STOCKHOLM
Stockholm 11e fut fondée qu'au xi 1 Ie siècle, et ne peut nous fournir aucune image indigène qui rentre dans nos limites chronologiques; toutefois M. le chanoine Obercampf nous a communiqué la photographie d’une madone qu’on y vénère et qui paraît assez ancienne. Il est certain qu elle est antérieure à sainte Brigitte, et comme en Suède une statue du xme ouxiv" siècle prouve autant pour notre thèse qu’une autre du vc ou du vie siècle en Italie, nous pouvons la signaler. Elle est debout, en cheveux, comme beaucoup de madones allemandes, richement drapée; elle tient l’Enfant du bras droit et lui offre un fruit de l’autre main ; le Sauveur tient une légende. Cette statue, trouvée dans une église protestante qu’achetèrent les catholiques, fut (circonstance assez singulière), réclamée par les vendeurs. Mais, grâce à l’intervention de la reine mère, les protestants ont vu leur demande repoussée et les catholiques qui la possèdent définitivement ont obtenu à ses pieds des miracles incontestables.
C’est surtout dans le musée de Stockholm que doivent s exercer nos recherches. Nous pouvions craindre qu’elles fussent peu fructueuses, mais M. Riant ayant bien voulu s'informer des représentations de la Vierge antérieures au xme siècle, que je pouvais attendre, M. Hildebrand, qui en est directeur, nous a assuré qu'il en connaissait un assez grand nombre, soit dans le musée, soit ailleurs.
Le monument le plus remarquable est un autel en cuivre repoussé qui se rapproche de celui de Lisberg, précédemment décrit, et qui provient de Stroddetorp ; on y voit des sujets de l’Évangile parmi lesquels plusieurs concernent la sainte Vierge, tels que l’Annonciation, la Nativité, l’Adoration, la Fuite en Égypte, la Déposition. Dans la scène des mages, on voit la Madone assise sous un ciborium, tenant une palme à la main, avec l’enfant Jésus sur les genoux, et d’un caractère roman.
M. Hildebrand nous signale aussi un pare¬
ment en broderie du xir siècle où l’image de Marie se trouve répétée jusqu’à dix fois, plusieurs croix dans le musée, un émail du xne siècle rapporté sur une mitre du xive; il nous cite enfin quelques croix dans diverses églises de Scanie.
Sigillum Hafridis, ia3<5. (D’après Hildebrand.)