‹ La Sainte ViergeChapitre 1000 sur 1187 · SAINT-MICHEL · texte numérisé non relu

SAINT-MICHEL

Sur les parois du chœur de l’église Saint- Michel, on voit des figures sculptées en hautrelief. Ces ornements forment une des plus belles clôtures que nous connaissions. Dans le bas une série d’arcades romanes renferment plusieurs saints; au-dessus, une frise de feuillage et de chimères entrelacées; enfin à l’attique une ordonnance d’arcatures ajourées. De riches colonnettes cannelées en spirale soutiennent des anges assis, les ailes étendues dans les tympans. L’architecture des dômes et des petits temples au-dessus des arcad’es inférieures peuvent nous faire attribuer cette œuvre au xie siècle, ou à la première moitié du xne siècle. Ce beau monument nous montre une madone qui en occupe le centre. (PI. CXLIV.)

Contrairement à l’opinion des archéologues, qui prétendent que la mère de Dieu a toujours été sculptée assise jusqu’au xme siècle, nous la voyons ici debout, en pied, et portant l’enfant I sur le bras gauche. Elle est nimbée et pour donner à ce nimbe une sorte de supériorité sur celui des saints qui l’accompagnent, l’auteur a rompu le plein cintre et en a fait un arc trilobé. Cette figure peut passer pour un chef-d’œuvre ; la tète surtout est délicieuse, et les époques les plusfières de leur science de dessin n’ont pas dépassé sa j

délicatesse ; un peu allongée, serrée sous les plis multiples d’un voile qui ne masque pas l’ovale du visage, cette tête nous offre des traits remarquables; rien ne saurait rendre la grâce de son galbe, la finesse du nez, l’expression de sa bouche, sur laquelle s’épanouit un sourire de joie et d’amour, lorsque l’enfant Jésus caresse familièrement le menton de sa mère. Marie semble de la main gauche se défendre un peu de cette caresse divine, mais de ses regards qu’elle lève vers nous elle contredit son geste et semble s’écrier : Beatam me dicent omîtes generationes. Cette grâce, l’élégance des draperies, compensent ce qu’on pourrait reprocher à l’attitude générale et mettent cette œuvre au premier rang de celles que nous devons admirer.

N’oublions pas, à propos de l’église Saint- Michel, les peintures du plafond qui représentent l’arbre de Jessé. On y voit huit compartiments principaux de 3”, 1 3 carrés, entre deux rangées de patriarches et de saints personnages de l’Ancien Testament. Dans le septième apparaît la sainte Vierge ; ses mouvements sont pleins de majesté. Elle est assise sur les branches de l’arbre mystérieux ; elle tient les fuseaux légendaires ; elle est nimbée et recouverte de la tunique et du manteau dont les plis sont rejetés sur ses genoux

Ces peintures ne sont pas datées; mais leur analogie avec les miniatures d’un missel du Dôme faites par Ratman, abbé de Saint-Michel en 1 1 8 1 , la restauration de cette église en 1 186, nous laissent supposer avec grande probabilité qu’elles remontent à la fin du xne siècle2.

1. Forster, peint., IJ. 3. — Notice historique sur l’e’glise Saint- Michel, par J. Michel Krœtz. — Berlin, 1856.

2. Voici encore quelques souvenirs du culte de Marie aux environs d'Hildelsheim que nous avons pu recueillir dans les vieilles chroniques du pays :

1007. — Eglise Sainte-Marie in StedereBurgh fondée.

1007. — Eglise Sainte-Marie d’Hildoseim mentionnée.

11 13. — In Ekmunda dedicatæ sunt basilicæ sanctæ Dei genitricis, ubi S. Adalbertus sepultus fuit.

1166. — Consecratum est altare sanctæ Mariæ ad australem plagam in Stedereburgh a venerabili Hermanno, Hildensemensi episcopo.

SANCTUAIRES ET IMAGES

Joseph en remontant jusqu’à Jessé. Comme ce NIENBURG. n’est pas seulement l’arbre généalogique du

Christ mais aussi sa mission, qui a ses racines Nienburg vit sa basilique dédiée à Notre-Sei- dans le Vieux Testament, on voit au-dessous de gneur et à sa sainte Mère en 11141. Marie la représentation de sujets pris dans la

Genèse et qui ont rapport à la rédemption ainsi qu à l’immaculée conception de la sainte Vierge.

OSNABRUG.

Hildelsheim n’est pas la seule ville du Hanovre qui possède des traces de la piété de ses habitants enversla sainte Vierge; nous pourrions citer entre autres Osnabrug, dont la cathédrale fut consacrée à Marie en 10 70, et qui conservait dans le maître-autel des reliques de son vêtement et de son lit2.

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