prænobile cunctis Præponit sociis jam cunctigenæ bonitatis ;
psaumes de David. Prudente, humble, ardente dans la douceur de son âme, plaisant à tous, et brillant dans la perfection de sa vertu. Jamais oreille ne l’entendit médire, et personne ne la vit offensante ; elle était douce et gracieuse pour tous et les paroles qui coulaient de sa bouche semblaient assaisonnées du nectar de la grâce divine. Lorsqu’on lui adressait des paroles amies, elle en rendait aussitôt grâce au Dieu trèsgrand, et sa langue proférait des chants divins.
La nuit avait cessé, ses ténèbres avaient disparu, l’aurore jetait la lumière sur les plages de l’orient, Phébus s’était élevé dans la sérénité de l'Olympe et la troisième heure était apparue; alors la Vierge de ses blanches mains tordait avec adresse les fils de pourpre. Mais bientôt, lorsque Phébus descend dans la neuvième heure, l’illustre jeune fille revient à ses prières et reste longtemps à méditer : alors la sainte Vierge prend des mains de l’ange une nourriture qui lui est envoyée du ciel, négligeant celle que, suivant la coutume, lui donnaient les pontifes.
Les habitants du ciel en descendaient souvent pour lui apporter leurs consolations ; elle en avait appris à mépriser l’amour terrestre et à conserver son âme chaste pour le roi éternel. Tous les infirmes qui pouvaient la toucher revenaient aussitôt avec leurs membres guéris.
Cependant sa renommée se répandant au loin, le prêtre Abiathar priait souvent les autres
Ipsius faciem niveo candore nitentem Tradunt ardentis radios præcellere solis Nec non humanum penitus devincere visum.
Quid referam digitos, operum satis arte probatos? Namque manu docta perfecit parva puella;
Nempe, sibi normam statuens ipsissima duram, Omnibus in templo vivebat strictius ergo Virginibus reliquis, illic pariter sociatis ;
Nam tantum preculis studuit persistere sacris Nec non divinis semper constanter in odis.
Ex quo discessæ noctis periere tenebræ,
Aurora spargente plagam lucein per Eoam,
Altius usque polum Phœbo ascendente serenum, Tertia jam solito devenerat hora diei,
Tune usu digitos operis laxaverat albos,
Docte purpureis instando denique filis.
Sed mox, ut nona Phœbus descendit in hora,
Se precibus solito reddit famosa puella A c studio mentis bene perduravit in illis,
POESIES
prêtres, que sans épargner les présents ils disposent l'illustre Marie à s'unir par un lien légal à son propre fils. Mais la chaste tige d’une souche royale, méprisant de telles alliances, s’y opposa en déclarant que jamais son noble corps ne sera soumis au mariage. Les grands prêtres lui tirent envisager que Dieu voulait que la race juive se développât et qu’une jeune fille devait se marier. Marie leur répond, par l’exemple d’Abel et d'Elie,quc Dieu aime encore plus la virginité.
Après qu’elle eut accompli sa quatorzième année les prêtres décidèrent qu’il fallait la marier; ils convoquèrent tout le peuple, et le prêtre Abiathar leur dit qu’il était temps de marier Marie, mais que, à' cause de son refus, il fallait consulter le Seigneur. Le peuple adhérant à cette pensée, les prêtres décidèrent qu’il fallait s’en rapporter au sort pour désigner quelle des douze tribus d'Israël serait digne de la recevoir. Après qu’elle eut été indiquée, ils ordonnèrent d’appeler les hommes de cette race qui par hasard ne seraient pas mariés et de les réunir tous au soleil suivant, portant tous dans leurs mains de jeunes tiges.
Ils étaient ensemble et le vieux Joseph, digne de leur être associé, arrive en portant sa baguette inclinée.
Le grand prêtre voit toutes les baguettes se dresser et demande à Dieu de lui montrer ce qu’il doit faire. Il donne l'ordre aux descendants de la race royale de Juda de revenir le lendemain, de rapporter leurs baguettes, et la Vierge
Usque per angelicum sumpsit sacra virgo ministrunr Omni namque die missam sibi cœlitus escam; Escam pontifices dederant de more potentes.
Hanc studio mentis citius concessit egenis.
Denique celestes, lapsi de sidéré, cives Hanc crebro verbis consolabantur amicis,
371. Spernere terrestrem quo mox didicisset amorem Et castam régi mentem servare perenni.
Quisquis languidolis infirmus denique membris Hanc saltim tetigit, raptim salvus remeavit.
377. Cujus cum stabilem volitaret fuma per orbem, Abiathar reliquos exorat sæpe sacerdos Pontifices templi pretii non munere parci,
sera donnée à celui sur la baguette duquel une colombe se placera.
Le lendemain aucun signe de la volonté céleste ne se manifeste parmi les trois mille baguettes, mais une voix d’en haut dit que Joseph, couché dans le temple et dont personne ne s’occupe, remplira la condition proposée. Le grand prêtre appelle Joseph; humble, d'un extérieur que rien ne distinguait, il ne voulut pas se mêler à ses nombreux compagnons et se plut à rester à la dernière place.
Bientôt entendant une voix qui l’appelait il s’avance timidement en prenant la baguette, suivant l’ordre des prêtres. Aussitôt une colombe éclatante en sort et s’élève tout à coup dans les hautes régions du ciel. Le peuple se réjouit, mais Joseph proteste qu’il est vieux, qu'il a des petits-enfants et qu’il vaut mieux la donner à son propre fils. On le refuse, on lui dit que c’est bien lui que le peuple a désigné. Il demande alors que pour la distraire on envoie avec elle quelques-unes des jeunes filles avec lesquelles elle a été élevée. Elles étaient chargées de faire les ornements du temple, mais le voile était confié à Marie. Les jeunes filles, humiliées de cette préférence, se plaignent qu’elle soit accordée à Marie qui est la plus jeune, comme si elle était une reine.
Elle supportait patiemment ces paroles, lorsqu’un ange vint lui dire: « Elles ont prophétisé sans le savoir, car vous serez réellement la reine du ciel. »
Pendant que, chez elle, elle se livrait à cet
Vellent præclaram quo disponare Mariam Ipsius egregio legali fœdere nato.
Quod fieri vero prohibet virguncula casta,
Inclyta regalis spernens consortia stirpis;
Se quoque finetenus testatur nobile corpus Ejus conjugio percerte subdere nullo.