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SANCTUAIRES DU PALAIS IMPERIAL

On ne saurait apporter un meilleur témoignage de la piété des empereurs envers la trèssainte Vierge qu’en décrivant les nombreux sanctuaires qu’ils avaient élevés dans leur palais en son honneur. En y comprenant les deux situés sur le bord du Forum, il y en avait au moins huit, et ce nombre les rend moins remarquables que la magnificence qui présidait à leur décoration.

1 a Eglise de la Mère-de-Dieu ou Sainte- Marie-du-Forum. — L’église de la Mère-de- Dieu s’élevait sur le Forum; au ixe siècle, l’empereur Basile et son fils Constantin, qu’il s était donné pour collègue, descendirent dans cette église, où le patriarche s’était rendu à la tète du clergé de Sainte-Sophie ; ils y prièrent et échangèrent leurs vêtements militaires pour le costume impérial.

20 Samte-çMarie-Chalcopratiana se trouvait de l’autre côté du Forum. Le naos de Sainte- Marie fut restauré et agrandi par Basile le Macé¬

donien; il possédait un narthex, une nef et un sanctuaire; il renfermait en outre une grande chapelle dans laquelle se trouvait un tombeau vénéré, et une autre chapelle particulière. Le jour de l’Annonciation, l’empereur déposait son offrande sur l’autel principal et sur ceux des chapelles. Un escalier de bois mettait cette église en communication avec les catéchumènes de Sainte-Sophie1.

C’est là que l'on conservait la ceinture de la sainte Vierge et qu’on chantait l’hymne suivante, composée en son honneur, et que le cardinal Pitra a publiée dernièrement dans son beau recueil 2 :

« La vénérable ceinture, ô Mère de Dieu, qui te ceignait lorsque Dieu s’incarna en toi, est une force invincible pour la cité, un trésor inépuisable pour les bons, d toi qui seule as enfanté en restant Vierge.

« Quel discours des habitants de la terre ou quelle langue mortelle pourrait rendre tes merveilles? Et môme quel esprit parmi ceux du ciel ! Mais toi qui as enfanté l'immense océan de clémence, ô Mère de Dieu, donne à mes lèvres stériles de chanter tes cantiques, concède-moi la divine grâce de célébrer ta ceinture, ô Dame dont se réjouit le monde, et de chanter tes prodiges avec les anges, ô toi qui seule as enfanté en restant Vierge.

« En toi, tout dépasse nos pensées; ta mort et ton enfantement nous étonnent. Ta ceinture féconde bouleverse les puissances ennemies par une force invisible; cette ceinture avec ton vêtement, ô très-chaste, que tu as mise pour la défense de la cité, est comme le comble divin de ton trésor. Par cette ceinture comme par les murailles qui nous entourent, nous sommes défendus, enveloppés, inondés de grâces salutaires, ô toi qui seule as enfanté en restant Vierge.

« A nous qui te célébrons tu fournis comme une source de fleuves salutaires et des trophées de victoire. C’était toi que symbolisait jadis l’arche divine devant laquelle les ennemis trem-

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